‹ De la Vulvite DiabétiqueChapitre 8 sur 12 · NN · texte numérisé non relu

NN

BOT l'examen des urines. Cette sage précaulion nous évitera de fâcheuses méprises.

I nous reste maintenant à examiner dé quelle facon le diabète peut causer le prurit vulvaire.

Divers auteurs ont incriminé l'urine sucrée acissanl comme agent d'irrilation clinique. Haussmann pense que les bactéries (leplomilus, leptotrix) ont une aclion prépondérante et se développent à merveille sur les {issus imprégnés d'urine sucrée. "La composilion anormale de Furine ne doit pas êlre envisagée comme seule cause de pruril sinon celui-ci devrail Loujours exister. D'autre part ce pruril se manifeste en différentes par-

Lies du corps qui ne peuvent être jamais souillées par

l'urine, nous pouvons donc admellre, comme Lorand

(de Carlsbad), que la présence du sucre dans le sang agit comme agent loxique sur les lerminaisons nerveuses. L'action Loxique du sang des diabélique agissant sur les lerminaisons nerveuses el d'autre part laclion irritante de Furine sucrée suffisent d'après cet auleur à provoquer le pruril vulvaire chez les femmes diabétiques.

Ces causes ne peuvent cependant pas êlre les seules,

il doit donc exister des circonstances en vertu desquel-

les le prurit survient chez certaines malades plutôt que chez d’autres, c'est-à-dire que lindividualité de Ta malade doit jouer un rôle.

l'est à remarquer en effet que le pruril survient plus rapidement chez les femmes nerveuses! ce fait peul

s'expliquer par la nature même de ce symptôme morbide

par ce prurit lorturant qui enlève aux malades tout sommeil, les exaspère elne leur laisse aucune tranquillité, aucun repos. Si done nous trouvons réunies celle triade

de circonstances : STE

1° Aclion toxique el excilante du sang.

2° Urine sucrée et par à même chimiquement extis-

lante.

3° Prédisposition nerveuse du sujet.

Les conditions les plus favorables seront réunies pour développer le pruril vulvaire, Ajoulons pour com-

pléler quelques circonstances que nous avons souvent

conslalées chez ces malades : défaut de propreté, cons-

Uüipalion, entraînant Fhyvpérémie des organes du petit

bassin.

Pour Neisser le prurit dépend de facteurs plus nombreux el plus complexes. Nous donnerons sa classifica-

{ion :

1° Pruril se produisant sous l'influence de causes exlernes sur Ja peau saine. (parasiles animaux ou végétaux).

% Prurit de cause inlerne :

Le prurit hémalogène causé par une substance, chiinique n existant pas normalement dans l'organisme.

(Diabèle, ictère, goulle, cancer, thé, café, alcool, morphine, etc.

4 Prurit neurogène qui est rallaché à une maladie de

ttiton)

rites

Basedow, chorée, neurasténie, ou s'ilest de nature reflexe : grossesse, maladies uléro-ovariennes.

3° Prurit causé par les maladies de peau. Les derma-

toses dans lesquelles le prurit n'est qu'un symptôme et une conséquence des lésions eulanées, (eczéma, pemphigus, dermalites herpeliformes, mycosis fongoïde lichen, etc}. :

4 Dermatoses urlicariennes, oedème aigu strofulus,

prurigo de Hebra. é

, Dermatose lichenoïde (lichen simplex) rangé. par

Neisser dans la classe des eczémas.

- Pour M.le professeur Gaucher le prurilestdù à l'irrita- Lion des lerminaisons nerveuses par léliminalion cula- pée des substances toxiques fabriquées par l’économie. Dans le diabète il faut invoquer non seulement le sucre, mais encore les malitres extraclives azolées et les autres déchets loxiques que l’on trouve dans cette maladie comme dans ‘loutes les autres maladies de la nutrition. ï

Dans tous les cas quelque. soit l'éliologie du prurit vulvaire, nous devons signaler les troubles nerveux graves auxquels sont exposés ces malades.

Parfois ce pruril amène des désordres d'une gravité qui n'est pas en proporlion avec une lésion de si minime importance. L'inilialion, l'exaspération conlinuelle que n'arrivent plus à calmer même pour un.temps des grattages de plus en plus violents, l'insommie presque complèle qui en résulte, la neurasthénie el son cortège de

troubles .viscéraux, quelquefois les praliques de la

Ent 5 7 Res

masturbalion enfin souvent la longue durée de l'affection amènent peu à peu la paliente à un état d'amaigrissement, d'anémie grave, de dépérissement général si on n'a pu arrêler à temps ce facheux symptôme.

A ces accès paroxytiques que n'apaisent ni les ablulions froides ni les grattages frénéliques peuvent succé-

der des accidents convulsifs, des crises hystériques,

des accès maniaques el hypocondriaques' pouvant con-

duire ces malades jusqu'à la folie. (Observation I.

Symptômes objectifs

Chez la femme le premier symptôme objectif que Fon remarque aux parles génitales est Pérythème vulvaire. Cel érythème occupe d’abord cerlains points circonscrits de la vulve, les régions péri urétrales, Je vestibule, les petites lèvres, puis il se généralise à toule Ja vulve etla déborde, il envahit les régions voisines cel s'étale souvent sur les zones génilo crurales. On le reconnailra facilement à la vue par une rougeur notable des parties atteintes, rougeur inégalement accentuée suivant les endroits, elle est plus intense au niveau des plis de la peau où elle prend souvent un caractère érosif.

C'est la première étape de la lésion.

Si la maladie est abandonnée à elle-même, c'est-àdire si le diabèle n'est pas traité, l'éruplion affectéra

une forme eczémateuse.

pures

Née. 7

Vaigut ne

Nous dirons même avec notre maitre M. le professeur Gaucher que les autres affections locales de la femme, vaginile leucorrhée, métrile, peuvent donner lieu à des érythèmes mais très rarement à de l'eczéma.

La forme usuelle, presque exclusive de ces diabétides génitales sera done caractérisée par des lésions eczémaleuses. à

Nous donnerons à ce sujet la descriplion de Feczéma que nous avons empruntée à nolre mailre M. le professeur Gaucher. ;

de { ; : Sn

« C'est une dermalose iaflammaloire, superficielle

caractérisée par une rougeur congestive accompagnée

de tuméfaction et de cuisson de la peau sur laquelle se

développent des vésicules généralement pelites, acumi-

nées et confluentes de très courte durée dont la ruplure donne lieu à l'écoulement d'un hquide transparent, visqueux plus ou moins abondant se coagulant rapidement sous forme de croûles auxquelles succèdent des squames lamelleuses où furfuracées, puis un épaississement progressif avec induration du derme. »

Cel eczéma ss présenter: habiluellement sous deux

formes ; une forme aigue, une forme chronique.

Forme aique. — Celle forme sera caractérisée par la nalure de ces symplômes. Le débutest.en effet préparé depuis longtemps, annoncé par du prurit local revenant par crises, on conslale à ce moment une vulve rouge présentant par endroits, sur ce fond rouge, un semis

ges encore. Celle rougeur est

de pelils points plus rou

accompagnée d'une turgescence, d'une tuméfaction de loule la vulve, el même dans quelques cas d'un certain degré d'œdème des petites lèvres. De plus, on observe un suintement séreux à la surface de la région tuméfiée, suintement plus ou moins abondant suivant les cas. Il existe encore avec ces lésions un endelorissement local qui gêne les mouvements et rend la marche -plus ou moins pénible. in a enfin des démangeaisons vives que chaque miclion exaspère en laissant couler sur ces issus excoriés el suintants une pelile quantité d'urine sucrée. Gel eczéma occupe la vulve mais il peul gagner les régions péri-vulvaires de facon à circonserire la vulve de tous côtés. Il peut aussi se prolonger sur l'orifice vaginal el gagner lintérieur du vagin, on là vu d'autres fois déborder la vulve, s'étendre jusqu'à la face supéro-interne des cuisses et le périnée.

Cel eczéma diabélique se distingue-t-il de l'eczéma vulgaire, en un mot possèdest-il des particularités qui

nous en facilitent le diagnostic ?

D'après M. le professeur Fournier qui a lraité maois- D

lralement dans ses cliniques nous dirons que cet eczéma se distingue par deux caractères : son caractère rebelle el sa tendance aux récidives. &

En effet cel eczéma persiste alors qu'il n'est pas soumis au seul traitement qui lui convienne : à savoir : le traitement général du diabèle ayant pour effet de diminuer la glycosurie. Cel eczéma diabétique pourra s'ameliorer par l'hygiène, les soins locaux recommandés pour

les eczémas de tous genres, c’est nalurel. Les bains,

les lolions, les poudres inertes, les injections pourront le modifier, l'améliorer, mais rarement le guérir. I sera moins douloureux, moins prurigincux, moins inflammaloire, mais persislera lenace. (Observation XV).

Au contraire, la cause de cel eczéma étant comme, si nous nous allaquons à celle cause, dans les cas les plus heureux nous verrons tel eczéma entrer en résolution, par le traitement général du diabète qui diminuera ou supprimera le sucre de l'urine, nous verrons ces lésions se modifier assez rapidement.

La seconde, particularité qui caractérise cet eczéma est sa lendance aux récidives. Nous avons vu des malades avant souffert d'eczéma vulvaire avoir élé guéries complètement: dans la suite, une nouvelle poussée d'eczéma vulvaire à élé conslalée, puis, sous l'influence du traitement a disparu. Nous avons constalé ces faits dans nos observalions (Observation XI.

Nous pouvons expliquer ces fails de celte facon. Il est très difficile de supprimer complèlement la glrcosurie ; on peul Fabaisser quelquefois, la supprimer pour un cerlain lemps par un {traitement elun régime appropriés, puis lomission de ce traitement, Ta suppression de ce régime, souvent par ennui, permettront à la glvcosurie de se reproduire. Alors avec Fapparilion du sucre dans Furine viendra l'irrilalion vulvaire ; leczéma est reconstitué.

En évoluant ainsi sous forme de poussées aiguës ou subaigues, Feczéma pourra s'acheminer vers la forme

chronique : à fortiori cel eczéma aigu négligé où incom-

Dee

plèlement traité aboulira rapidement à celte forme chronique.

Forme chronique. — Celle forme 8e distinguera de la précédente par plusieurs particularités.

D'abord si elle occupe le même siège elle présente une étendue bien supérieure. La forme aigue se localise sénéralement à la vulve el aux régions péri vulvaires.

La forme chronique nous l'avons vu par exemple dans une des observalions (Observalion VIT) de M. le professeur Fournier se prolonge sur les cuisses sur une hauleur de 10 centimètres, se contiuue sur les fesses, sur le pli interfessier jusqu'au sacrum, envahit les aines, occupe le mont de Vénus dans sa totalité el remonte sur l'abdomen dans loule sa largeur pour S'arrèêler à quelques cenlimètres de lombilie. Jamais dans sa forme aigue nous n'avons vu l'eezéma diabétique occuper une telle é tendue. Cet eczéma chronique se distinguera encore par d'autres caractères : sa périphérie sera irrégulière, diffuse par places, de plus sur ces zones périphériques il sera facile de constater des éruplions d'éclosion plus récente disséminées de-ci de-là.

Ces deux caractères : élenduc considérable et irrégularité des contours que nous empruntons aux observations de M. le Professeur Fournier, avec les symptômes qui vont suivre suffiront pour caractériser cette dermatose el pour nous faire songer à l’eczéma chronique.

Nous avons constaté en effet la rougeur des léguments, rougeur moins vive que celle de la forme aigue,

PDU

plus sombre, disparaissant avec peine sous lt pression du doigl, rougéur parsemée de zones plus où moins violettes.

Sur ces régions affectées nous avons remarqué un

mélange de placards, les uns desquamalifs, les autres suintants. Les parties des téguments qui forment les plis de la peau, celles qui se trouvent naturellement adossées, les plis génilaux-cruraux, par exemple, sont souvent d'un rouge plus vif, souvent érodées et toujours humides.

Au contraire dans les parties où la peau s'étale sans disconlinuilé nous avons remarqué lélal sec, el lépiderme atteint se délache partiellement, se fendille el lombe sous forme de fines lamelles.

Un autre caractère commun sont les démangeaisons. Celle forme chronique ne sera pas aussi cuisante que la forme aiguë, cependant elle sera accompagnée d'un prurit pénible procédant par crises pouvant engendrer de furieuses démangeaisons. Ces crises souvent °répétées ne laissent aux malades aucun repos, le grattage leur procure une sensalion de bien-être momentanée, fugace, ce qui nous explique que ces malades se déchirent souvent avec leurs ongles. Nous voyons d'ici quels troubles sur. Fa santé générale peuvent engendrer de pareilles souffrances.

Le dernier caractère qui donnera à celle forme chronique un aspect spécial, c'est un élal d'épaississement, quelquefois une {uméfaclion hyperplasique des terriloi-

res affectés. D'après le professeur Fournier sur les ré-

pa

gions péri-vulvaires l'eczéma revêl une forme Hichénoïde, el au niveau de la vulve une forme pachydermique.

Au niveau des cuisses, des fesses, du mont de Vénus, de l'abdomen, la peau qui a perdu sa souplesse normale se laisse difficilement saisim entre les doigts, si on la pince, elle parail doublée comme épaisseur, elle est infillrée en même temps que rude au toucher, les sillons que l’on rencontre à l’état normal sont plus nombreux et plus profonds. Cet état épaissi, hyperplasié des téguments nous montre que ces téguments sont profondément infillrés, cette lésion caractéristique est appelée par les dermaltologistes la forme lichénoïde de l'eczéma.

A la vulve les lésions se présentent à nous plus variées. Outre l'alopécie pubienne, la déformation vulvaire de la région se présente sous la forme d'une hypertrophie généralisée. |

En effet de dehors en dedans, il nous est facile de conslaler :

1° Une augmentation de volume des grandes lèvres qui sont Luméfites mais non œdémateuses ; elles sont tendues et molles el rappellent la face de quartiers d'orange suivant la comparaison de M. le professeur Fournier.

2 Les pelites lèvres sont aussi hyperlrophiées, elles paraissent distendues, elles sont pendantes semblent allongées, sont épaisses et font saillie entre les grandes lèvres.

3° L'orifice vaginal, si on écarte les petites lèvres, pa-

rail refoulé, il semble occuper un plan postérieur, celle

PR usa

apparence est due à l'augmentation de volume des parlies voisines. Cet orifice vaginal présente un aspect caracléristique. Il est assez difficile d'apercevoir l'urètre, cependant il est souvent béant et tranche par la rougeur de sa muqueuse dépouillée par endroits d'épithelium.

4 Si nous appliquons le spéculum, ce qui n'est pas sans provoquer souvent une vive douleur à cause de celle irrilation locale causée par l'épaississement des issus, nous trouvons sur la partie antérieure du vagin les mêmes symplômes que nous avons constaté plus haut. La muqueuse vaginale est rouge et lurgescente, celle rougeur fait penser à celle de Ia vaginite gonococcique, elle est cependant plus sombre, tapissée sou-

vent de pelits exsudats blanchâtres, de plus on ne cons- “tale päs d'écoulement provenant de Pulérus.

»° En dernier lieu nous rencontrons au niveau de la vulve el de l'orifice vaginal des enduits crémeux, blanchâtres que nous avons signalé précédemment, ce sont de pelits ilots irréguliers de très faible épaisseur, larges de quelques millimètres facilement décelables à leur couleur blanche tranchant sur le fond rouge des parties voisines. Ces pelits ilots se rencontrent sur la face inierne des grandes lèvres, sur les petites lèvres, le vesibule, l'entrée du vagin, ils sont surtout nombreux au niveau des plis.

En dehors du diabète il n'existe pas de cause morbide susceplüible d’engendrer un ensemble de lésions de cet ordre, de cette modalité, de cette étendue.

En dehors du diabète il n'existe pas sur celte région

VS D du

ou plulôl sur ces régions des eczémas de cette importance el de cel aspect.

Quand nous aurons donc souÿ n0$ yeux une lésion telle, c'est au diabèle que nous devons songer, c'est lui que nous devons rechercher : nous. le trouverons, du reste, à l’origine de lous ces accidents cutanés.

Il est probable que les eas de diabète ignorés sont plus fréquents qu'on le suppose. Il y a beaucoup de diabéliques sans le savoir. importe donc de dépister un diabèle par lous les accidents qu'il comporte, Fec- Zéma vulvaire, ainsi que nous le montrons dans nos observations est un de ces symptômes.

Celle relalion entre le diabèle et leczéma avait déjà élé signalée par Trousseau dans ses cliniques de l'HÔ- Lel-Dieu (E IT, p. 674).

« Une éruption très commune chez la femme diabélique, c'est un eczéma siégeant aux parlies génilales et accompagné d'un prurit douloureux. Lorsqu'il vous arrivera d'être consulté par des femmes commençant à avancer en âge quise plaindront de démangeaisons violentes de la vulve et de son pourtour, lorsque en examinant ces régions vous conslalez l'existence d'un eczéma el que cel eczéma survenu en dehors des époques menstruelles indépendamment de lout écoulement leucorrhéique antérieur, occasionne des douleurs telles qu'elles entraînent Ja perte du sommeil, votre idée de-

vra porter sur la glycosurie ; méfiez-vous du diabète,

examinez les urines et souvent vous v conslalerez du

glycose ».

Ainsi donc en présence d'un eczéma vulvaire il faut toujours soupconner le diabète. Voyons maintenant comment va évoluer celle forme chimique.

Nous avons dit plus haut qu'elle pouvait rétablir d'emblée sans passer par cette forme aigue que nous avons décrite au début. Il s'établit alors à la vulve une sorte d'irritalion sourde qui va persister, entretenue qu'elle est par sa cause iniliale, cetle irritation va s'étendre de proche en proche, les lésions vont déborder la vulve et gagner les régions peri-vulvaires, leczéma se lrouve confirmé d'emblée à lélal chronique par le fait même de sa durée.

Mais il se peut que celle forme chronique, comme nous l'avons signalé, soil consécutive à une ou plusieurs poussées d’eczéma aigu qui, mal soignées souvent el non guéries, aboutissent après celle série de récidives, à l'élat chronique.

Quoiqu'il en soit cette forme chronique une fois inslallée sur les régions génitales les quittera difficilement, on pourra diminuer ses frontières, mais souvent des poussées aigues reprendront le terriloire amélioré, d’autres fois, des poussées furonculeuses viendront s'installer sur ces pointsirrilés el compliqueront encore cetélat,

Non trailée celte dermalose aurait une durée indéfinie. Traitée, elle est susceptible de rélrograder, de se résoudre par endroits ; une lésion de cet ordre et d’une telle étendue se guérit plus difficilement qu'un eczéma aigu, il faudra aux malades beaucoup de soins, de courage

et de patience.

Diagnostic différentiel

I va lieu de distinguer pour le diagnostic différentiel Lu LT Ce entre les deuxstades de l'affection.

1° Pruril sans lésions objectives.

2° Eczéma aigu ou chronique.

On pourra confondre le-pruril diabélique avec le prurit observé dans la goulte, le mal de Bright, lictère, surtout Fictère chronique, les caractères généraux elles symplômes de ces affections dans Ta majorité des cas seront suffisants pour aiguiller notre esprit sur la cause de cette complicalion locale.

Le pruril a aussi élé signalé pendant Ja grossesse, dans ce cas il disparait avec elle, d'autre fois il apparait lors de-la ménopause el se montre particulièrement rebelle. I faudra éliminer aussi le prurit causé par les pédiculi pubis, il sera facilementreconnaissable auxlésions

dé grattage laissant entre elles les {taches bleues, el un

red,

examen minulieux permellra de reconnaitre les lentes fixées aux poils en l'absence de parasites.

Nous avons vu plus haut avec quelles affections on pouvait confondre le prurit vulvaire d'origine diabélque, voyons maintenant quelles sont les lésions présenlant. des caractères communs avec leczéma vulvaire diabétique.

Nous rappellérons auparavant que dans certaines rariélés d'eczéma vulvaire il exisle un écoulement se produisant seulement quand l'eczéma a .gagné le vagin et de là le col‘ de l'ulérus. Cet écoulement qui est grisàtre sera à distinguer de celui qui accompagne la blen-

norrhagie qui est verdätre au début puis devient jaunà-

tre ; il faudra aussi le distinguer de l'écoulement de la

leucorrhée qui est blanchâtre.

En premier lieu il faudra différencier les lésions eczémaleuses dans leur forme chronique et hypertrophique avec cerlains cas de vulvite avant tendance à la formalion de végélalions papuleuses, hyperlrophiques, mamelonnaires et digitées ayant une tendance à l'envahissement secrélant un liquide mal odorant, riche en microbes, ce diagnostic différentiel ne pourra être discuté qu'au début de laffection, ces végélations prenant une extension qui permet aussilôt le diagnostic.

Plus délicat à faire sera le diagnostic avec les plaques muqueuses, les plaques muqueuses de là variété érosive se développant sur un fond de vulvite chronique pourraient à la rigueur simuler certains cas de vulvile érosive diabétique, leur coincidence est du reste

possible. I faudra se rappeler les caractères des plaques muqueuses, leur érosion rougeâlre, ovalaire borquée de gris ; leur nombre, la concomilance d'autres, accidents spécifiques et en cas de doute la recherche du théponémie facilitera le diagnostic.

L'erreur est encore possible avec linterlrigo chronique sénile siégeant dans les régions peri-génitales, fréquent chez les obèses, caractérisé par lœdème, la rougeur des lèvres, le prurit tenace dont on à fait une

manifestation de la diathèse rhumatismale.

[ faudra éliminer les localisalions génitales du prurigo caractérisé par des papules de même coloralion que Ja peau, accompagnées de démangeaisons souvent très vives et présentant à leur sommel une croûte noirâlre résullant d'une excorialion par grattage. Dans la majorité des eas il s’agit d'une éruplion secondaire. Si ce prurigo persiste longtemps il peut survenir à sa suile des plaques d'eczéma, des puslules d'ectyma, des furoncles, des abcès sous cutanés, dans d'autres cas la peau peut prendre une lLeinte brunàtre rappelant Ja couleur de la peau dans La maladie

d'Addison

En dernier lieu il sera facile de distinguer cel eczéma avec unérythéme simple, lâche rouge plus ou moins élendue sans saillie bien marquée. C'est souvent le premier stade qui précédera l'eczéma vulvaire mais il est rare de voir les malades à ce moment.

Ces Lâches, sous l'influence du diabèle, vont envahir

très digue avec mn ér, ï

Fe

ss ble,

un

Pronostic

Quel est le pronostic de ces vulvites diabétiques ?

Il y a lieu d'envisager plusieurs hypothèses :

1° S'agit-il simplement du prurit ?

Nous pensons que sous l'influence du trailement local et surtout général, on le verra peu à peu s'atténuer el disparaître ; négligé ou imparfaitement traité il tendra presque falalement à aboutir en un eczéma aigu ou

chronique.

2 En face d'un eczéma aigu le pronostic sera moins bénin et comme le précédent sous la dépendance directe du traitement local et général. Mal soigné il pourra se transformer en eczéma chronique et se compliquer de

furoncles, d'anthrax, de phlegmons el de gangrène.

3° Eczéma chronique. — Qu'il s'installe d'emblée ou

qu'il succède à plusieurs poussées d'eczéma aigu il sera

le plus difficile à guérir. Par le traitement local et le ré-

Reg

gime anlidiabélique longlemps continuës on pourra enrayer sa marche el diminuer l'étendue de ses lésions. Il faudra loujours se méfier des complications qui pourront survenir sur ces régions infillrées, œdématisées et les furoncles, anthrax, phlegmons ou gangrènes seront d’un fâcheux pronostic. : ;

Nous rappellerons que chez les sujets prédisposés, il faut toujours redouter les accidents nerveux que nous avons signalé dans quelques observations, accidents nerveux qui peuvent survenir insidieusement après un prurit rebelle el qui conduisent ces malades à la neu-

rasthénie et même à la folie.

Traitement

: Nous ne cilerons pas les nombreux médicaments qui ont été proposés contre le pruril vulvaire, comme pour: le diabète ils sont légions «la matière médicale presque toute entière a été mise à contribulion » (Lvonk. Cela ne plaide pas en faveur des moyens employés.Pour les uns : Ruge, Flaischen, Bodenstein, il faut faire lenettoyage à fond de la région, neltoyage aussi rigoureux qu'avant loule opéralion chirurgicale. I faut laver, savonner, désinfecler au sublimé : vulve, vagin, col aussi loin que le doigt peut atteindre, il faut laver jusqu'à ce qu'on ail Ja conviclion qu'il n'existe plus de jeunes. pathogènes. En terminant ces auteurs conseillent deoindre la vulve avec de la vaseline phéniquée à 3 0/0. Ce nelloyage à fond sera fait par le médecin Lous Îles. trois jours. Ces auteurs sont très affirmatifs dans leurs: résultats qui sont d’après leurs dires immédiats, défini-

Hifs et réellement surprenants.

LTON TS

Nous pensons qu'un lel traitement ne peul être tenté que sur des régions peu irrilées, il serait impossible à notre avis de savonner, de laver aussi vigoureusement des surfaces suintantes el excoriées d'un eczéma algu.

D'autres ont essayé les anesthésiques : cocaïne, morphine, chloral à 2 °/,, en lotions, ensuite application d'une pommade inerte avec du sous nitrate de Bismuth, de l’oxyde de zinc et du borate de soude.

On a oblenu de bons résullats avec les courants conlinus en placant l'anode à la vulve et en promenant la calthode sur loute l'étendue des parties malades, les séances duraient 10 minutes.

On a conseillé aussi les effluves de haule fréquence, les bains hydro-électriques, les bains statiques et la radiothérapie.

On à cilé les bons effets de l'hydrothérapie calmante sous forme de douches chaudes prolongées sous pression, soil sous forme de saisons. (Royal, Vichy, Saint- Nectaire). D'autres ont signalé les heureux résultats oblenus avec des injections sous culanéss de serum arlificiel. ;

Dernièrement M. le professeur Carnot a obtenu des résullats remarquables avec des lotions vulvaires et des injeclions vaginales de levure de bière, une euillerée de levure fraiche dans un litre d'eau bouillie).

M le professeur Gaucher conseille au début des applicalions humides, ensuile saupoudrer de tale ou de der-

malol les régions malades. S'agit-il d'un eczéma suin-

au.

tant, il fault faire des apolicalions de poudre de tale et acide salyeilique, s'agit-il d'un eczéma chronique on appliquera la pommade cadique camphrée.

L'eczéma se propage-t-il à l'intérieur du vagin, on

le 3

fera des injections émollientes eLon introduira avec le spéculum des calaplasmes d'amidon.

Contre le pruril, les anesthésiques ont donné de bons résullats : menthol cristalisé pur à 0/0. gaiacol pur synthétique, phénol en solution faible L 0/0 dans l'huile ou l’eau glvcérinée, le chloral au centième additionné d'un quart de glvcérine; loules ces médicalions ont parlois donné d'heureux résultats.

Quoiqu'ilen soit nous ne pouvons arriver à modilier ces lésions cezémaleuses, à enrayer Ce pruril si nous ne faisons pas un traitement général. Il est de première

nécessilé de modifier le Lerrain sur lequel évolue celte

Jésion, il faut imstituer dès le début un régime anlidia-

bélique.

Nous ne passerons pas en revue tous les régimes anlidiabéliques : nous- rappellerons que notre maitre, M. le professeur Gaucher, le conseille aussi énergique que possible pour enrayer dès Je début Ia marche envahissante des lésions. Il faut Lotalement exclure les sucres, les féculents. Le pain de gluten, les croùûtes de

pain, les pommes de terre seront défendues. Les meil-

leurs pains de gluten renferment de l'amidon, la croûte

de pain également moins que la mie il est vrai mais en quantité trop considérable pour un régime sévère.

On aura done tout avantage à inshituer dès le début

fee

un régime rigoureux : œufs, bouillon, viandes rôlies, légumes verts, salades cniles, ete.

I ne faudra jamais oublier en présence de malades atteints d’eczéma vulvaire que ces éruptions sont subordonnées à un élal général dont elles ne sontque des manifestalions extérieures.

Ce sont des affections diathésiques si on entend par ce Lerme une disposilion morbide au développement successif ou simultané d'accidents de même nalure, ce sont de plus des affections constilulionneiles dépendant d'une maladie générale qu'il ne faudra jamais oublier

quand il s'agira du traitement.

OBSER VATIONS

OBSERVATION 1. — FAUCONNEAU-DUFRESNE in Union Médicale 18358

Une dame éprouvail depuis plusieurs années des démangeaisons intolérables à la vulve surtout pendant la nuit. Rien ne pouvait la soulager. Les grandes lèvres étaient recouvertes de papules excoriées, le pubis, la face interne des cuisses étaient le siège d'une rougeur [1ès prononcée et d'une luméfaction qui

. « * . e ‘; ressemblait à une sorle d'hypertrophie cutanée. On fit l'examen des urines, elles contenaient une forte pro-

portion de sucre,

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