‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 31 sur 60 · OÙ · texte numérisé non relu

OÙ

Galippe qui a continué depuis ses recherches sur la question a donné à la maladie le nom de gingivite arthro-dentaire infectieuse qui résume l'étiologie, la marche et les lésions

de l'affection.

La nature infectieuse de la maladie est démontrée : 1° par l'examen de coupes de dents colorées ; 2° par la culture et l'isolement des parasites ; 3° par la contagion qui : s ’opère de dent à dent et aussi d’individu à individu. |

Coupes. — D’après Malassez et Galippe, la surface durevétement épithélial de la gencive est recouverte de micro-organismes différents, au milieu desquels on distingue par places des touffes de leptothrix.

Le cément est tapissé d’une couche de DArReES formant un feutrage épais et remplissant les anfractuosités creusées à sa surface, mais ces parasites vont plus loin, ils pénètrent dans les canalicules de la dentine qu'ils élargissent, et, à une période avancée de l'affection, ils atteignent la pulpe et la détruisent. : |

Cultures. — Il existe dans les culs-de-sac péofonds consécutifs à la destruction du ligament, un grahd nombre d'espèces de micro-organismes, ce qui n’a rien d'étonnant puisque ces clapiers sont en communication constante avec la cavité buccale. Pour se débarrasser autant que possible des espèces étrangères à l'affection, Galippe et Vignal ont soumis les dents (soit extraites, soit tombées spontanément) à un grattage superficiel et au flambage, de façon àn’isoler que les parasites les plus profonds.

Ils ont trouvé ainsi 6 espèces qui paraissent les plus constantes et quatre autres qui SPAS IneRE en même temps à la pyorrhée et à la carie.

1° Le plus fréquent et peut-être le plus actif de ces microorganismes ést un s/reptocoque, qui, inoculé dans le: sang

ou sous la peau des animaux, produit des effets très variables ; sa

virulence esttantôt très grande, tantôt nulle. Galippe est tenté

de le rapprocher du séreptococcus pyogène de Rosenbach. 2° Dans presque tous les cas, le staphylococcus aureus a été rencontré, presque constamment associé au 3° Staphylococcus albus.

4° Un microbe déjà décrit par Vignal sous la lettre «, bacille

plus ou moins long, est doué de propriétés saprogènes éner-

giques et paraît être une des formes du proteus de Hauser.

Les deux autres sont moins constants, ce sont deux bacilles :

5° Un petit bacille court qui forme dans le lait une assez grande quantité d'acide lactique et en amène assez rapidement la coagulation.

6° Un bacille doué de propriétés saprogènes aunfaible degré.

Dans les dents présentant des altérations superficielles du : collet et de la couronne, souvent à peine visibles, ces auteurs ont rencontré plusieurs des organismes décrits par eux dans la carie dentaire, en particulier les trois bacilles, désignés sous les n° 1, 2 et 3, dont les deux premiers forment avec le lait de Pacide lactique et dont le 3° ne coagule pas le lait et le transforme en un liquide jaune brun. Ils ont rencontré également le n° 5 qui transforme aussi le lait sans le coaguler en un liquide brun devenant presque noir avec le temps et répandant une odeur nauséeuse.

Miller, qui a recherché de son côté les micro-organismes de la pyorrhée, en décrit deux :

1° Le micrococcus gingivæ pyogenes qu il a isolé dans un cas de pyorrhée, et une autre fois dans une bouche excessivement sale.

Ses cultures dans les extraits de viande, les solutions de peptone ont un caractère franchement acide et dégagent une certaine quantité de gaz.

He

L’injection sous-cutanée provoque chez les souris des abcès, la nécrose de la peau, la mort parfois ; l'injection dans la cavité abdominale, la mort en 12 à 24 heures. Les lapins et les cobayes sont malades pendant deux ou trois jours mais guérissent. j ane)

2° Le bacterium gingivæ pyogenes s’est rencontré ds les mêmes bouches et chez un autre individu dans une ou en suppuration. AS à

C’est un bactérium épais, court, à extrémités artondics. Injecté dans la cavité abdominale des souris, des lapins, des cobayes, il les tue en 10 à 20 heures. MRC LES

3° Contagion. — C'est un fait souvent facile à constater que la contagion de dent à dent qui s’opère dans la bouche des malades atteints de pyorrhée. Il arrive parfois que l’affection débute par une dent présentant quelque anomalie (dent trop serrée, déviée, etc.) et qu’elle y reste cantonnée un certain temps : on peut voir alors la lésion gagner successive-

ment et de proche en proche les dents voisines pour se propager à toute l’arcade, si l’on n'intervient pas pour l’enrayer.

Les faits de contagion d’individu à individu chez des personnes de sexe différent cohabitant régulièrement ne sont pas rares ; Magitot, Galippe, Le Gendre en ont cité des exemples.

Cette contagiosité de l'affection est un des plus puissants arguments en faveur de son origine primitivement et essentiellement parasitaire et suflit pour reléguer au second plan linfluence des diathèses ; or c’est là un des points encore en litige. OUR pjfs |

M. Magitot a donné à la maladie le mon d’arthrite alvéolairesymptomatique, pour bien montrer que, dans son esprit, elle est intimement liée aux diathèses dont elle devient l’une des manifestations ; l’arthritisme avec ses formes si diverses en serait, d'après lui, la cause principale.

M. Galippe est loin de nier l'influence du terrain qu “il a, au contraire, contribué à méêttre en lumière pour certaines maladies (scrofule, syphilis, ataxie, ete.); la pyorrhée alvéolaire prend généralement un caractère de gravité en raison inverse de la résistance de l'individu (diabétiques, ataxiques, albuminuriques, ete.) ; mais ces états généraux ne constituent à ses

yeux qu'un terrain d'évolution plus favorable au développe-

ment de l'affection : la pyorrhée alvéolaire n’est nullement symptomatique, elle peut exister chez des individus indemnes de tout état général morbide ou héréditaire et, comme nous l'avons vu, elle peut se propager d’individu à.individu sans qu’on puisse invoquer d’autre cause qe le tnsbort direct des éléments infectieux.

Un autre point divise 4e MM. Magitot.et Galippe.

Dans la dénomination que M. Galippe a donnée à la maladie,

gingivite arthro-dentaire infectieuse, M. Magitot repousse formellement ce terme de gingivite qui ne lui semble pas

exact ; jamais, d’après lui, au début de l'affection, il n’y a de

gingivite à aucun degré ; le 1° signe objectif c’est la déviation de la dent, déviation qui ne s'accompagne ni de rougeur des bords libres des gencives, ni de décollement, ni de suppuration ; c’est là le premier phénomène qui trahit l’état morbide de l'articulation alvéolaire, c’est l’arthrite à son début.

M. Galippe est d’une opinion radicalement opposée ; la pénétration des parasites, dit-il, ne peut avoir lieu sans une lésion primitive et nécessaire de la gencive, sans une solution de continuité quelque petite qu’elle soit. Si la lésion gingivale qui a servi de porte d'entrée est très minime, un examen insuffisant peut faire croire qu’elle n’existe pas, mais il est inadmissible qué la maladie débute par une déviation ou un allongement de Ja dent ; quand ce phénomène existe,.il est nécessairement symptomatique d'une altération plus ou moins

profonde du ligament, altération qui n’a pu se produire que par pénétration des éléments infectieux dans l’alvéole : l’ar-

thrite n’est donc pas primitive, comme le dit M. ue mais

secondaire.

Toute cause, disent Malassez et Galippe, capable de détacher la gencive du collet de la dént, ouvre aux micro-organismes l'entrée de l’alvéole. | Cette cause, c’est presque toujours le tartre. En vertu de l’irritation à la fois mécanique et pathologique

qu’il exerce sur la gencive, celle-c1 se décolle légèrement et, à

l'abri de la portion décollée, les fermentations microbiennes deviennent plus actives. | €

On a chiecté que, sur certaines dents, il n’y a pas de tartre. Pour avoir le droit d’en nier la présence sur la racine d’une

dent, il faut, dit Galippe, en avoir fait l'examen microscopique.

ment constitué par les concrétions pierreuses habituellement désignées sous ce nom. Si la marche de la maladie est rapide, le tartre n’a pas le temps de s’organiser et l’on ne trouve au collet des dents qu’un enduit plus ou moins visqueux. De plus, Palvéole peut être envahi par des points très circonserits: et les micro-organismes arriver en procédant verticalement à l’apex de la racine par un chemin très étroit, sans que rien ou presque rien sur la gencive révèle la profondeur et la gravité des désordres alvéolaires (Galippe).

En dehors du tartre, certaines causes locales peuvent intervenir dans la pyorrhée, soit pour fixer l'affection sur telle ou telle dent, soit pour en modifier la symptomatologie : : telles sont les positions vicieuses, le traumatisme, la compression, la

minceur du bord alvéolaire.

Ce dernier élément joue, d'après M. Galippe, un rôle impor-

Nous avons déjà ns. que le tartre n’est pas exclusive

Page 1