‹ De la voie préauriculaire dans les interventions sur le conduit auditif et le rocher: Procédé GangolpheChapitre 18 sur 25 · MEN PL · texte numérisé non relu

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la région temporale et dans le conduit auditif du côté droit, À l'entrée du conduit auditif, on remarque une escharre noirâtre. Il existe dans la fosse temporale un fort épanchement sanguin, si on presse avec la main sur cet épanchement le sang circule par l'oreille. La moitié droite de la face offre une pa. ralysie incomplète ; l’œil droit est sain, mais les paupières sont fortement tuméfiées.

Lavage des plaies et du conduit auditif avec la solution phéniquée forte ; pansement avec la poudre d’iodoforme et la gaze iodoformée. 2

Le 15 mai, l’épanchement sanguin est totalement résorbé, mais un écoulement sanieux persiste par l’oreille ; la para lysie faciale est de plus en plus accusée,

Dans ces conditions, je me décide à intervenir pour enlever le corps étranger inclus dans le rocher.

Le 20 mai, le malade est endormi; je cathétérise avec un . stylet le trajet fistuleux de l'oreille ; j'arrive sur un corps dur, sonore à la percussion que je crois être la balle enclavée dans la paroi postérieure du conduit auditif. Je cherche à l’avoir avec un tire-balles, mais sans y parvenir, L'appareil Trouvé nous indique immédiatement par sa sonnerie la présence de la balle dans le point où nous l’avions soupconnée.

Désormais fixé sur le siège de la balle et l’impossibilité de l’extraire par les voies naturelles, je décolle le pavillon de l'oreille par une incision qui contourne son bord postérieur et sa partie supérieure. Le pavillon de l'oreille ainsi décollé de ses insertions postérieures et supérieures est rejeté en avant. L’a pophyse mastoïde est mise à nu avec la rugine ; puis j'y place à une profondeur de un centimètre et demi environ, une petite couronne de trépan du diamètre d’un centimètre. Avec

la gouge et le maillet, je fais ensuite sauter le rebord osseux

qui sépare la perte de substance créée par le trépan du conduit auditif externe. De temps en temps, je me guide avec l'appareil Trouvé pour aller à la recherche du projectile ; je finis par en extraire un fragment assez volumineux, mais

l'appareil électrique nous montre qu’une portion du projectile est encore incluse dans la profondeur de la plaie.

Il me faut sculpter péniblement le rocher pour arriver à mettre le fragment de balle à découvert. Enfin, je puis l’apercevoir et me rendre. compte qu’une mince lamelle osseuse le maintient seule en place ; cette lamelle est détachée avec la gouge et le maillet. La balle devient libre alors, et il m’est très difficile de la saisir avec des pinces et d’en pratiquer l'extraction.

Mais les recherches ont été longues ‘et pénibles et l’opération dans son ensemble a duré un peu plus d’une heure.

La balle extraite, la plaie est lavée avec la solution phéniquée forte; l’incision qui détache le pavillon de l’oreille de ses insertions, est réunie au crin de Florence avec interposition d’un petit drain. Tampon iodoformé dans l'oreille, pansement à la gaze iodoformée.

Les suites de cette intervention ont été des plus simples. Le malade n’a pas eu de fièvre et très peu de douleurs, Au bout de deux ou trois jours, le drain a été supprimé; le sixième jour, 26 mai, les fils sont enlevés ; ‘la réunion de la plaie est complète, mais un écoulement sanieux a continué à se faire pendant assez longtemps par le conduit auditif externe. C’est seulement le 17 juin que cet écoulement étant tari, le malade a pu quitter l'hôpital. À ce moment la paralysie faciale persistait encore, mais considérablement atténuée.

Le malade a été revu le 10 juillet; son état est excellent ; la paralysie faciale peut être considérée comme guérie. C’est à peine s’il existe encore une très légère asymétrie de la face.

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