‹ De l’anémie et specialement de l’anémie chez les mineursChapitre 14 sur 17 · IS · texte numérisé non relu

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dos sons. J'ai vu quelques mineurs se plaindre d'un certain degré de faligue dans rexerciee de la visioji et j'ai rapporté ce symptôme à un peu d'amblyopie asthénique.

Beaucoup de mineurs accusent des bourdonnements d'oreille. Il m'est arrivé plusieurs fois de les faire disparaître presque instantanément en retirant du conduit auditif externe de vrais amas de poussière de charbon que le cérumen avait cimentée. On ne doit donc pas rattacher toujours ce symptôme à l'anémie. Quant à la dépravation du goût, quant à la disparition ou à l'exaltation de la sensibilité odorante, je ne les ai jamais rencontrées chez les mineurs anémiques.

Boëns-Boissau a fréquemment observé des troubles des sens, et dit aussi avoir souvent noté la perte de la mémoire et un affaiblissement de la puissance génésique (1). Le docteur Buisson, qui a fait ses observations à Aniche, cite également ce dernier symptôme (2).

Le docteur Kuborn qui, dans son ouvrage, a fait de l'anémie une étude spéciale et assez complète, ne mentionne pas cette particularité.

Sur 540 malades, il a observé 81 cas d'anémie, qu'il a partagés en trois catégories :

(1) Oiivrap;n cité p. 08 ot fiO.

(2) Th(\so citco, p. oï.

Anémies à un degré léger 9 cas

Anémies d'intensité moyenne 6i

Anémies avec signes des plus prononcés. 8 Il a analysé le sang de 12 de ces anémiques suivant la méthode d'Andral et Gavarret.

Sur mille parties du sang :

trois de CCS anémiques avaient de i 20 à 125 quatre — 110(1120

trois — — 1 00 à 1 1 0

deux — — 90 à 100

parties ) do / globules.

Or, Andral et Gavarret ont donné comme moyenne de la quantité des globules je chiffre de 109 dans l'anémie commençante et le chiffre de 65 dans l'anémie confirmée; le chiffre le plus bas qu'ils aient trouvé a été de 2!8 millièmes. Des 12 anémiques du docteur Kuborn, il y en aurait donc 7, qui d'après Andral et Gavarret, n'auraient même pas une anémie commençante.

Chez trois de ces bouilleurs, Kuborn a signalé des bruits de souffle. Deux autres sont rhumatisants. Les observations sont d'ailleurs si peu détaillées, qu'on ne peut savoir si le docteur Kuborn a eu affaire à des anémies primitives, plutôt qu'à des anémies secondaires. Après beaucoup de recherches, on finit cependant par trouver quelques renseignements sur certains de

ces nnéini(|iios dans los tahloaux que Kuhorn a annexévS à son travail.

J'y vois une l'emme lymphatique, née de parents serofideux, atteinte de bronchite aiguij et dont le chiffre des globules est de 119. Un autre anémique, dont le chiffre des globules s'abaisse à 105, est un enfant de 15 ans, atteint de pneumonie, qui depuis 7 ans déjà était serveur dans les galeries.

Il est difficile d'accepter ces cas comme des types d'anémie primitive des mineurs.

Mais la méthode d'Andral et Gavarret exigeant pour les analyses une assez grande quantité de sang, le docteur Kuborn n'a pu, je le suppose, examiner celui des anémiques de sa 3"'° catésjorie.

A côté des cas d'anémie primitive, je dois bien une place, si courte soit-elle, aux anémies secondaires et aux anémies par intoxication.

Les anémies qui succèdent aux hémorrhagies ne sont pas rares chez le mineur, vu la fréquence des traumatismes dans cette profession. Je n'ai pas à insister sur cette forme d'anémie. Nous savons déjà qu'à l'hypémie, qui suit ordinairement les hémorrbagies, siiccède bientôt un état hydrémique par la pénétration rapide des

liquides aqueux de l'organisme dans les vaisseaux vidés vn [)ai'l,i(;. J.es globules sont de tous les éléments les plus longs à se reproduire, et si la guérison des plaies ou de leurs complications survient vite, si des suppurations excessives ou prolongées ne viennent pas entraver la reconstitution des globules, l'anémie ne tarde pas à disparaître, à moins que l'hémorrhagie n'ait été trop abondante. En effet, à la suite d'hémorrhagies trop fortes ou d'hémorrhagies répétées, on voit apparaître ces symptômes excessivement graves qu'une transfusion ne suffit pas toujours à faire disparaître; des lipothymies continuelles, des syncopes quelquefois mortelles, des céphalalgies d'une atroce intensité, des douleiirs dans tous les membres, des palpitations incessantes, et surtout la tendance à de nouvelles hémorrhagies rendent cet état extrêmement grave.

A côté des anémies, qui succèdent aux hémorrhagies traumatiques, il faut aussi mentionner celles qui suivent les autres formes d'hémorrhagies, hémori'hoïdes, scorbut, purpura hemorrhagica, épistaxis abondantes et réitérées, hémophilie, etc. Mais les symptômes de l'anémie ne diffèrent pas dans toutes ces variétés d'hémorrhagies.

Les autres formes d'anémie secondaire auxquelles les mineurs sont le plus exposés, suivent ou accompagnent des maladies aiguës ou chroniques. Mais les symptômes de ces diverses anémies secondaires ne présentant rien de particulier chez les mineurs, je crois inutile d'insister sur leur symptômatologie.

Je me contente de donner quelques observations de quelques-unes des formes les plus fréquentes d'anémie secondaire avec les résultats fournis par la numération des globules.

Observation II.

Anémie d'origine paludéenne.

Jean 01., âgé de 32 ans, d'une taille audessus de la moyenne, marié depuis l'âge de %h: ans, habitant la campagne, vient me consulter le 15 août. Il est mineur aux rochers et a toujours travaillé dans les galeries depuis l'âge de 12! ans.

La variole, qu'il a eu en bas âge et qui a laissé sur sa peau des traces profondes de son passage, constitue, à elle seule, ses antécédents pathologiques.

Il y a deux jnois et demi, il a eu une fièvre intermittente d'abord quotidienne, puis à type

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