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CHAPITRE VIII

l'état ecclésiastique. — II. l'attrait, l'attrait en général.

Les indications providentielles peuvent, en quelques circonstances, présenter de tels caractères que l'on soit autorisé à y voir une preuve décisive de la réalité d'une vocation; mais, dans la plupart des cas, on ne peut en déduire qu'une présomption plus ou moins forte. Cette présomption trouve son complément dans l'attrait dont nous avons maintenant à parler. La question de l'attrait a une grande importance dans l'étude de la vocation ; c'est pourquoi il convient que nous la traitions avec une certaine étendue. Après avoir pré-

sente quelques aperçus généraux sur les attraits considérés dans leur nature, ainsi que dans les variétés qu'ils présentent, nous dirons quels caractères doit présenter l'attrait sacerdotal pour être légitime ; nous rechercherons enfin ce que l'on peut conclure de la présence ou de l'absence de cet attrait, pour ou contre une vocation.

L'attrait est une inclination forte et permanente qui nous porte vers un objet et nous en fait désirer la possession.

L'objet fondamental vers lequel se dirigent nos attraits, et qui en est le terme, est le bien. C'est au bien connu, possédé, goûté que toutes les tendances et toutes les aspirations de notre âme convergent. Le désir du bien n'est pas en nous un attrait particulier; il faut plutôt y voir la forme générale de tous nos attraits. Souvent nous nous trompons dans l'appréciation de ce bien, et nous le plaçons dans des objets qui n'en ont que l'apparence. Mais il n'en est pas moins vrai que nous ne pouvons désirer et vouloir autre

chose, et que, pour nous attirer, il faut qu'à tort ou à raison un objet s'offre à nous, sous l'apparence du bien.

Les attraits particuliers qui nous portent à la recherche de tel ou tel objet sont comme la spécification de cet attrait général.

Quelques-uns sont communs à tous les hommes, d'autres ne se produisent qu'en certaines personnes.

Considérés dans leur forme, ils se présentent sous deux aspects. Les uns ne consistent qu'en un simple désir fondé sur une vue de l'esprit qui nous fait envisager un objet comme délectable ; ce sont les attraits affectifs, Les autres s'imposent à nous comme une sorte de dictamen intérieur dans lequel nous croyons reconnaître l'expression de la volonté de Dieu sur nous. Ce dictamen peut prendre la double forme ou d'un ordre exprès , ce qui constitue l'attrait impératif, ou d'un simple conseil, ce qui constitue l'attrait directif.

Remarquons que l'attrait impératif et l'at-

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trait directif pourraient à la rigueur être séparés de l'attrait affectif, 11 n'est pas impossible qu'on se croie appelé de Dieu soit à un état, soit à l'accomplissement d'une œuvre pour lesquels non seulement on ne se sent nul goût, mais qui, au contraire, nous inspirent de la répugnance. Généralement, néanmoins, il n'en est pas ainsi. Comme Dieu conduit toutes choses avec autant de douceur que de force : Attingit a fine usque ad finem fortiter et disponït omnia suaviter (i) , quand il commande ou qu'il conseille quelque chose intérieurement à une âme , il lui en donne l'amour et le goût.

A le bien prendre , on doit dire que tous les instincts de notre âme, au moins dans ce qu'ils ont de fondamental et de primitif, viennent de Dieu et sont par conséquent légitimes. Us sont tous dirigés vers un but providentiel exigé par la conservation de l'individu ou le bien général de la société, qu'ils doivent

(i) Sap., VIII, i.

nous faire atteindre. Si notre nature était encore dans son intégrité native, nous, n'aurions, pour être toujours dans l'ordre, qu'à les étudier et à les suivre.

Mais on sait que ces instincts, bons à l'origine, ont été étrangement altérés et pervertis par le péché. Ils nous poussent à tous les excès, et bien souvent, loin qu'ils nous apparaissent comme une indication de la volonté divine, la conscience nous fait connaître que leur obéir serait un crime.

Il est donc nécessaire de discerner, par une étude attentive, ce qui, dans nos attraits, est primitif et par conséquent vient de Dieu, de ce qui est en eux la suite des altérations fruit de la chute originelle ; ce qui est fondamental, de ce qui serait accidentel et variable ; ce qui tient à la constitution soit naturelle, soit surnaturelle de notre âme, de ce qui n'est que le résultat passager de l'imagination ou de la sensibilité.

C'est cette étude que nous allons essayer de faire en ce qui concerne l'attrait pour le

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sacerdoce , afin de reconnaître dans quelles circonstances il peut être considéré comme une marque légitime de la vocation divine à ce saint état. Pour cela, nous l'envisagerons à deux points de vue, objectivement et subjectivement, ou, en d'autres termes, dans l'objet auquel il s'applique et dans les caractères du fait psychologique qui le constitue. Ce sera la matière des deux chapitres suivants.

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