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Nous publions les observations suivantes pour montrer les divers modes d'extraction employés par les auteurs.
Dans les observations IF, III, IV, V et VI, les chirurgiens ont pratiqué une brêche osseuse derrière le conduit auditif.
Dans les deux suivantes (observations VIT et VII), il a fallu trépaner la base de l’apophvse mastoïde pour se créer plus de jour.
Enfin, dans l'observation IX, M. je professeur Gangolphe a usé d’une voie détournée pour faire le drainage de la région antérieure du conduit auditif. |
Osservarion I, de Richet (1).
Coup de revolver dans l'oreille droite. — Balle logée dans la paroi antérieure du conduit auditif. — Extraction directe de la balle. — Abcès de la région parotidienne.
Il s’agit d’un individu qui, le 22 janvier 1878, s'était tiré un coup de revolver dans l'oreille droite; sur le coup, il tomba à la renverse sans connaissance. Il resta dans cet état pendant une demi-heure. Quand il revint à lui, il sentit qu’il lui sortait de l'oreille un léger filet de sang. On l’apporta im- médiatement à l’hôpital, l’hémorragie s’arrêta durant le trajet. Au moment de la visite, on trouva le malade dans un état de torpeur très accentué et répondant à peine aux questions
(1) Thèse de Gauthier. Paris, 1879. De l'écoulement du sang par l'oreille, d'origine traumatique,
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qu'on lui posait; il semblait ne demander qu’une chose, qu’on le laissât tranquille.
Céphalalgie intense ; l’ouie était abolie du côté droit.
A l'examen on constatait un peu de douleur et de gonflement au niveau de l’articulation temporo-maxillaire et l’on trouvait un caillot fermant le conduit auditif d’ailleurs un peu rétréci par le gonflement. On se garda soigneusement d’y toucher et l'on ne poussa pas plus loin l’investigation. On craignait que la lésion fût plus profonde qu’elle ne l'était réellement. On mit sur la région de l'oreille une vessie pleine de glace.
Le 23. — Pas de température. Le malade n’a pas eu de délire et ne présente d’autres phénomènes cérébraux que Ge l'abattement, de la prostration. Pupilles normales, égales ; pas d'ecchymoses conjonctivales. Les mâchoires ne peuvent
plus s’écarter de plus d’un centimètre, les mouvements com-
muniqués sont douloureux, la déglutition est pénible. Les deux jours suivants n’apportèrent aucune modification. Cependant le gonflement autour de l’articulation augmente considérablement; il est appréciable surtout sur le bord de la région parotidienne.
Le 26.— L° malade est revenu à un état normal convenable. Impossibilité d'ouvrir les mâchoires, gêne de la déglutition. On ne cherche toujours pas à faire l’examen de l'oreille.
Le 29. — M. Richet introduisit dans le conduit auditif un petit stylet; il traversa un caillot de mince épaisseur et rencontra immédiatement la balle qu’il retira le plus facilement du monde. Cette balle était logée dans la paroi antérieure du conduit auditif. On enleva les caillots qui restaient et l’on trouva la membrane du tympan intacte. Le lendemain, l'ouie commençait à revenir, elle fut bientôt complète. L’inflamma. tion de la région parotidienne fit des progrès. On fut obligé d'ouvrir une collection purulente. Il y eut communication de la plaie avec le canal de Stenon et fistule salivaire. Le malade eut plusieurs'érysipèles, toutes complications qui l'ont retenu à l'hôpital. =:
OBSERVATION II, de Berger (1).
Balle de revolver de 7 millimètres logée au niveau de la parlie inférieure et la plus profonde de la caisse du lympan à plus de 3 centimètres de l'entrée du conduit auditif externe. Eclatement de la lame tympanique. Extraction par le chemin creusé par le projectile.
Au mois de juillet 1887, on apporte dans mon service un jeune homme qui avait reçu, quelques jours auparavant, une balle de revolver du calibre de 7 millimètres à l’oreille droite, un peu en avant du conduit auditif externe. Le blessé, qui n'avait pas perdu connaissance, attribuait sa blessure à un accident causé par la maladresse ; il est présumable, néanmoins, qu'on avait affaire aux suites d’une tentative de suicide. ;
Quoi qu'il en soit, il n’existait aucun des caractères qui peu-. vent faire croire à la pénétration du projectile dans la cavité crânienne : mais la direction de la plaie devait fæire admettre que le projectile, ou tout au moins qu’une partie du projectile y était restée engagée, car on avait retiré du conduit auditif externe, peu après l’accident, un fragment de balle de plomb représentant à peu près la moitié de son volume.
Quelques jours après l’entrée du malade à l'hôpital, l’exploration de la région blessée, faite avec beaucoup de précaution et de douceur, donna les résultats suivants: l’examen de l'oreille fait constater à quelques millimètres en avant du conduit auditif externe, dans la cavité de la conque et à moitié cachée par le tragus, une perforation à bords contus, d’où s'écoule un peu de pus. Une abondante suppuration remplit également le conduit auditif externe. Le stylet introduit dans la plaie de la conque chemine presque directement de dehors en dedans et vient bientôt heurter contre un corps
(1) P. Berger. Communication, Société de Chirursie, 10 octobre
solide et rugueux : introduit par le conduit auditif externe, le stylet donne également la sensation de contact rugueux en plusieurs points situés à diverses profondeurs. Après avoir débarrassé, au moyen d’une injection phéniquée, le conduit auditif de la suppuration qui le remplit, on pratique l'exploration de l'oreille externe avec le spéculum : on trouve de la sorte un fragment osseux très visible appartenant à la lame tympanique qui fait saillie à la partie supérieure et antérieure du conduit auditif et au delà duquel il est difficile de distinguer nettement quelque chose, bien que le stylet se heurte encore contre des corps durs donnant un contact sonore.
Le mercredi 20, assisté de M. Trouvé qui est venu mettre son appareil explorateur à ma disposition, je répète cet examen. La tige de l’appareil introduite dans le conduit auditif dépasse la saillie osseuse qu’on y découvre et un peu plus loin arrivant sur un corps dur, elle donne la notion de contact métallique qui se révèle par une sonnerie continue. On obtient le même contact métallique en introduisant la tige par le canal traumatique. Le corps métallique ainsi reconnu se trouve placé vers la partie inférieure de la caisse du tympan à plus de trois centimètres de l’entrée du conduit auditif: il donne un contact assez étendu qui se révèle par le fonctionnement de la pile. Au-dessus de ce corps, la tige de l’instrument rencontre encore des parois dures et rugueuses ; mais celles-ci ne donnent plus la réaction caractéristique du métal. |
Ainsi l'exploration avec l’appareil de M.Trouvé nous a permis de déterminer avec certitude la présence et la situation du projectile ou l’une de ses parties. En répétant aussitôt après l'examen de l'oreille au spéculum, je puis apercevoir très profondément une saillie noirâtre, à reflet métallique évident, occupant la place indiquée cest-à-dire la partie la plus inférieure et la plus profonde de la caisse tympanique: c’est le projectile qui, pour arriver à cet endroit, a dû traveïser la lame tympanique et rompre, bien entendu, la membrane du tympan.