‹ De L’Antisepsie Appliquée au traitement des affections parasitaires de la bouche et des dentsChapitre 50 sur 60 · LM · texte numérisé non relu

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dans le cas. qui nous occupe, ce sont les huiles nie Un assez petit nombre ont été jusqu’à présent utilisées dans

la pratique, l'essence de girofle, Peugénol, l'essence d’euca-

lyptus, leucalyptol, le thymol, ete, soit seules, soit associées entre elles, soit additionnées d’iodoforme. On se servira de l’ouate comme véhicule du médicament, une fine mèche pour les canalicules (portée à l’aide de la sonde de Donaldson), un petit tampon pour la chambre pulpaire ; le pansement sera recouvert d’une oeclusion hermétique à la gutta-percha, dans

le double but de mettre obstacle à l'infection par salive, et d’é-

viter absolument au sujet la perception de l'odeur ou de la saveur du médicament employé. | |

On a proposé un moyen beaucoup plus énergique que les précédents, moyen qui permettrait de réaliser instantanément la désinfection complète de la dent : c’est emploi de la chaleur sous deux formes différentes : 1° air surchauffé injecté dans la dent ; 2° fil rougi du galvano-cautère introduit dans la chambre pulpaire et les canaux. Le

Nous avons déjà exposé notre opinion au sujet de ces procédés : le dernier a l'inconvénient de créer une eschare sans qu’on puisse savoir si tous les éléments infectieux ont été détruits, et si cette eschare ne fournira pas un milieu de culture favorable par les parasites qui ont pu

L'action de l'air chaud est encore plus incertaine : on ne

échapper.

peut savoir ni jusqu'où il pénètre, ni à quelle température : il est absolument impossible de compter sur ce moyen pour l’antisepsie des canaux. SR C’est donc en définitive aux médicaments diffusibles, qu’il faut avoir recours.

Au bout de deux ou Has jours, on enlèvera la gutta-percha pour examiner l'état du pansement.

Pour qu'on puisse considérer eliniquement la désinfection comme accomplie, il faut :

1° Que la mèche extraite présente l’odeur normale du médicament dont elle est chargée (pas d'odeur de putréfaction ni de gangrène) ; YA Qudn'y ait plus de suintement par le canal, que la mèche soit restée sèche ;

3 Qu'il n'y ait pas de sensibilité au contact de la sonde ;

4° Qu'il n’y ait aucun retentissement du côté du périoste, Si l’on obture sans que ces conditions soient rigoureusement remplies on s'expose à voir éclater tôt ou tard des accidents alvéolaires.

Ce résultat doit être obtenu ÉNment. en quelques séances — une ou deux dans les cas simples — trois où quatre quand l'infection est plus profonde. Si quelques pansements bien faits n’ont pas réussi, des pansement prolongés ne réussiront pas davantage : c’est que les éléments infectieux sont. ou trop abondants ou inaccessibles ou entretenus par la présence d’un corps étranger (débris de tire-nerfs, de sonde, etc.) ou qu'ils ont causé des lésions anatomiques trop profondes (nécrose du sommet de la racine). |

Une fois la désinfection obtenue, il ne reste plus qu’à faire lobturation de la dent présumée guérie.

* Cette obturation des dents sans pulpe comprend : 4° l’obturation des canaux ; 2° l’obturation de la chambre pulpaire ; : 3° l’obturation de la cavité de la carie.

La première, c’est-à-dire l’obturation des canaux a été l’objet de discussions sans nombre.

III. — OBTURATION DES CANAUX RADIGULAIRES Elle est de date relativement récente, les premières observations sérieuses ne remontent guère qu'à 1840-1850 Fe | 2

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(D' Dunning) : mais bien avant cela en 1797 on poussait déjà dans les canaux des tiges d’or ou de platine.

Repoussée complètement par les uns, elle est pratiquée par un très grand nombre d'opérateurs avec les soins les plus minutieux et considérée par eux comme le seul moyen d'éviter les accidents du côté de l’alvéole. Nous ne reproduirons pas leurs arguments qui, pour la plupart, n’ont pas une grande valeur scientifique ; en revanche le principal.argument de leurs adversaires est des plus sérieux : c’est la difficulté parfois excessive de l'opération ; si en effet le sondage et le forage des canaux présentent de graves obstacles, ces obstacles sont plus grands encore quand il s’agit de l’obturation. On peut mettre en fait qu'il est impossible sur une dent en place de faire une obturation complète des canaux pour peu qu'ils soient étroits ou irréguliers. 9 fois sur 10, on trouverait certainement en ouvrant la dent de larges sections privées de matière obturatrice. |

On s’est servi pour l’obturation des canaux de substances presque aussi variées que pour le coiffage : |

1° Matières métalliques (les premières employées), or, étain, plomb, amalgame ; ©

2° Substances mixtes, fils d’or entourés d’une substance plastique (ciment, gutta-percha).

3 Substances plastiques, oxychlorures, oxyphosphates, pyrophosphates, gomme laque en solution épaisse, plâtre, gutta-percha.

Enfin dans ces dernières années, on a préconisé une série de pâtes antiseptiques, pâtes iodoformées, cosmoline phéni= quée, ete., qui constituent un réel progrès sur l’obturation purement mécanique, d’abord en raison de ladjonction de substances antiseptiques, ensuite parce qu’elles constituent une Obturation amovible, ce qui est de première importance

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pour le traitement des accidents et complications toujours possibles ; nous avons déjà insisté à plusieurs reprises sur Ces accidents qui éclatent malheureusement trop souvent quelques jours, quelques mois où même plusieurs années après une obturation présentant toutes les garanties de succès : en présence de cette incertitude des résultats, il faut donc toujours rendre possible une intervention ultérieure ; or, quand les ‘canaux ont été remplis avec des substances inamovibles, métaux ou ciments, ce n'est qu'au prix des plus grands efforts pour l'opérateur, des douleurs les plus pénibles pour le patient, qu’on réussit à les désobturer. | Il faut nous reporter pour la conduite à tenir à l'égard des : canaux à ce que nous avons dit sur la marche des parasites infectieux : nous savons que l'infection de l’alvéole se fait pour ainsi dire toujours par l’apex, région éminemment favorable, en raison de sa structure anatomique, au développement des infections secondaires ; si donc nous étions sûrs de pouvoir pratiquer une occlusion hermétique du canal à Papex avec une substance adhérant intimement à ses parois telle que la gutta-percha ou mieux encore l’oxychlorure dezinc, il semble - que nous ne devrions pas hésiter puisque nous nous mettrions ainsi à abri de l'infection alvéolaire. :

Rien n’est moins certain cependant ; si le canal radiculaire est infecté, rien ne nous prouve que. quelques micro-organismes n’ont pas déjà pénétré au delà de l’apex, organismes qui, s'ils rencontrent des conditions favorables, envahiront peu à peu tout le ligament alvéolo-dentaire. Dans ce cas, non seulement l’obturation ne sera pas utile, car elle n’empéchera pas le développement des microbes, mais elle sera fort nuisible, en créant des difficultés à l’opérateur lorsqu'il cherchera à désobturer le canal pour livrer passage aux produits inflammatoires de l’alvéole.

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