OBSERVATIONS == PETER
In cliniques Médicales. T. IL.
En 1867 je fus appelé à voir en ville une dame âgée de 66 ans, fort dévote et chez laquelle les actes étaient d'accord avec les principes. Cette dame finit par m'avouer après force réticences de sa part et force encouragements de Ia mienne que sa vulve était le siège d'un prurit insupportable, qui aéveillait en elle des désirs depuis longtemps assoupis, désirs qu'elle ne manquait pas d'attribuer à la maligne imfluence du démon; elle m'avoua, d'ailleurs, qu'elle n'avait pas eu de rapports avec son mari, depuis 20 ans. Je demandai à voir les parties peccantes que Je trouvai dans un grand état de saleté, car chez certaines femmes et dans un certain monde les soins de proprelé sont regardés comme ayant quelque chose de honteux (ce qui est d'accord avec le nom latin de ces parties). Je constatai outre lérvthème vulvaire un écoulement provenant du vagin et dû sans aucun
doute à la malpropreté. J'ordonnai des lotions et des injections
qui ‘ivent disparaitre Fécoulement mais laissèrent subsister Ta démangeaison et les désirs qui en étaient la suite. Je demandai à celle dame si elle buvait beaucoup : « Deux à trois litres par jour », me répondit-elle. 11 me fut facile de constater que l'urine contenait 30 à 40 gr. de sucre par litre. J'appelai M. Bouchardat en consultation et un régime anti-diabétique fut institué. Malheureusement malgré le {raitement qui fitilest vrai diminuer la soif et la glycosurie, lembonpoint disparut graduellement, les forces diminuèrent, le pruril persista. Cette persistance finit même par jeter la pauvre dame (dont l'intelligenée avait fait comme ses forces) dans une véritable résanie. Elle était prise de terreurs folles, se croyait obsédée par le démon de la Jubri-
cité, avait des hallucinations et racontait à qui voulait l'entendre,
elle naguère si chaste, ses ardents désirs et les puissances que
lui donnait son incube. Elle succomba au bout de six mois dans :
un étal voisin du marasme à une attaque d'apoplexie.
OBSERVATION IV. — D'après A. WILTSHIRE
in-Lancel London 187$
Femme de 45'"äns, entrée à St-Marys Hospital depuis 2 mois parce qu'elle se plaignait de démangeaisons violentes siégeant à la vulve et à son voisinage. Soupçonnant le diabète on examina les urines qui contenaient du sucre en abondance. On fit suivre à la malade un régime antidiabétique et on lui fit des lavages de la région vulvaire avec une solution de borate de soude. Au bout d'un mois le prurit vulvaire très tenace auparavant avait disparu, ces régions endolories et œædémateuses avaient repris leur teinte normale, l'urine de la malade ne con-
tenait plus qu'une faible quantité de sucre.
sis
de:
ORSERVATION V empruntée à G. GOssET.
In Lancel. London 187$.
Femme de 65 ans, présentant depuis plusieurs années deux fistules, l'une dans la région lombaire droite, l'autre dans la région iliaque du même côté. Les urines étaient souvent sanglantes et purulentes. Son état général était assez mauvais surtout depuis 6 mois, elle souffrait depuis cette époque de prurit vuk vare que l'on attribuait au pus que contenait son urine. Cette malade-avait une soif continuelle ce qui m'amena à examiner l'urine de plus près, elle contenait du sucre en forte quantité.
Sous l'influence du régime antidiabétique, le sucre diminua ainsi que la quantité d'urine, le prurit vulvaire disparut.
L'état général de la malade alla s'améliorant jusqu'au moment ou après un écart de régime le sucre réapparut dans les urines et avec lui le prurit vulvaire. Le traitement local était une lotion avec l'hvposulfite de soude, mais son effet n'aurait pas été considérable si l'urine n'était pas devenue moins sucrée sous l'influence du régime.
Ayant lu dans l'intervalle le traité des maladies des femmes de Gaillard Thomas je fus amené à penser qu'il existait une relation entre le prurit vulvaire etla constatation du sucre dansles urines. Cependant l'absence de certains troubles, perte d'appétit, manque de polyurie malgré la sécheresse de la langue et la polydipsie tendaient plutôt à obscurceir le diagnostic, le prurit aurait dû cependant me guider si je Favais compris au début
chez cette malade.
AU
OBSERVATION VL — Empruntée à LAPIERRE
Thèse de Paris 1879
Femme de 61 ans de force el de constitution moyennes. Rien dans ses antécédents héréditaires. Pas de maladies antérieures. Depuis 5 mois ellemaigrit beaucoup ,son appétit est exagéré, et la malade est toujours altérée. La peau de la malade est fine, amincie, sèche, les yeux sont excavés, la langue est fendillée.
La quantité d'urine excrétée en 24 heures est de 4 litres, contenant 373 grammes de sucre. L'amaigrissement de la malade suit une marche progressive rapide, bientôt apparaissent diverses éruptions furonculeuses siégeant aux cuisses et aux fesses. La malade se plaint de prurit nocturne quine lui laisse aucun repos.
La face interne des grandes et des petites lèvres est tapissée de dépôts crémeux, pultacés d'un blanc éclatant. Ces dépôts sont constitués par des cellules épithéliales el par des spores ovalaires rappelant le muguet.
Quelques jours après survient une nouvelle éruption furonculeuse, puis un entrax de la région sacrée. La température est de 49°; la malade s'assoupit et meurt dans le coma quelques
mois après les premières manifestations du diabète.
OBSERVATION VII, empruntée à Percy BouLroN
in Procedinqg medical Sociely, 1881
Il s'agit d'une femme de 56 ans, mère de 5 enfants, se plaignant de chaleur, d'inflammation, de démangeaisons localisées
Se PE
aux parties sexuelles. Elle avait été soignée par de nombreux médecins sans résultat. Son urine n'avait pas été examinée, on avail pensé que son prurit vulvaire était causé par l'âge.
La malade ayant été examinée on remarqua un gonflement énorme de sa vulve, qui de plus étail rouge et excoriée par places. Sur la face interne des grandes lèvres on constatait la présence de petites uleéralions, de petites érosions recouvertes de fines pellicules blanchâtres.
Les urines de cette malade contenaient 22 gr’ de sucre par litre, la quantité d'urine émise dans les 24 heures était des litres. Cet érythème vulvaire disparut en trois mois sous l'influence du régime antidiabétique vigoureux, el grâce aux soins de propreté locale.
Cet érvthéme était d'origine diabétique, l'auteur pense qu'il était causé par le contact de l'urine sucrée sur les téguments. Cependant l'auteur ne pense pas que c’est la seule cause. En effet les parties atteintes par l'érvthéme ne sont pas toujours souillées par l'urine, telles l'extrémité inférieure de l'abdomen, les aines. Il doit exister une connection nerveuse, une relation étroite entre ces parties, c'est une explication que propose l’auteur pour expliquer ces phénomènes.
Cette relation nerveuse étroite entre ces parties à élé constatée nettement pendant la menstruation et la grossesse, ces parlies subissent une pigmentation plus prononcée que le reste de la peau, peut-être la sécrétion des glandes sudoripares Joue-telle un rôle ? L'auteur signale aussi l'idée originale du docteur Pearce Gould qui suggéra que le sucre pouvait-bien être sécrété par la sueur chez ces malades. Si de tels symptômes étaient prouvés, ils pourraient modifier les opinions que l'on à à l'heure actuelle sur les éruptions cutanées des diabétiques.
Il s'agit d'une dermatite occupant la vulve, la face interne des cuisses, le périnée, la région pubienne ct remontant sur l'abdo-
men jusqu à 10 cm de lFombilic.
La rougeur vive des téguments, la desquamation de l'épiderme, l'état suintant de quelques portions tégumentaires, notamment celles qui se trouvaient situées au fond des plis cutanés la limitation diffuse des contours, les démangeaisons violentes ne laissaient aucun doute sur la modalité eczémateuse de la lésion cutanée.
Cette dermatose était d'ailleurs le seul symptôme morbide accusé par la malade.
Cette femme venait consulter pour son éruption et n'avai! sur ca santé aucune plainte à porter.
Elle avait en effet bonne mine, était grosse et grasse, rosée, mème presque rouge de teint, en un mot elle se sentait ou se croyait très bien portante.
Cel eczéma était symptomatique du diabète. En effet; en présence d'un eczéma de cette région et de cette importance, il est une cause majeure à suspecter avant toutes les autres : le diabèle.
Et de fait nous avons trouvé la cause; cette femme urinait 3 litres 1/2 par jour et ses urines contenaient 85 gr. de sucre par
litre.
OBSERVATION IX. — Empruntée à M. le P' FouRNIER.
In France médicale. 1884.
Femme de 45 ans, bien portante, mais obèse, venant consulter pour une éruption dont elle souffre depuis quelques semaines. Cette éruption affecte à son grand étonnement les parties génitalës comme si, dit-elle, elle avait gagné un mauvais mal.
En réalité cette dame, comme elle l'avoua plus tard, croyait avoir gagné un écoulement de son mari, lequel, paraît-il, était
sujet à caution.
role
La malade se plaint en outre d'horribles démangeaisons qui la torturent jour et nuit et empêchent absolument de dormir. À l'examen, on trouve la vulve et les régions cutanées per vulvaires complètement recouvertes d'une nappe cezémaleusse de forme aguë.
D'emblée nous avons soupçonné un eczéma diabétique non pas en raison de la quantité des symplômes mais en raison du siège de l'éruption, de l'âge de la malade, de son obésité caractère important de certains diabètes. +
En effet un examen pratiqué séance tenante nous. révèle une forte quantité de sucre dans les urines, quantité qui dosée dans la suite s'élevait à 98 gr. par litre. Ce fut dans ce cas l'éczéma
vulvaire qui nous fit découvrir le diabète.
OBSERVATION X, de M. le Professeur agrégé VAOUCEz.
In Bull. Soc. clin. de Paris, 1887-1888.
Il s'agit d'une femme ‘de 57 ans, diabélique dejjuis deux ans qui vit apparailre dans la région vulvaire un ervthème précédé puis accompagné de démangeaisons intolérables, excessives, survenant par poussées, par rages, suivant l'expression de malade.
Peu à peu des lésions plus profondes se manifestent et cette femme présente à son entrée un eczéma vulvaire et péri vulvaire s'étendant jusqu'à la face interne des cuisses, el occupant la région périnéale Jusqu'à l'anus. à
Les régions étaient infillrées, rouges, suinlantes excoriées par places, le pourtour de l'anus était épaissi, les plis radiés apparaissaient profondément creusés el limilés par des bords in‘iltrés, exhaussis, suintants, de plus une leucoplasie se manj‘estait sur les gran les et les pelites lèvres.
On fait analyse des urines, elles contenaient 360 grm de sucre en 24 heures, L'état général aggravé par le prurit et les insomnies était très mauvais.
On traita la malade par des bains alcalins et des lotions alca- . lines. On la soumit au régime antidiabétique. À mesure qué le sucre diminuait dans les urines on constalait la disparition de l'eczéma.
3 mois après le sucre ne dépassait pas 65 gr. en 24 h.:le pru-
rit vulvaire était peu marqué, l'élat général satisfaisant.