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Le rôle de la pulpe en effet, sa fonction, c’est de produire de la dentine, d’en produire tant qu’elle est vivante, et cela au point d'amener l’oblitération progressive des cavités qui la contiennent, sa propre atrophie (sénile) et sa mortification. Si done la couche d’odontoblastes qui revêt la pulpe est conservée, elle produira de la dentine, une fois protégée, quelle que soit la substance de coiffage, pourvu que cette substance n’ait pas pour résultat d’altérer ou de détruire les cellules odontoblastiques ; pour cette raison, les substances tant soit peu caustiques doivent être proscrites, l’oxychlorure de zinc par exemple, qu’on avait le tort autrefois de considérer comme. une substance excitante. Ô
Si la couche d’odontoblastes est détruite ou profondément altérée, la formation de dentine aux points lésés ne peut évidemment se faire. Cependant, même dans ce cas, il nous ‘est possible de concevoir un mode indirect de guérison dù à la suppléance des régions odontoblastiques voisines. Supposons en effet que la couche d’odontoblastes ait été détruite sur une certaine étendue de la pulpe dénudée ; quand cette zone malade viendra à se cicatriser, il peut très bien se former à sa place une cicatrice rétractile qui, peu à peu, en vertu des propriétés bien connues du tissu inodulaire en arrive à devenir linéaire ou punctiforme : les portions de la couche odontoblastique qui entourent la cicatrice, entrainées dans ce mouvement concentrique viendront prendre progressivement la place primitivement occupée par la région cicatricielle, en sorte qu’à un moment donné il existera partout sous la coiffe une couche d’odontoblastes, sauf au point de plus en plus étroit et négligeable occupé par la cicatrice. La couche de dentine pourrait donc se former comme dans le 1°" cas.
Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, le fait de la production de dentine secondaire sous un coiffage n’est pas niable, les
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preuves abondent et nous en avons nous-méme entre les mains un bel exemple que nous devons à l obligeance de M. le D' Ferrier.
Il s’agit d’une dent aurifiée par M. Préterreil y a vingt ans sous une coiffe formée par un fragment de cure-dent. Elle avait depuis admirablement rempli ses fonctions, quand tout récemment, sans Cause connue, elle fut atteinte de pulpite aiguë et extraite par M. Ferrier sur la demande expresse du patient. Nous avons pu constater qu'il s’est formé sous la coiffe absolument intacte une couche épaisse de dentine secondaire atteignant près de 2 millimètres.
Comment s’est faite la réinfection de cette dent ? Sont-ce les microbes autrefois enfermés dans la pulpe qui après un sommeil de 20 ans ont pu seréveilleret pulluler de nouveau ? Cette dernière hypothèse esten accord avec les idées de M. Galippe qui admet la progression extrêmement lente ou le sommeil des micro-organismes jusqu’au moment où rencontrant un milieu favorable ils prennent un développement subit se traduisant par des pulpites et des périostites.
Il nous reste à étudier maintenant les divers procédés de
coiffage. Pour recouvrir la pulpe, on a mis à contribution toutes les substances imaginables depuis le goudron jusqu’au cure-dents, il ne serait pas difficile d’en énumérer une cinquantaine et même davantage. Cela s’explique aisément car en présence des nombreux échecs du début, les opérateurs malheureux s’en prenaient à la substance de coiïlfage et au mode d'application ; plus tard ils accusèrent les conditions défavorables de la santé du sujet. Il s’en faut de beaucoup que la plupart de ces substances remplissent les conditions voulues.
Les procédés purementmécaniques employés au début, feuilles d’or, d’étain, de plomb, de platine, partie cornée des plumes, cure-dents), bois, corne, papier, etc.., donnèrent des résultats
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désastreux dont on ne peut s’étonner quand on songe que ces opérations étaient faites sans la moindre précaution antiseptique. |
Depuis on a employé le papier de soie, le taffetas d’Angleterre, la baudruche, le papier buvard soït en contact direct avec la pulpe après les avoir imbibés d’acide phénique, soit comme moyen d'application d’une pâte antiseptique.
Les procédés qu’on pourrait appeler chimiques, acide phénique pur, créosote, chlorure de zine, acide nitrique concentré (soit en application permanente sur la pulpe au moyen d’un papier imbibé laissé en place, soit en simple attouchement au moyen d’un tampon d’ouate), substances qui ont pour résultat de mortifier la partie superficielle de la pulpe, sont absolument à rejeter, malgré les succès rapportés par leurs partisans. Ils ne diffèrent pas comme action du cautère actuel.
Reste toute une série de compositions plus ou moins antiseptiques vantées dans ces dernières années et consistant pour la plupart en pâtes ou ciments renfermant soit de l’iodoforme, soit du sublimé, soit de l’acide phénique, ete.
Ces matières de coiffage sont évidemment les meilleures et toutes ont donné des succès.
L’iodoforme surtout entre dans la composition d’un grand nombre de ces préparations ; c’est d’ailleurs lors de l’introduction de cet antiseptique dans la thérapeutique chirurgicale que furent faites les premières tentatives de conservation des pulpes enflammées (Scheff, Skogsborg).
Chaque opérateur à pour ainsi dire sa formule et sa préparation préférées : pâte, ciment, collodion, papier iodoformé. Redard (de Genève) emploie une simple cape de coton iodoformé ; même variété dans les compositions au sublimé, à l'acide phénique.
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Un procédé très employé et fort simple consiste à fabriquer extemporanément une pâte de coïffage avec de l'oxyde de zinc et un antiseptique quelconque, créosote, acide phénique, essence de girofle, etc.
Par-dessus ces différentes substances, bon nombre de praticiens jugent nécessaire de placer une capsule métallique (platine) pour éviter la compression de la pulpe par la matière de coïffage et par la substance obturatrice. D’autres se contentent d'appliquer directement sur la substance de coiffage le ciment à l’oxychlorure ou la gutta-percha. Le point principal, c’est que la pulpe ne soit en contact qu'avec la matière protectrice et non irritante du coiffage. ;
L'obturation sera toujours provisoire (gutta-percha ou ciment) afin d’être prêt à intervenir à la moindre menace d'accident. Ce n’est qu'après une période d’épreuve prolongée qu'on pourra songer à l’obturation définitive (sauf bien entendu pour les cas du 1% groupe où la pulpe est saine et où lobturation définitive est faite à la première séance).
S’il survient de la pulpite avec ou sans périostite, la dévita- - lisation, le nettoyage de la chambre pulpaire et des canaux, etc., doivent être exécutés au plus vite pour limiter autant que possible les désordres infectieux.
Quant aux résultats précis du coiffage, à la proportion mathématique exacte de ses succès et insuccès, nous l'avons dit, ils sont impossibles à préciser, les statistiques rigoureuses faisant défaut ; mais il est bien certain queles insuccès du coiffage tel qu'il était pratiqué doivent être attribués en grande partie, non à la méthode, mais à la façon défectueuse dont elle était exécutée ; pour pouvoir Pappliquer il faut savoir manier l’antisepsie et ce n’était pas le cas des anciens praticiens ; leurs antiseptiques n'étaient que des caustiques ; leurs mains, leurs instruments, leurs substances de coiffage étaient
oin de présenter les conditions d’asepsie indispensables au
succès.
La conclusion bien nette qui se dégage des communications récentes faites à ce sujet, c’est :
1° Que le coiffage est possible;
2 Qu'il assure évidemment dans certains cas la vitalité permanente de la pulpe; ;
3° Que dans les cas où la pulpe meurt, sa mortification s'opère en général lentement, silencieusement, sans phénomènes douloureux, sans changement de coloration sensible de la dent;
4° Qu’avec les précautions ci-dessus, c’est-à-dire des tentatives de conservation peu prolongées et par conséquent l'élimination des pulpes trop profondément infectées et n’of-
frant pas de garanties de guérison suffisantes, les accidents
consécutifs sont relativement rares, qu'il est facile d’ailleurs
d'y remédier promptement, grâce à l’obturation provisoire. Si l’on ajoute à cela qu'il évite à l'opérateur comme au
patient le traitement si pénible des canaux indispensable
‘après la dévitalisation, on conviendra, pensons-nous, que ce
mode de traitement est des plus recommandables et que mis en œuvre avec prudence et discernement, il permet la conservation d’un grand nombre de dents dans des conditions bien meilleures que celles où elles se trouvent après la dévitali-
sation par l’arsenic.
Il. — DESTRUCTION DE LA PULPE
La destruction comme le coiffage a ses avantages et ses inconvénients, ses indications et contre-indications.
Ses avantages sont :
1° De supprimer la douleur sans retour ;
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2° De permettre la conservation de la dent ;
3° De donner des succès à peu près constants quand elle est bien exécutée.
Ses inconvénients :
1° C’est une opération désagréable pour le patient en raison de la douleur, très variable du reste, qui accompagne la cautérisation d’abord, l’extirpation de la pulpe ensuite.
2° Elle a le désavantage de supprimer la plus grande partie de la vitalité de la dent ; celle-ci quoique remplissant son rôle mécanique présente moins de résistance à de nouvelles caries (son coefficient de résistance diminue).
3 La destruction par l’arsenic entraîne un changement de couleur de la dent qui prend une teinte bleuâtre.
4° Elle nécessite l’extraction de la pulpe mortifiée. Autant celle de la grosse masse de la pulpe est facile, autant celle des prolongements radiculaires est difficile, souvent impossible dans les molaires et dans ce dernier cas, la dent reste exposée à toutes les complications infectieuses.
Ses indications peuvent être résumées en une seule :
Il ne faut détruire la pulpe que dans les cas où il est impossible de la conserver, par conséquent : 1° dans la pulpite aigué; 2° quand les tentatives de conservation n’ont pas abouti.
La destruction peut être ëmmédiate, mais comme elle est fort douloureuse, on l’emploie rarement (fracture de dent à racine unique, résection de couronne pour dent à pivot dents antérieures où il faut renoncer à l’arsenic à cause de la coloration bleuâtre qu’il leur communiquerait) : les procédés employés sont :
1° L’extirpation simple ; l’application de créosote ou d’acide phénique pur à plusieurs reprises permet de diminuer la douleur, on procède par couches ou par tranches successives en -m’enlevant chaque fois que la partie insensibilisée ou engourdie. Es : 20