CHAPITRE IV
Des inflii3n333 profassioinalles cii3,bl33 de favoriser le développement ds l'anémie chez les mineurs.
Il est, dans les mines, des conditions spéciales, tenant les unes à la nature môme du travail des divers ouvriers, les autres à la nature des minerais exploités, et qui peuvent exercer sur les mineurs une action anémiante plus prononcée que les influences du milieu souterrain.
■/"De l'influence générale des travaux nécessitant un grand déploiement de forces musculaires.
Après avoir décrit le rôle que paraissent jouer ces diverses influences de milieu dans la production de l'anémie, je ne dois pas négliger une autre influence commune elle aussi à presque tous les mineurs et peut-être encore plus active que les précédentes. Je veux parler des efforts musculaires si énergiques que développent à tout instant et quelle que soit la nature spéciale de leur travail, la plupart des ouvriers occupés à l'exploitation des mines.
les muscles en se contractant détruisent (les globules (expériences de Lehmann) (1).
D'autre part, Longet a énoncé la loi physiologique suivante : La combustion respiratoire effectuée par un poids donné de matière animale vivante croit proportionnellement à l'activité musculaire (2)-
On se rendra donc un compte facile de l'intensité d'action des travaux musculaires comme cause d'anémie pour les mineurs, si l'on réfléchit que, trop souvent, l'appât du gain pousse certains ouvriers à dépasser les limites de leurs forces par un travail excessif, surtout lorsque ces dépenses exagérées de l'organisme ne sont trop souvent encore réparées que par une alimentation insuffisante. 11 est des mines où l'on entretient inconsciemment cette cause d'anémie, en permettant trop facilement aux ouvriers de redoubler leur journée, c'est-à-dire qu'au lieu de sortir de la mine où ils étaient entrés entre 4 et 5 heures du matin, ils passent la nuit au travail et font encore leur journée du lendemain. Ils restent donc sans interruption dans les galeries pendant 34 heures. Les admi-
(1) Voir Claude Bernard. Leçons sur les propriétés physiques et les altérations pathologiques des liquides (le l'organisme. Paris, 1859, in-8\ tome i, p. 442.
(2) Longet. Traité de physiologie, 3"'c édition, tome i, p. 684.
nistrateurs, qui ne perinotlont qu'exceptioiiiicllement ces redoublements de journée, coinprennenl bien mieux leurs intérêts que ceux qui les tolèrent. Car ce n'est pas impunément qu'un ouvrier se surmène h ce point, et non-seulement sa santé mais aussi son travail en souffrent. Dans notre houillère où l'on n'accorde pas aux ouvriers de redoubler leurs journées, j'ai pu constater combien peu les ouvriers perdent de journées de travail. De janvier à juin 187G, chaque ouvrier n'aurait perdu en moyenne que trois journées et quatre dixièmes, un peu plus d'une demi-journée par mois, et dans ce chiffre sont compris les chômages forcés dûs aux blessures et aux maladies.
Outre les causes générales de fatigue qui tiennent à la nature du travail des mineurs, il en est une autre qui, heureusement, n'occupera bientôt plus une si grande place dans l'histoire de l'industrie minière. Je veux parler de la descente dans les travaux par les échelles fixes, verticales ou inclinées.
Toujours une fatigue extrême, de l'essoufflement et môme de la dyspnée, souvent des palpitations, parfois des vertiges suivis de chutes, (vertiges dûs probablement à une anémie cérébrale causée
par rinlliionce de la pesanteur se faisant sentir sur la circulation, ainsi que l'a démontré Piorry), tels sont les inconvénients des échelles fixes.
Il serait déplacé de décrire ici les divers appareils qui tendent à les remplacer. II suffira de dire que les échelles mohiles, quoiqu'elles ne mettent pas à l'abi'i de tout accident, constituent cependant un progrès immense et parent à la plupart des dangers qu'offrent l'ascension et la descente par les échelles fixes.
Les Fahrimnst ou men-engines, ou fahrmachines et les Warocquières ont rendu et rendent encore de grands services ; mais l'ascension et la descente, par des puits spéciaux, dans des bennes guidées par des longuerines sont encore préférables, parce qu'elles sont moins dangereuses, moins pénibles et plus promptes.
La descente par les tranchées d'où l'on arrive aux étages profonds par des plans inclinés, est assurément de tous les moyens de pénétrer dans les mines le plus sûr pour l'ouvrier et le plus économique pour les compagnies. Mais il n'est pas le moins fatiguant ni le moins long. S'il écarte les inconvénients d'un changement brusque de pression^ s'il met à l'abri des chutes dans les puits par la rupture des câbles, accident heureusement fort rare mais terrible dans ses effets, s'il est aussi beaucoup moins pénible