‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 34 sur 60 · PRE RC TE SONT US · texte numérisé non relu

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—10— | | encore plus impropres (Mortification, Hunter É Gangrène, Thomas Bell, ete.). î | |

Nous n'avons pas la prétention de faire l'historique ‘des diverses théories au moyen desquelles on s’est efforcé d’expliquer la carie, ces théories n’ont plus aujourd’hui qu’un intérêt rétrospectif; nous nous contenterons de les mentionner en quelques lignes avant d’arriver à l’exposé de nos connaissances actuelles sur la nature De de cette affection. Les principales sont :

1° La théorie vitale (inflammation) à l'appui de laquelle les premiers observateurs (Hunter, Fox, Bell, etc.) invoquaient l'existence de la carte interne ; or il est bien démontré aujourd’hui que cette carie interne n'existe pas: De plus, la théorie vitale est réduite à néant par ce seul fait qu'un changement impossible à distinguer de la carie a lieu dans les dents naturelles et les blocs d'ivoire montés sur des pièces de prothèse.

2° La théorie chimique (Parmly, 1821, Regnard, 1828, Robertson (Birmingham), 1835). Magitot en fut le principal défenseur (1867). Elle fut à peu près universellement adoptée ; nous verrons d’ailleurs qu’elle contient une part de vérité, mais elle n’est qu'un des termes intermédiaires du problème, un des processus secondaires de la carie; Paction chimique décalcifiante est due elle-même aux propriétés vitales des agents spécifiques de la carie.

3° Certains auteurs avaient recours à une théorie mixte, théorie chimico-vitale. ; |

Citons pour mémoire la théorie électrique de Bridgeman (épiderme et derme respectivement positifs et négatifs), théorie de Spence Bate qui faisait intervenir l’acide carbonique ; et arrivons enfin à la théorie moderne : Théorie parasitaire ou théorie septique de la carie.

Depuis longtemps déjà on soupçonnait dans la production

de la carie l'intervention d'organismes buccaux. Ficinus, en

1847, l’attribuait à une putréfaction produite par les petits infusoires buccaux qu'il appelle denticola. Pour Klencke

(1850), la variété. molle était due à un parasite végétal, le Protococcus dentalis.

En 1868, Leber et Rottenstein firent du Leptothrix l'agent spécifique de la carie ; dès qu’une perte de substance a été effectuée dans l’émail, ce leptothrix pénétrerait dans les canalicules, les dilaterait et les acides entrant avec le parasite dans la dentine ramolliraient et détruiraient cette substance.

Malgré le progrès qu elle constituait et le commencement de démonstration qu'apportaient leurs auteurs, cette théorie fut peu goùtée, Schrott et quelques rares auteurs l’acceptèrent:

C'est seulement dans ces dernières années que denouvelles recherches à l’aide des méthodes sûres et précises de la bactériologie ont donné corps à cette doctrine et en ont pe “mis la démonstration scientifique.

- En 1881, dans une communication faite au Congrès international des sciences médicales de Londres, Underwood et Miles se basant principalement sur leurs nombreux examens de coupes de dents colorées avec les couleurs d’aniline, établirent

les propositions suivantes :

1° On trouve constamment des microcoques et des bactéries dans les canalicules des dents cariées (fait confirmé depuis par Koch, Miller, etc.).

2° Ces micro-organismes provoquent des fermentations donnant lieu à une formation acide excessive et c’est à cette source ce qu'il faut attribuer les principaux acides de la bouche.

3 Il est impossible dereproduirelacarie dans des conditions

aseptiques.

4° En conséquence, la carie est due aux acides formés par l’activité d'organismes enlevant les sels de chaux pendant que

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les substances organiques offrent un ‘aliment et un HHIMeM be

vorables aux germes eux-mêmes j

Depuis lors, ces notions ont été confirmées et complétées,

Miller, Galippe et Vignal ont isolé un certain nombre des

micro-organismes, agents de la carie et mis en lumière quels

ques-unes de leurs propriétés biologiques.

Miller a pu reproduire expérimentalement en dehors de la bouche des altérations qu’il considère comme identiques à la

‘carie, en ensemençant sur des coupes de dents, des cultures pures de ses microbes. Fi nr

En sorte que toute les conditions exigées pour la démonstra- FA

tion de la nature infectieuse de la carie se trouvent réalisées dès maintenant:

1e Présence constante de micro- organismes es le tissu malade. (fee :

2 Isolement et culture pure de ces micro-organismes.

3° Reproduction de la maladie par ces cultures pures.

Cela ne veut pas dire que tous les points obscurs soient élucidés, si la question capitale est résolue : ce qui dans le cas particulier, rend les recherches extrêmement difficiles, c’est

que la carie est un exemple de ces associations microbiennes que l’on rencontre si fréquemment depuis qu’on les recherche avec plus d’attention : c’est une affection essentiellement poly- | microbienne, il n'y à pas un parasite de la carie, mais des

parasites de la carie, parasites dont les propriétés biologiques

différent, dont la proportion relative est un peu variable, pro- bablement suivant la constitution même duterrain où ils évo- | luent, mais dont l’intervention soit simultanée soit successive aboutit en définitive à la production d’une lésion toujours sensiblement la même que nous appelons carie.

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I1.— Étiologie.

La carie est donc de nature microbienne; sa cause détermi-

nante, effective, c’est l’action de micro-organismes spécifiques

sh . . . . , mais comme dans toutes les maladiesinfectieuses, parasitaires,

le microbe n’est pas tout : pour qu’il se développe, illui faut un milieu de culture favorable approprié à ses besoins : cette question du terrain prend dans la carie une importance considérable. Nous ne nous y étendrons pas longuement, ce côté de

l’étiologie n'ayant aucunrapport directavee l’objet decetravail,

mais nous ne pouvons nous dispenser d'indiquer en passant les conditions prédisposantes qui influent d’une manière si notable sur le développement et la marche de l'affection.

À. Causes prédisposantes, — Elles peuvent être rangées en 3 groupes : |

1° Conditions générales de l’économie (rhumatisme, goutte, dyspepsie ; débilité générale, fatigues cérébrales, alimentation etassimilation insuffisantes de produits phosphatéset calciques, rachitisme, grossesse, etc.).

Ces conditions peuvent agir de deux façons :

a) En modifiant les sécrétions buccales qui deviennent favorables au développement des micro-organismes. - b) En faisant subir aux tissus de la dent une modification chimique. (diminution des sels calcaires) qui les rend plus vulnérables aux agents pathogènes. | ; .. M. Galippe a démontré, par des recherches très précises sur

la composition chimique, et la densité des dents, l'importance de cet élément dans la carie.

2° Défauts de structure dela dent.

a) Émail (formation imparfaite, dents en gâteaux de miel, fissures, attaques par agents chimiques (alun).

b)Ivoire (caleification défectueuse, excès d’espaces interglobulaires).

3 Conditions mécaniques : favorisant l’accumulation et le séjour des substances fermentescibles et des micro-organismes à la surface de l’émail. C’est uniquement grâce à ces conditions que l’émail peut se laisser entamer et donner lieu par sa destruction progressive au 1°" degré de la carie. : ie:

Il existe en effet dans toutes les bouches des points diflicilement accessibles à la brosse ou aux divers procédés de nettoyage, nous voulons parler des anfractuosités de la face triturante des molaires, des interstices interdentaires plus où moins serrés, etc.; la carie ne débute jamais sur des surfaces planes, polies, bien à découvert. Les agents pathogènes ne peuvent y séjourner assez longtemps pour en amener l’altéra-

tion et la’ destruction; à défaut des soins hygiéniques, ils

sont constamment balayés par la mastication, les boissons; les mouvements de la langue, ete.

Telles sont, en résumé, les causes adjuvantes de la carie ; il nous reste à exposer avec plus de détails ce que nous savons sur la cause déterminante, c’est-à-dire les micro-organismes spécifiques. (75

B. Cause déterminante. — La recherche du micro-organisme de la carie dentaire peut se faire de deux façons : 4° par l'examen de coupes de dents colorées ; 2° par la culture.

1° Coupes. — Quand on examine à un fort grossissement des coupes de dents cariées, colorées convenablement, outre

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