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Mme Lapierre : tout he 1 ''^ n dé] '. I a droite sur 1 chaise à haut
Ion tQt parlé de l'union des âm union qu<
rien ne pouvait rompre et qui donnait le vrai bonheur.
En la quittant, comme je j is son seuil, elle lança vers moi d'une voix très .haute :
Que le destin qui vous a uni vous garde!
Reste encore oncle meunier. Jusqu'ici le courage m'a manqué pour lui dire la vérité. Un tourment secret m'avertit qu'à lui je suis encore nécessaire Ne suis-je pas sa fille? Sa très grande fille, comme il aime à le dire. Mais lui-même ne m'a-t-il pas conseillé le mariage avec Valère? 11 m'eût bien fallu alors me séparer de lui.
Je n'ai pas non plus à regretter les visites de mon ami le chemineau. Il a fini de chanter, le vieux poète, et jamais plus je p.' entendrai sa voix faii des sons les plus purs qu'il semblait avoir recueill à toutes Les aubes et à tous le.^ répuscules.
il n'est pas mort au fond des boi âelqn son désir.
Il est mort sur le chemin selon qu'il a toujours vécu. An retour d'uni; promenade, par nue belle et
chaude soirée, 1rs enfants font aperçu couché au bord d'un fos ■ Tout d'abord ils le crurent en-
lormi, puis sou immobilité les effr; , et ils nous appelèrent. Il ai 1 dû s'étendre là pour se reposer
lis DE LA \ ILLB AU MOULIN
un moment et sa vie s'en était allée pendant son sommeil. Je restais auprès de lui avec Firmin et VaJère tandis que les enfants portaient la nouvelle au moulin. Tous trois nous le regardions sans pouvoir en détacher nos yeux.
— Qu'il est beau! disait Firmin.
Oui, il était beau le vieux poète, quoique étendu de travers et les membres à l'abandon; des insectes de toutes couleurs volaient autour de son visage et sur ses cheveux en broussailles, juste au bord de son front sillonné comme une terre fraîchement labourée, un grand papillon vint se poser un instant.
La nuit nous surprit ainsi. A regarder le vieux chemineau couché parmi les herbes, je me souvenais de la nuit passée en sa compagnie contre la barrière du pré. Je me souvenais de la chaleur de ses mains sur mes pieds nus et soudain il me sembla l'entendre chanter :
Alors je m'en allais sur les routes de France Le long des buissons noirs et des fossés boueux.
Et voici qu'à l'heure de sa mort, il était étendu le long d'un fossé où coulait une eau fraîche et limpide. A ses pieds un rayon de lune faisait briller la rosée sur les menthes sauvages, et tout au creux du buisson proche, des vers luisants luisaient comme de petites étoiles tombées dans les ronces.
Maintenant il dort dans le cimetière du village et Manine lui porte des fleurs comme à un ami.
A remuer ces souvenirs, ma tête avait fléchi. En la relevant, je rencontrai le regard inquiet de Val ère :
Eh bien? fit-il.
DE LA VIL! ai '.mi lin
Je répondis i ; hésiter :
Je les emporterai ions dans mon cœur.
Valère Chatellier se renv< a en arri b ses lèvres s'ouvrirent.
Pour co dernier jour toute la famille voulu!
a iomj ner les deux amis à la gare. Le train parti, tandis que tante Rude et les a itres disi nt
leurs regrets de perdre deux aimables compagnons, j'écoutai cette résonnance des rails que je connaissais si bien.
Mais ce soir, au lieu d'une chaîne grinçante, cela sonnait comme une cloche d'argent. Une claire et joyeuse cloche d'argent, nulle part attachée et sonnant à sa fantaisie.
Deux jours plus tard Valère m'annonçait qu'il venait de louer pour nous une petite maison dans la banlieue de Bordeaux, et je décidai enfin de parler à oncle meunier.
Sous prétexte d'une haie à réparer je l'entraînai assez loin du moulin. Comme nous passions auprès d'un puits, un gros lézard y grimpa, fit précipitamment le tour de la margelle et s'arrêta la tête en bas comme s'il regardait attentivement au fond.
Oncle meunier s'y pencha derrière lui en disant :
— Que voit-il ce lézard au fond du puits?
Toute à mon idée je répondis sans réfléchir :
— J I interroge le destin.
OneU,' meunier se releva en riant :
— Le destin qui est là-dedans est bien noir, fit-il. Ces mots m'impressionnèrent d< igréablement
et je n'osais plus parler. Cependant il le fallait; je
comprenais bien que si je ne parlais pas aujourd'hui je ne pari rais pas davantage demain, et y