‹ De la voie préauriculaire dans les interventions sur le conduit auditif et le rocher: Procédé GangolpheChapitre 12 sur 25 · ONE · texte numérisé non relu

ONE

« pliquées d'hémorragies artérielles dues à la. lésion « dé la carotide interne ou de quelques branches pro- « fondes de la carotide externe. »

Symptômes immédiats des coups de feu. — Les symptômes immédiats des coups de feu de l'oreille moyenne et interne bien étudiés par Puig (1) sont : la perte ce connaissance ou la perte de l’équilibre, l’écoulement par l'oreille de liquide séreux, la paralysie faciale, la perte de sensibiité de la moitié latérale de la langue et de la face, la surdité; les symptômes consécutifs : des vertiges, une paralysie secondaire de la face, des troubles oculaires, en particulier des altérations de nutrition de l'œil, une otite moyenne suppurée, les signes d’une méningo-encéphalite rapidement mortelle.

À côté de ces désordres presque classiques produits par les coups de feu dans cette région, on à cité des cas curieux suivis par le projectile. C’est ainsi que Ménière dans la Gazette des Hôpitaux(2) rapporte le fait suivant: Une balle de 9 millimètres traverse la région en détruisant le facial, puis frôle sans le blesser le paquet vasculaire et ressort enfin dans le pharynx nasal sans causer de lésions plus sérieuses ; autre fait important : absence de répercussion grave sur l'oreille interne.

Mais le fait le plus important à retenir, C’est celui des balles qui ayant pénétré l'oreille moyenne s’ar-

(4) J. Puig. Essai sur les blessures de l'oreille par armes à feu. (Thèse de Lyon, juillet 1887.)

- (2) Ménière. Gazette des hôpitaux civils et militaires (no 14, er février 1894).

Su le

rêtent dans le rocher. Comme le dit avec raison M. Delorme c’est surtout à la suite des tentatives d’homicide et de suicide dans lesquels on utilise des balles de revolver de petit calibre qu’on observe cette complication ; cependant il n’est pas sans exemple que des balles de fusil se soient arrêtées dans le rocher. Percy, Dupuy- ‘tren, Lecoin, Olis, Puig et d’autres auteurs’ en ont cité des observations. |

M. Berger (1), étudiant surtout les blessures de l’oreille par armes à feu au point de vue opératoire, s’exprime ainsi: |

«Dans un certain nombre de cas, la balle a pu frac-. turer la paroi supérieure du rocher et est allée se perdre “dans le crâne; ce dont on est averli par des accidents cérébraux et presque toujours par l’issue de matière cérébrale mélangée à du sang par le conduit auditif externe.

: «Dans une semblable blessure, la lésion de l’appareil auditif n’est plus qu’un accessoire presque négligeable; elle doit être traitée comme une plaie pénétrante du crâne par coup de feu.

Laissons de côté les cas où le coup mal dirigé n’a fait que blesser les parties superficielles de l'organe de l’ouïe, le pavillon, la conque et est allé se perdre dans les parties molles environnantes ; il arrive souvent que le projectile suivant à peu près la direction du conduit auditif externe, traversant et détruisant la membrane du tympanetla chaîne des osselets, se trouve arrêté parla

(4) Berger. Communication à la Société de Chirurgie (10 octobre 1888).

paroi interne de la caisse où il se loge à un niveau et à une profondeur qui varient avec sa force d’impulsion et avec la direction qu’il a suivie.

Balles qui ayant pénétré l'oreille moyenne s'arrélent dans le rocher. — Nous ne nous occuperons ici que des balles qui, ayant pénétré l'oreille moyenne, s’arrêtent dans le rocher. |

Ces projectiles peuvent être complètement ou relativement tolérés. |

Schwartz, Després, Puig et beaucoup d’autres auteurs citent des cas où le projectile a été parfaitement toléré, Pour ce dernier auteur, cette tolérance absolue ou relative serait assez fréquente. Chez ces malades, ajoute-t-il, il est de toute probabilité que l’ostéite est

“restée à l’état subaiguë. De plus, les sécrétions périostales s’étant développées très rapidement, ont comblé l'orifice d'entrée du corps étranger et tout en s’opposant à son élimination ont empêché l’air extérieur d’infecter Ja plaie.

Mais, en général, à côté de ces cas heureux, la littérature médicale abonde de faits plus redoutables. Nous nous trouvons en effet dans ces blessures en présence d’une plaie à deux ouvertures : l’une constituée par le conduit auditif externe et l’autre par la trompe d’Eustache ; aussi voit-on combien il est difficile d'empêcher l'air extérieur de communiquer avec le foyer traumatique.

Accidents consécutifs. — Les accidents consécutifs aux blessures de l'oreille par armes à feu sont des in-

Son

flammations suppuratives de la caisse, des cellules müstoïdiennes, des altérations osseuses du rocher que révèlent des douleurs profondes, la persistance de fistules et une dénudation osseuse ; enfin, ils peuvent amener des complications vasculaires et cérébrales des plus graves. Ajoutons, en outre, la paralysie faciale.

Paralysie faciale. — Cette complication étant la plus fréquente et la plus importante, doit nous arrêter un instant. Voici la pathogénie de cet accident ; les exsudats, la tuméfaction de la muqueuse, une simple hyperémie un peuintense de la caisse s'étendant à l’artère stylo-mastoïdienne, compriment le nerf facial et produisent la paralysie. En second lieu, l'oreille moyenne ne supporte pas impunément un pareil traumatisme sans qu’il ne s’y établisse une suppuration plus ou moins abondante. Or, les rapports étroits qui unissent le nerf facial dans l’aqueduc de Fallope avec la caisse expliquent avec quelle facilité l’inflammation se propage.

Pour prévenir ces accidents, plusieurs chirurgiens, Terrillon, Terrier, Reverdin, Péan, Berger, Périer, Demons et Kirmisson, ont cru devoir intervenir,

Berger s’est appuyé sur la gravité de ces complications pour préconiser l’ablation immédiate et s'exprime ainsi:

« Le projectile logé dans les cavités de l'oreille n’est pas, comme les projectiles perdus dans la profondeur des parties molles ou des organes, dans des conditions qui permettent d'espérer son enkystement. Enclavé au milieu des débris du rocher, il baigne dans le sang qui

aussitôt après la blessure a rempli les cavités de l'oreille et qui, äu contact de l'air, doit inévitablement subir la décomposition putride. Il en résulte que la caisse du tympan et les espaces qui communiquent normalement ou accidentellement avec elle seront envahis par la suppuration qu’on voit se développer les jours qui suivent l'accident, avec son cortège ordinaire de phénomènes douloureux et fébriles.

«Cette suppuration est entretenue par la présence du projectile et comme on ‘ne peut compter sur l’élimination spontanée de celui-ci, ni même l’espérer, on doit craindre la persistance indéfinie des accidents inflammatoires dans une région où ceux-ci sont particulièrement redoutables.

«En effet, si l’on n’a pas à compter avec la conservation du sens de l’ouïe qui est irrémédiablement perdu dès l’abord, on peut voir l’inflammation envahir les cellules mastoïdiennes, déterminer la nécrose des es-

quilles osseuses produites par l’action du projectile et

même, à la longue, l’altération des parties avoisinantes du rocher, d’où la possibilité d’une paralysis faciale se développant plus ou moins longtemps après l'accident, d’hémorragies dues à l’ulcération de la carotide interne ou de la jugulaire et surtout le danger d’une méningite ou d’une encéphalo-méningite de voisinage.

«Même alors que ie blessé ne succomberait pas de quelques-unes de ces complications, dont les écrits des chirurgiens militaires rapportent de nombreux exemples, il resterait condamné à une interminable suppuration dont les inconvénients se passent de tout autre commentaire. »

Page 1