‹ De l’anémie et specialement de l’anémie chez les mineursChapitre 8 sur 17 · ALTITUDE · texte numérisé non relu

ALTITUDE

id. Il"" étage

id. C)™" étage (foyer)

id. S"" étage

On voit qu'à une profondeur de 31 1 mètres 95, la pression atmosphérique était augmentée dans une proportion de 27 millimètres. Dans le puits Sainte-Aline, à une profondeur de 103 mètres 50, au niveau du foyer, l'augmentation de pression

s'est traduite sur le baromètre par une moyenne de 9 millimètres 1/2, et à 45 mètres au-dessous du foyer, la pression s'augmentait encore de plus de 4 millimètres.

L'augmentation de pression dans les mines suit donc, à peu de chose près, les mêmes règles qu'à l'air libre. Si l'on remarque des variations de dixièmes de millimètres dans mes deux observations; on doit les attribuer à des variations dans la température, soit intérieure, soit extérieure, les degrés thermométriques n'ayant été notés que le second jour.

Nous sommes donc en droit de conclure que la diminution de pression dans le fond des mines, ne peut pas être comptée au nombre des causes qui engendrent l'anémie, puisque cette dépression n'existe pas ; et si elle existait même trèsmarquée, Giraud-Teulon nous apprend qu'elle n'a aucune influence dès que l'organisme s'y est accoutumé.

Quant à l'augmentation de pression, elle ne produit pas d'effet morbide. Si Bert (1) a décrit des phénomènes physiologiques, du reste trèsintéressants, chez les personnes soumises à l'air comprimé, si, dans les cloches à plongeur, on a noté des cas de mort subite au moment de

(1) Comptes-rendus de l'Académie des vSciences, février et mars 1873.

la décompression, nous ne devons pas oublier que Bert, dans ses expériences, n'a observé ces phénomènes qu'avec une pression de plusieurs atmosphères, de même que, dans les cloches à plongeur, la mort ne survient qu'à de très-hautes pressions. Et ce n'est pas le cas dans le fond des mines, puisque pour avoir une pression atmosphérique double, il faudrait, en supposant que la densité des couches atmosphériques resterait à peu près constante, arriver à une profondeur de plus de 7000 mètres au-dessous du niveau des mers.

9° Etat électrique de l'air des mines.

Quoique l'influence de l'électricité atmosphérique sur les êtres vivants et sur l'homme en particulier, soit encore entourée d'une obscurité presque complète, on est en droit de supposer que cette influence, quelque problématique qu'elle soit, existe réellement. Il suflîra de rappeler les observations de Clémens (1) sur les effets de l'ozone, dans les pays marécageux, pour admettre une action au moins indirecte de l'oxygène électrisé (Pelouze et Fremy) sur la production de certaines maladies. Clémens a constaté que les marais qui dégagent l'ozone en abondance ne produisent pas de fièvres intermittentes. J'ai

(1) Zcitschrift fur Staatsarzneikunde, 1853.

pensé qu'il serait iiiLéressant de recherclici' s'il

existe au fond des mines de l'ozone ou de

l'électricilé atmosphérique, ce qui revient au

même. Car on sait, depuis les expériences de Marignac et de la Rive, que l'ozone se produit par l'électrisation de l'air.

J'ai donc fait placer en même temps, dans vingt endroits différents de la mine, des papiers ozonométriques. Ils sont restés exposés au courant d'air pendant douze heures et la coloration n'avait pas changé, tandis qu'un papier, placé le même jour à la fenêtre de mon habitation, a pris une teinte légèrement bleuâtre qui a révélé la présence d'un peu d'ozone dans l'air extérieur.

Je conclus donc de mes recherches, que dans la houillère où j'ai fait mes observations, il n'y avait pas ce jour-là de l'ozone dans l'air des galeries, tandis qu'il en existait un peu en dehors de la mine.

lO"" Influence de ces diverses conditions de milieu sur les chevaux qui y restent toujours exposés.

Telles sont, réunies dans ce chapitre, les conditions du milieu souterrain dans lequel travaillent les mineurs.

Presque toutes ont été invoquées à tort ou à raison comme étant capables d'amener l'anémie ; mais les mineurs ne restent clans ce milieu que dix heures par jour environ, et les dimanches et les jours de fête, ils n'y descendent pas du tout.

J'ai cru intéressant d'étudier l'effet que toutes ces influences de milieu produisent sur les chevaux qui traînent les wagonnets dans les diverses galeries de la mine.

Chez les chevaux, ces diverses causes devront exercer une action bien plus marquée; car ils passent toute l'année au fond de la mine, la nuit comme le jour, et les dimanches et les jours de fête, aussi bien que les jours ouvrables. On ne monte les chevaux au jour que lorsqu'ils sont malades et aussi le jour où l'on fait l'inventaire annuel des chevaux de la mine. C'est ce jour que j'ai choisi pour examiner les globules d'un certain nombre d'entre eux. Pendant les quatre heures qu'à duré cet inventaire, je prenais pour objet de mon examen, presque au hasard, le cheval qui se présentait quand j'avais fini de compter les globules des chevaux précédents ; je laissais passer toutefois ceux qui n'étaient à l'intérieur que depuis une date trop récente.

Mes observations portent sur huit chevaux qui sont restés de quatre à quinze ans dans les galeries.

Coinine terme de comparaison, j'ai examiné aussi le sang des deux autres chevaux qui ne sont jamais descendus dans la mine, mais dont l'un fait dans les tranchées un travail analo2;ue et avant la même durée que ceux qui travaillent au fond de la mine, en même temps qu'il reçoit une nourriture semblahle, et dont l'autre est un cheval de luxe qui n'est utilisé qu'à conduire les voitures.

Je me suis servi pour cette numération du compte-globules du docteur Malassez, du mélangeur Potain et d'un microscope de Verick (Oculaire 2, Objectif 3).

Le mélange du sang a été fait à 1 jWO avec un sérum artificiel préparé suivant la formule de Potain et Malassez (1). Ce sérum se compose d'un volume d'une solution de gomme arabique donnant au pèse-urine une densité de 1020, et de trois volumes d'une solution de sulfate de soude et de chlorure de sodium à parties égales, ayant également une densité de 1020.

Les globules ont été comptés 3, 4 et 5 fois pour chaque cheval, dans diverses parties du capillaire artificiel et quelquefois après avoir renouvelé le mélange.

(i) Do la numération des globules rouges du sang, par L. Malassez. Paris, 1873.

Chevaux de l'intérieur de la mine.

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