‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 17 sur 60 · EN OR · texte numérisé non relu

EN OR

la constance de son évolution, de sa durée, de sa terminaison

dans la plupart des cas, plaident en faveur de sa spécificité.

Elle est habituellement bénigne, David cite cependant un cas de mort par gangrène de la bouche, deux par développe-

. ment d’aphtes dans l'estomac et l'intestin. Elle peut s’accom-

pagner de fièvre, de symptômes généraux graves, c’est donc

une maladie générale infectieuse.

L'agent pathogène siégerait dans la sérosité des vésicules, dans les sécrétions, dans le mucus des ulcérations, on pense ‘également qu’il se trouve dans le sang et dans le lait, mais on n’a encore trouvé d’altérations dans le lait qu’à la suite d’éruptions mammaires. On a successivement incriminé loïdium albicans, certains coceus, on a même décrit le Tilletia aphtoïdes, mais le ou les microbes spécifiques ne sont

Le seul moyen préventif consiste à faire Dole le lait,

mais la crème, le fromage provenant des animaux malades

rêstent dangereux et l’usage devrait en être interdit.

Les classiques prescrivent habituellement comme traitement curatif un collutoire boraté, un médicament antiseptique, le salicylate de soude en solution concentrée à 20 0/0 en badigeonnages sur la muqueuse buccale et pharyngée cinq à dix fois par jour, principalement après les repas, a donné à M. Ed. Hirtz des résultats surprenants et rapides, il calme en quelques heures la cuisson si douloureuse des ulcérations aphteuses.

Les autres antiseptiques, le sublimé en particulier, donneraient probablement les mêmes résultats au point de vue de la rapidité de la guérison sinon du soulagement de la douleur.

III. Gingivo-stomatite ulcéreuse. — Siomatite ulcéromembraneuse des enfants, stomatite ulcéreuse des soldats. — C’est le type des stomatites septiques.

Voici la remarquable définition qu’en a donnée M. Bergeron (D. encyclopéd., art. Stomatites, p. 167) :

« Maladie spécifique, contagieuse, caractérisée anatomi- « quement à sa période d’état par des ulcérations de forme et « d’étendue variables qui peuvent se développer sur tous les « points de la cavité buccale, maïs qui ont pour siège de « prédilection les gencives et la face interne des joues et qu'ac- « compagnent toujours une salivation abondante, une fétidité « extrême de l’haleine et un engorgement plus où moins « PRO des ganglions sous-maxillaires. »

Bien qu’on n’ait pas isolé le parasite de cette affection, sa nature infectieuse est des plus évidentes, comme nous le démontrerons plus loin.

Pasteur d’abord, Netter ensuite, avaient cru pouvoir Pattribuer à la présence de spirilles dans la salive. Le rôle de ces micro-organismes ne paraît pas avoir été confirmé depuis.

Frühwald a tout récemment (1889) examiné au point de vue microbiologique onze cas de stomatite ulcéreuse chez des enfants. Il a trouvé, dans la masse pulpeuse recouvrant les ulcérations, diverses espèces de microbes, en particulier un bacille dont il a obtenu- des cultures pures, dégageant une odeur de putréfaction rappelant l’haleine des gens atteints de stomatite. Mais, ses inoculations aux animaux ne lui permettent pas de conclure que cet organisme est l'agent spécifique de la stomatite ulcéro-membraneuse.

L’affection est vraisemblablement polymierobienne comme la plupart des affections buccales.

Quand on songe à l'extrême variété de bactéries qui pullulent dans cette cavité, on comprend en effet qu’il soit assez difficile qu'une seule espèce de ces parasites en arrive à prédominer sur les autres au point de les annihiler complètement et d'amener à elle seule la production d’une lésion spécifique en

que.

Î Sur -NARS

éliminant KR participation des autres espèces pathogènes qui végètent en même temps dans la bouche. |

La diphtérie qui est pourtant une affection à microbe spécifique unique se rencontre rarement à Pétat pur dans la cavité bucco-pharyngée. Les travaux récents sur cette question le

montrent d’une façon de plus en plus évidente. Le rôle du ba-

cille de Klebs est parfois même réduit au second plan, et c’est

l'infection secondaire par les streptocoques qui commande

presque entièrement la symptomatologie et le pronostic. Cette notion des associations microbiennes nous est aujourd’hui assez familière pour que nous admettions sans difficulté soit la nature polymicrobienne d'emblée des lésions buccales, soit la participation consécutive de plusieurs espèces à une lésion déterminée primitivement par un parasite uni-

La stomatite ulcéro-membraneuse appartient vraisembla-

blement à la première catégorie et résulte de la pullulation

d’un nombre indéterminé des espèces pathogènes buccales “sous l'influence des causes diverses capables d’ amener l'éclosion de la maladie.

Ce qui est bien certain. malgré Pabsence de données bacté- riologiques préeises sur cette question, c’est la nature infec-

tieuse de cette stomatite.

Elle est démontrée :

1° Parla contagiosité de la maladie ;

- 2° Par divers symptômes cliniques tels que :

Page 1