‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 32 sur 60 · MAD · texte numérisé non relu

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tantdans la marche et la physionomie de l'affection : les points

d'élection de la pyorrhée sont déterminés par le manque d'épaisseur du rebord alvéolaire au niveau de certaines dents :

quand ee rebord est très mince, il se détruit avec une grande

rapidité, beaucoup plus rapidement que la gencive et c’est en raison de ce mécanisme que se forment les PAR clapiers où s’accumule une certaine quantité de pus qu'on peut faire sourdre par la pression.

Mais il existe une autre forme de la maladie, qualifiée de

forme sèche par le D' Cruet (th. de Richer) et caractérisée

d’après lui par l'absence de suppuration et de décollement gingival, il n'existe pas de clapier, les gencives rétractées paraissent avoir suivi le retrait progressif du rebord alvéolaire. Cette différence d'aspect est uniquement due pour Galippe

à l'épaisseur plus considérable du rebord alvéolaire qui pré- sente alors une résistance égale à celle dela gencive, de sorte

qu'ils se détruisent parallèlement ou à peu près. Quant à la

suppuration, elle existe, mais ses pue sont à chaque i Instant entrainés par la salive, on peut s’en convaincre par l’examen microscopique de cette sécrétion.

Grave au point de vue de la conservation des Aie. puisqu'elle entraine fatalement leur chute sion ne s’y oppose pas par un traitement approprié, la pyorrhée alvéolaire passe habituellement pour n'avoir aucun retentissement sur la santé générale et pour entrainer peu de complications.

M. Galippe pense qu’on a exagérésa bénignité : les accidents ne sont pas rares et présentent parfois un caractère infectieux tout particulier : phlegmons aboutissant souvent à des fistules soit sur la muqueuse buccale soit à l'extérieur ; accidents ulcéreux du côté de la muqueuse buccale par auto-inoculation ; accidents osseux, surtout fréquents chez les syphihitiques, les lymphatiques, les scrofuleux et consistant dans la production de séquestres qui amènent des fistules intarissables.

En outre, l'absorption incessante des produits infectieux de la pyorrhée pendant des années pourrait retentir sur l’état général : il existe fréquemment de l'embarras gastrique, des troubles dyspeptiques qui disparaissent par le seul traitement de l'affection alvéolaire.

Galippe rapproche dela gimgivite arthro-dentaire infectieuse des accidents graves que l’on observe parfois chez les enfants scrofuleux et qui consistent dans l'infection des alvéoles, des dents et de leurs racines, sans carie, s’annonçant par de la gingivite, des abcès, des fistules. des suppurations abondantes. On peut observer la chute d’une partie du maxillaire, la | destruction des dents permanentes en voie de formation. Au microscope on trouve sur les dents enlevées des lésions très voisines de celles de la pyorrhée. |

C'est une infection alvéolaire microbienne évoluant sur un terrain spécial approprié (strumeux) et qui exige le même traitement que la pyorrhée.

Traitement. — La pyorrhée alvéolaire est, ou plutôt était, une des affections les plus tenaces et les plus difficiles à guérir. :

Les anciens auteurs regardaient la perte des dents comme fatale et ne connaissaient que l’extraction comme méthode de traitement (Fauchard, Jourdain). Depuis, de nombreuses tentatives ont été faites pour essayer de conserver les dents malades et le nombre des remèdes qui ont été proposés et mis en œuvre est d'autant plus considérable qu'aucun d’eux n "était assez efficace pour assurer la guérison.

Nous ne parlerons pas des moyens purement Halte tels

que la ligature des dent ébranlées. La méthode la plus généralement employée fut celle des caustiques, alun, nitrate d’argent, teinture diode, perchlorure de fer, chlorure de zine, acide chromique (Magitot), méthode qui avait le tort de ne

s'adresser qu'à la gingivite sans pouvoir exercer aucune action sur les désordres alvéolaires.

Dès 1884, Malassez et Galippe déduisirent de leurs recherches sur la nature infectieuse de la maladie le traitement rationnel qu'il convient de lui appliquer.

« Le traitement doit être à la fois chirurgical et antiseptique : il consiste dans la destruction de la muqueuse gingivale sur toute la hauteur où le rebord alvéolaire est résorbé, de façon à supprimer les elapiers dans lesquels vivent etse développent les micro-organismes et l'introduction dans ces clapiers d’antiseptiques comme le sublimé corrosif à 3 ou 4 0/00 dans les cas ordinaires.

Quand les fibres ligamenteuses du périoste ne sont point détruites en totalité et que la dent peut encore être maintenue assez solidement pour remplir ses fonctions, l’affection est curable ; il n’en est plus de même quand le cément est détruit sur toute sa hauteuret quela dent est complètementinfectée. »

La destruction de la muqueuse gingivale peut se faire par différents procédés, soit avec les ciseaux, soit avec le galvanocautère, soit avec les deux instruments combinés.

Voici la manière de faire de M. Cruet : avec une paire de ciseaux droits et aigus dont l’une des branches est introduite entre la gencive et la dent, il fait une section verticale de la gencive,- remontant jusqu’au fond du sillon de décollement. Avec des ciseaux courbes, il sectionne les lambeaux latéraux le plus près possible de la limite du décollement. Le galvano-. cautère énergiquement promené sur les bords de la plaie fait le reste. La douleur est généralement supportable et peut d’ailleurs être supprimée grâce à la cocaïne. Il est clair que si un grand nombre de dents sont atteintes, on ne peut toutes les traiter en une séance; 1l est rare qu’en trois ou quatre séances se succédant dans une durée de 15 jours à 3 semai-

nes, l'opération ne soit pas complètement terminée (F h. de Richer). & | Telle est l’opération principale, mais elle a dû être précédée du nettoyage complet et minutieux des dents etde leurs alvéoles ; il faut enlever jusqu’à la dernière parcelle le tartre qui descend parfois très profondément sur la racine. | C’est ce grattage, ce raclage plus ou moins énergique,

portant non seulement sur la racine de la dent, mais sur les

parties malades ou nécrosées de l’alvéole, qui constitue le traitement de Rigg, presque universellement employé en Amérique, où lon fait suivre le grattage de l’application d'acide sulfurique aromatique sur toutes les parties accessibles de l’alvéole.

La suppression du clapier gingival a pour résultat de trans-.

former une plaie anfractueuse en une plaie plate facilemeny accessible désormais aux divers antiseptiques. Il faudra prescrire des lavages fréquents de la bouche avec les solutions de sublimé, thymol, acide phénique, etc. et toucher les parties malades des gencives et de lalvéole avec une solution plus concentrée (sublimé 3 ou 4 0/00). | Ce traitement chirurgical et antiseptique, pratiqué dans toute sa rigueur donne parfois des résultats inespérés, la suppuration disparait, la consolidation s'obtient rapidement.

mais 1l faut continuer à suivre l'hygiène buccale la plus sévère

si l’on veut éviter des retours offensifs à intervalles plus ou moins éloignés. D’après Galippe, il faudrait observer ses malades un an avant d’affirmerla guérison. Sile malade est diathésique, il faut, bien entendu, le soumettre à un traitement général approprié. | |

ET

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