‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 18 sur 60 · I. L’auto-inoculabilité des lésions · texte numérisé non relu

I. L’auto-inoculabilité des lésions

IT. L’engorgement ganglionnaire.

HT. Les phénomènes généraux parfois très graves qui l’ac-

compagnent.

3° Par les résultats du TS En antiseptique.

Examinons successivement chacun de ces divers points. ANT y À 9

Sn *

= fé 2t

1° Conraciosiré. — Tous les auteurs ne l’admettent pas, tant s’en faut. BerGrroN a établi par ses remarquables recherches

quelle se propage par contagion chez les soldats. Mais, la plupart des auteurs restent sur la réserve. Un certain nombre d’entre eux, parmi lesquels M. Magitot, nient absolument . cette contagiosité et ne reconnaissent à la maladie d’autres causes que éruption de la dent de sagesse. à

La question est d'autant plus difficile à trancher aujourd’hui que l'affection a disparu en tant qu’épidémie ; on ne la rencontre plus qu’à Pétat sporadique. |

L’inoculation tentée par M. Bergeron sur lui-même tendrait

à prouver que la maladie est inoculable, mais la question ne

peut être considérée comme résolue.

Nous acceptons, pour notre part, commê probantes, les observations de contagion citées par Bergeron. Les faits n négatifs recueillis contre son opinion ne prouvent rien. Nous

- savons que pour que la contagion puisse s’opérer, il faut

qu'il existe chez l'individu contagionné une réceptivité individuelle créée par diverses causes telles que l'encombrement, l'alimentation insuflisante, le surmenage, conditions qui exIstaient chez les malades de Bergeron et ne se sont pas trouvées réalisées depuis, grâce à une hygiène meilleure. Il est probable que dans des conditions identiques à celles où Bergeron observait, la contagiosité de la maladie redeviendrait manifeste.

2° SYMPTÔMES CLINIQUES. — Î. Auto-inoculabilité des lésions. — Un argument décisif en faveur de la nature infectieuse de la stomatite ulcéro-membraneuse, c’est l’ auto- -InoCulabilité des lésions. |

Ce caractère ressort nettement de la lecture des descriptions cliniques de la maladie et sa valeur n’en devient que plus grande, en l'absence de parti pris des auteurs de le mettre en relief.

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DO de

La plupart des auteurs sont d'accord pots faire débuter la maladie par les gencives.

. Une plaque jaune pseudo-membraneuse apparait à Porigine..

L’ulcération s’étend en surface et en profondeur pour gagner la face interne des j joues, le voile du DORE les amygdales. Bergeron qui dans sa description n’établit aucun lien entre - la stomatite et la gingivite, fait cependant cette remarque : les gencives sont le siège le plus ordinaire de la stomatite ulcéro-membraneuse (67 fois sur 95 cas) soit seules, soit en même temps que d’autres points de la cavité buccale, la gen- . cive inférieure plus que la supérieure. Tous les auteurs sont ___unanimes sur Ce point.

L'ulcération de la gencive est eat unilatérale, ou “tout au moins plus accusée d’un côté que de l’autre. * L’ulcération de la voûte palatine est en continuité avec celle du bord postérieur de la gencive des dents supérieures (Bergeron). M L’angine ulcéreuse est rare. Les ulcérations labiales sont plus fréquentes à la lèvre inférieure ; elles coïncident avec les ulcérations gingivales, surtout pariétales et sont du même côté qu'elles (Bergeron). |

De cette description, nous ne retiendrons que les points

suivants : : | x Éae presque constance des ulcérations sur les gencives, surtout sur la gencive inférieure. C’est là, on Le sait, le séjour ; de prédilection des micro-organismes de la bouche (tartre), en raison des conditions favorables que la région He pour

A le développement des parasites.

2 La fréquence des ulcérations labiales, plus grande à la - lèvre inférieure, coïncidant avec les ulcérations gingivales | pariétales et du même côté qu’elles.

La GB

On ne saurait montrer plus clairement l'inoculation de la

gencive à la lèvre, par contact direct des deux muqueuses.

3° La continuité de l’ulcération de la voûte palatine avec.

celle du bord La de la gencive des dents supérieures,

preuve qu’elle n’en est que la propagation.

Cette auto-inoculabilité des lésions apparaît plus nette encore

dans la description de certains classiques ; mais, ces trois points nous suflisent pour montrer que Bergeron et les autres auteurs, sans avoir d'idée préconçue sur ce point spécial, ont décrit très fidèlement ce caractère des ulcérations qui parties d’un point quelconque de la gencive se communiquent à la face interne de la lèvre ‘ou de la joue correspondantes et de là se propagent aux autres régions de la cavité buccale.

Il. L'engorgement ganglionnaire. — 1] existe dans toutes les maladies infectieuses, toutes les angines à streptocoques, ë à staphylocoques, la diphtérie. A ÉMRQE HE

Les lymphatiques sont la voie habituelle de transport des

agents infectieux et les ganglions lymphatiques sont les pre-

mières barrières qu’ils rencontrent dans l’intérieur de l’organisme après leur passage par effraction à travers les muqueu-

ses et la peau. :

L’engorgement ganglionnaire n’est que la manifestation

extérieure de l'invasion microbienne dont cet organe en lei:

siège. | IIT. Phénomènes généraux. — La fièvre est souvent nulle, rarement vive, mais l’affection s'accompagne d’embarras gastrique, de nausées, de diarrhée.

La prostration des forces, l’hébétude du visage simulent

parfois la fièvre eue et Bergeron, se demandant qu’elle

en est la cause, s’exprime ainsi :

« Est-ce la douleur, la diète prolongée ou l'absorption des « matières santeuses qui S'écoulent de la surface des « ulcérations ? »

IT

Aujourd’hui que nous connaissons les toxines sécrétées par les microbes et l’action stupéfiante d’un certain nombre d’entre elles sur organisme, nous né pouvons que souligner cette

dernière phrase, pour en reconnaitre la profonde justesse, et

l'ajouter à nos autres arguments en faveur de la nature septique de la maladie.

3° LES RÉSULTATS DU TRAITEMENT ANTISEPTIQUE. — Le traitement spécifique classique de la stomatite ulcéro-membraneuse c’est le traitement par le chlorate de potasse qui, d’après Bergeron, donnerait des succès constants.

Ce résultat pourrait paraître en contradiction avec la doctrine que nous soutenons ici. Car comment le chlorate de potasse, substance d’un pouvoir antiseptique si faible qu'il peut être considéré comme presque nul, aurait-il pour résultat de détruire les microbes auxquels nous attribuons la production de la stomatite ulcéreuse ?

C’est que les phénomènes qui se passent dans lorganisme quand nous administrons un médicament ne sont pas aussi simples que. lorsque nous les mélangeons à un bouillon de culture.

Depuis plusieurs : années, les bactériologistes se sont acharnés à démontrer aux chirurgiens que l’iodoforme n’a pas le moindre pouvoir antiseptique, que les microbes poussent sans aucune difficulté dans des bouillons saturés de cette substance, qu'ils vivent des mois entiers dans la poudre d’iodoforme pure ; cela n'empêche pas les chirurgiens de continuer à employer liodoforme avec le plus grand succès. k

Cette substance subit évidemment dans l'organisme une décomposition qui ne se fait ni dans les bouillons de culture,

ni à Pair libre et qui a pour résultat de donner naissance à des

produits (iode naissant ou autres) qui entravent la pullulation microbienne. |

Les expériences de Linossier et Roux sur le muguet nous ont ouvert de nouveaux horizons très intéressants sur le mécanisme par lequel des substances non antiseptiques, comme les alcalins par exemple, mettent obstacle au développement d'organismes inférieurs au point d’amener leur destruction.

Une action indirecte de ce genre doit se passer pour le chlorate de potasse.

Done. l’action favorable du chlorate de potasse ne prouve rien contre la nature microbienne de la stomatite. Il s’en faut d’ailleurs qu’il réussisse, même d’après les tan iques, à guérir la maladie dans tous les cas.

D'autre part Galippe nous apporte une preuve positive tirée de ses observations : c’est que l’antisepsie buccale a eu pour résultat la guérison rapide des ulcérations dans tous les cas où il ’a appliquée. ;

De ce qui précède, nous sommes donc autorisé à conclure que la stomatite ulcéro-membraneuse est une maladie infectieuse et qu’elle exige à ce titre un traitement antiseptique dont l'énergie sera en rapport avec la gravité des lésions.

Cette origine microbienne de la maladie n’élimine en aucune façon l'intervention des différentes causes occasionnelles qui ont été invoquées pour sa production, en particulier l’évolution de la dent de sagesse. Les défenseurs de cette opinion

n’ont eu qu’un tort, celui d’être trop exclusifs.

Les mêmes accidents ulcéreux ont été observés par Galippe chez les enfants au moment de l’éruption de la deuxième grosse molaire de lait, de la première ‘et de la deuxième grosses molaires permanentes.

L'évolution dentaire agit non seulement en préparant le terrain, mais en modifiant la virulence des microbes.

D’après Galippe, la composition des liquides buccaux serait changée, et le microbe resté saprogène en végétant dans le

tartre, deviendrait pathogène en pullulant dans les liquides buccaux ainsi transformés.

Nous dirons peu de chose du traitement, il se résume en un mot, l'antisepsie buccale la plus rigoureuse.

On emploiera concurremment les applications fol sur les ulcérations et les lavages généraux de la bouche.

On se servira pour les applications locales de solutions fortes, et mêmes caustiques, si les ulcérations sont rebelles, (acide chromique, acide phénique au 1/20, etc.). Ces applications seront faites 2 fois par jour, ou plus souvent s’il est nécessaire. .

Pour les lavages, on utilisera des solutions plus faibles, en particulier la solution phéniquée à 3/1000 additionnée de thymol, la solution de sublimé au 1/4000 ou plus concentrée s’il le faut. La fréquence des lavages devra être en raison directe de la gravité de la maladie.

- Les effets du traitement sont extrémèment idee la fétidité de l’haleine diminue la première ; avec un traitement énerque elle peut disparaître entièrement en 24 ou 48 heures ; les autres symptômes s’amendent et disparaissent en peu de jours, même dans les cas graves.

IV. Stomatites toxiques! — Les stomatites dites toxiques sont celles qui se montrent consécutivement à absorption de certains composés métalliques, mercure, bismuth, plomb, arsenic, phosphore, ete., etc. La plus fréquente et la mieux connue est la stomatite mercurielle, c’est d’elle que nous nous ‘occuperons d’abord. Elle peut servir de type de description, car les autres s’en rapprochent tellement que la plupart dés auteurs les considèrent comme identiques ou très analogues.

Stomatite mercurtelle. — Cette assimilation que nous établissons entre la stomatite mercurielle et les stomatites septi-

Rs:

ques est loin d’être classique : elle est à peine soupçonnée par la plupart des médecins et il n’existe guère sur ce sujet que le travail de Galippe. La question mérite done un examen sérieux. M. Galippe l’a discutée à fond, nous lui empruntons ses arguments. ;

Tous le débat se réduit à ceci :

La stomatite mercurielle a-t-elle des caractères spécifiques permettant de lui conserver son autonomie ? Ou bien n’a-t-elle | rien qui la distingue des stomatites septiques, c'est-à-dire à origine parasitaire, à lésions auto-inoculables, produisant des phénomènes d'intoxication, et malgré des causes diverses, présentant toujours des traits fondamentaux communs ?

Pour nous éclairer, mettons en regard les caractères de la stomatite mereurielle et ceux des stomatites septiques (sans perdre de vue, dit Galippe, que chacun fait sa stomatite, non comme il veut, mais comme il peut, €’est-à-dire avec sa constitution propre, héréditaire ou acquise, et aussi avec son état pathologique actuel, local ou général). Nous allons y retrouver sans exception tous les symptômes signalés comme appartenant à la stomatite ulcéro-membraneuse.

Pour faciliter la comparaison, nous mettrons en reg gard, sur deux colonnes, les symptômes classiques fondamentaux attri- ‘bués aux deux variétés de stomatites :

TI. — Evolution des accidents en surface.

(Cette succession de phénomènes est pour Galippe, surtout individuelle et dépend davantage encore de l’état antérieur de la muqueuse buccale).

Siomatite mercurielle Stomatite ulcéro-membraneuse

Il se fait d’abord un gonfle- Les gencives, surtout la genment et une coloration plus ou cive inférieure, sont le siège le « 4

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