‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 45 sur 60 · NUE ER RE PER SES CRE E · texte numérisé non relu

NUE ER RE PER SES CRE E

2° La cautérisation au galvano-cautère, à l’acide sulfurique cocaïné. |

3° On emploie quelquefois en Amérique pourla dévitalisation immédiate, le procédé du bois : un morceau de bois d'oranger dont l'extrémité a été trempée dans l’acide phénique est enfoncé dans le canal, un léger coup de maillet écrase la pulpe instantanément. Le procédé n’est applicable que pour des canaux d’un diamètre assez fort et bien en vue.

Le plus souvent, on a recours à la dévitalisation lente, par les procédés chimiques.

Nous ne faisons que citer le chlorure de zine, le nitrate d’argent, la potasse caustique; les composés arsenicaux sont en effet à peu près les seuls employés, acide arsénique et surtout acide arsénieux.

L’acide arsénieux a été appliqué pour la première fois sur la pulpe dentaire par un dentiste canadien, le D'J. R. Spooner, de Montréal, en 1836.

On s’est livré à des discussions à perte de vue sur le mode d'action de l’arsenic ; nous ne les entamerons pas, cette question n'ayant pas de rapport direct avec notre sujet, mais il est

un point particulier que nous ne pouvons passer sous silence

car il se relie étroitement aux processus infectieux qui font l’objet de cette étude, c’est la pathogénie de la périostite consécutive à l’application de l’arsenic. Là encore l’imagination

s’est donné carrière et les explications les plus fantaisistes ont

été émises.

Pour nous, la périostite est due à la pénétration dans l’alvéole des éléments infectieux renfermés dans la pulpe. Dès que la pulpe est dévitalisée par l’arsenic, les micro-organismes trouvant dans le tissu mortifié un terrain de culture beaucoup plus favorable à leur développement prolifèrent avec une extréme énergie, envahissent rapidement le canal pulpaire et si on

leur en laisse le temps, franchissent l’apex pour se répandre dans le ligament alvéolo-dentaire. L'arsenie agit dans ce cas comme le fait une injection sous-cutanée de sublimé ou d’acide phénique précédant ou suivant une inoculation microbienne.

On pourrait objecter à cette manière de voir les cas assez nombreux dans lesquels la pulpe mortifiée est laissée en place plusieurs jours ou plusieurs semaines avec ou sans l’arsenic qui a servi à la dévitaliser et quinéanmoins ne sont suivis d'aucun accident. Ces faits négatifs ne prouvent rien, puisque nous voyons non moins fréquemment des dents à pulpe mortifiée par les progrès dela carie rester plus ou moins longtemps sans désordres alvéolaires. C’est affaire de virulence de microbes, de résistance des tissus, etc... PRE

La conclusion qui se dégage de cette interprétation de la périostite post-arsenicale, c’est qu'il est indispensable de procéder à l’extirpation de l’eschare pulpaire, dès que la morlification est suflisante pour permettre de lPexécuter sans souffrance (de 4 à 24 heures) et qu'il est non moins indispen- --sable d'appliquer immédiatement le traitement antiseptique ; c’est une lutte de vitesse entre l'opérateur et les agents infectieux ; il importe donc de ne pas se laisser devancer et de pratiquer la désinfection jusqu’à l’apex avant que les parasites ne l’aient franchi.

Le procédé le plus simple d'application de l’arsenic consiste à se servir d’une très petite boulette d’ouate qu'on imbibe d'acide phénique et qui fixe quelques milligrammes d’acide arsénieux : on l’applique sur la pulpe largement dénudée.

Le nettoyage rigoureux de la cavité doit précéder l'application de l’arsenic, les parois doivent être fraisées, lavées, la pulpe largement mise à nu et débarrassée de tout livoire malade qui l'entoure (autant du moins que le permettent la patience et le courage du sujet) et sa surface soigneusement

; ve

désinfectée. Recouvrir de gutta-percha pour éviter le fusage. On a fait bien des tentatives pour diminuer la douleur des applications arsenicales ; tous les anesthésiques ont été utilisés dans ce but; la créosote, la morphine, l'acide phénique sont absolument inefficaces ; l’atropine, l’ésérine, la cocaïne

plus récemment préconisées (associées à l'acide arsénique,

Dubois) donneraient de meilleurs résultats.

En dehors des susceptibilités individuelles qui jouent le principal rôle dans lintensité plus ou moins grande de la douleur, deux causes paraissent surtout capables de la produire :

1° Une trop grande étroitesse de l’orifice de dénudation ; sous l’action de l’arsenic la pulpe se congestionne, augmente de volume et s’étrangle dans sa cavité devenue Hop petite ; d’où des douleurs excessives.

2° La compression exercée par le pansement.

En éliminant ces deux causes par une large dénudation de la pulpe et un pansement non serré, l’arsenic dans la plupart des cas ne produit que des souffrances très supportables, parfois nulles.

Si la première application ne suffit pas pour mortifier : pulpe, on en fera une seconde avec les mêmes précautions.

La dent une fois dévitalisée rentre dans la catégorie des caries du 4° dégré. On trouvera plus loin la suite du traitement qu'il convient de lui appliquer.

D. Traitement des caries du 4° degré. — Caries avec pulpe morte : leur gravité varie naturellement suivant la profondeur de l'infection, suivant qu’il s’agit d’une dent dont la pulpe vient d'être dévitalisée ou d'une autre qui ne possède plus que des débris gangreneux infects ; dans ce dernier cas, les phénomènes infectieux ont le de souvent dépassé la dent pour

envahir l’alvéole. Nous ne traiterons pour le moment que des caries non compliquées de périostite et d’abcès alvéolaire.

Le traitement comprend :

1° L’extraction de la pulpe ou de ses débris.

2° L'antisepsie de la chambre pue et des canaux radiculaires.

3° L’obturation lon canaux radiculaires.

4° L'obturation de la chambre pulpaire et de la cavité de la carie.

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