‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 48 sur 60 · A APRES · texte numérisé non relu

A APRES

sepsie aussi parfaite que possible de la chambre pulpaire et

® des canaux : il ne sera permis de faire l’obturation que lorsqu’on jugera la désinfection suffisante pour rendre impossible

l'apparition d'accidents ultérieurs.

S'il s’agit d’une dent dont la pulpe, malade depuis peu de

temps, vient d'être dévitalisée par l’arsenic, l'infection n’est

généralement pas très profonde et, après avoir nettoyé la chambre pulpaire et ses prolongements, bon nombre de praticiens n'hésitent pas à faire une obturation immédiate définitive. Les succès obtenus sont fréquents mais non constants : après ce que nous avons dit de l’envahissement des canalicules de l’ivoire par les parasites, les échecs n’ont pas besoin d'explication ; on ne saurait avoir la prétention justifiée d'opérer en une séance la désinfection complète d’une dent cariée et dépourvue de sa pulpe, et la confiance dans la perfection de l'opération est trop souvent mise en défaut par les accidents ultérieurs : la prudence la plus élémentaire commande done, méme dans les cas les plus favorables, de ne pas se contenter d’un simple lavage des cavités pulpaires et de poursuivre plus à fond la désinfection de la dent.

Deux moyens s'offrent à nous pour réaliser l’antisepsie des cavités pulpaires :

1° L'emploi des procédés mécaniques ;

2° L'application des antiseptiques.

Les premiers concourent à l’antisepsie en enlevant la plus

grande partie des tissus infectés ; ils consistent à fraiser profondément les parois de la chambre pulpaire et de la cavité de la carie par les procédés habituels, mais faut- il étendre ce nettoyage aux canaux ?

Il convient ici de discuter ce procédé du forage des racines, très vanté par un certain nombre d'opérateurs.

Pour ses partisans, il aurait les avantages suivants :

Eos

1° D’enlever tous les débris pulpaires, tout le contenu infecté

des canaux.

2° De permettre l'application plus parfaite des substances antiseptiques ;

3° De faciliter beaucoup l'obturation complète des canaux. Nous réservons ce dernier point dont nous discuterons plus loin l’opportunité. Les deux premiers avantages sont certainement précieux, mais malheureusement le forage offre des dangers tels que la plupart hésitent à s’en servir.

I est très difficile en effet de suivre exactement le canal pour peu qu’il soit tortueux, même avec les forets les plus flexibles, et l’on est constamment placé entre les deux alternatives suivantes : ou la rupture du foret dans le canal ou la perforation

dela racine. Les forets flexibles se rompent aisément, les forets

rigides ne cassent pas, mais à moins d’un canal parfaitement rectiligne pénètrent avec la plus grande facilité dans l’alvéole. Un autre danger, c’est le refoulement des éléments infectieux par le foret au delà de l’apex.

Il faut donc, pour éviter tous ces écueils, prendre les plus minutieuses précautions : commencer par introduire jusqu’à l'extrémité du canal un Donaldson afin d’avoir une idée nette de la direction de la racine ; si le canal est rectiligne, il ny a, pour ainsi dire, qu'à laisser aller linstrument, c’est là le secret du succès, mais il faut retirer continuellement le foret pour enlever tous les débris et l'empêcher ainsi de se fixer et par conséquent de se briser ; laver fréquemment pour éloigner les bavures que l'instrument a tendance à repousser vers l’apex: pour opérer plus sûrement, sonder de temps en temps : toute force doit être évitée.

En arrivant vers le sommet de la racine, redoubler de prudence pour ne pas franchir P apex et entraîner dans l’alvéole les poussières septiques : il vaut mieux rester notablement

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