‹ De l’anémie et specialement de l’anémie chez les mineursChapitre 9 sur 17 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Sorti de la mine depuis trois semaines.

Sorti de la raine depuis trais mois.

Chevaux qui ne sont jamais descendus dans la mine.

Ricourt

9 ans.

Cheval de luxe.

8 ans.

Cheval de peine,

traînant les bennes

dans les tranchées.

Par un simple coup-d'œil jeté sur ce tableau, on voit que le chiffre des globules diffère relativement très-peu chez les chevaux occupés à l'intérieur et chez les chevaux occupés à l'extérieur. En tout cas, les chevaux du fond de la mine que j'ai examinés ne sont pas anémiques;

un seul d'entre eux n'arrive pas au chiffre de 5 millions de globules par millimètre cube, et nous verrons dans un chapitre ultérieur que les variations individuelles chez l'homme dans le nombre des globules présentent des écarts encore plus marqués sans qu'on soit autorisé pour cela à conclure toujours à l'anémie. Quoiqu'il en soit, bien que je n'ai pu trouver nulle part le chiffre moyen des globules rouges chez le cheval, car la plupart des traités d'anatomie, de physiologie ou d'histologie comparées se contentent d'indiquer le volume des hématies qui sont d'ailleurs d'un tiers plus petites que chez l'homme, si Chamois est anémique, il le serait à un degré très-peu prononcé et qui ne gênerait en rien son travail de chaque jour.

Au surplus, j'ai consulté les registres de l'infirmerie des chevaux, registres très-bien tenus par le vétérinaire, M. Flandin, etj'aitrouvé, chose étrange, que les maladies internes étaient un peu plus fréquentes chez les chevaux de l'extérieur que chez les chevaux de l'intérieur.

Les chevaux sont au nombre de 65 pour l'intérieur et de 33 pour l'extérieur. Mon calcul porte sur les registres des trois dernières années, depuis juillet 1873 jusqu'à juillet 1876.

Par contre, le chiffre des blessés est plus fort chez les chevaux de l'intérieur, et cela n'étonnera pas si l'on réfléchit à ce fait, que les voies sou-

termines sont moins bien entretenues que les chemins en plein jour, que les chevaux ont quelquefois à tourner dans des galeries encombrées de bennes et de wagonnets, et qu'en outre, ils sont exposés dans leur route à heurter leur téte aux bois de charpente qui forment le plafond des galeries, surtout quand un de ces bois, cédant sous le poids qu'il supporte, se brise vers le milieu, ce qui arrive assez fréquemment.

Il y a une dizaine d'années, l'état sanitaire des chevaux de l'intérieur était tout différent; ils étaient souvent malades; il y avait quelquefois des épidémies; on s'occupa d'assainir leurs écuries souterraines. On les fit vastes, on les aéra mieux, on les tint plus propres et à ces améliorations d'ordre hygiénique a correspondu depuis un état sanitaire meilleur de tous points.

Nous concluons de notre numération des globules chez les chevaux de l'intérieur, que la diminution de l'oxygène, l'augmentation de l'acide carbonique, la présence de gaz délétères dans l'atmosphère des mines, la respiration des poussières charbonneuses, que l'humidité et l'élévation de la température ne produisent pas l'aglobulie quand ces conditions n'agissent qu'à un degré peu prononcé ou ne se font sentir que d'une façon passagère, et quand, d'autre part, l'alimentation est bonne et suffisante.

Page 1