PA | PS
» CE , , ta Ü - s 1° Ferméntation de l'acide lactique. — Elle peut se produire sous l'influence de nombreux micro-organismes diffé-
rents. Quelques-uns des parasites de la carie isolés par Ga-
lippe et Vignal donnent naissance à de l’acide lactique comme nous le verrons. L'agent principal de la fermentation lactique parait être le bacille de Hueppe, bacillus acidi lactici : il n’est pas établi qu'il se trouve constamment dans la bouche, mais Miller a isolé plusieurs fois! un 1 bacille qui lui ressemble de tous points.
2° Fermentation de la mannite. — Elle est produite par un petit micrococeus (micrococcus viscosus) ; les liquides soumis à la fermentation deviennent épais et peuvent se tirer en fil.
Une fermentation semblable a été observée par Blake sous l'action de différents microbes buccaux dans des solutions sucrées: Un coccus apparaissant en chaïnettes dans lextrait de viande contenant 2 0/0 de sucre, gélatinisa le liquide en 24 heures si bien qu’on pouvait renverser le bocal.
Cette fermentation, d’après Blake, est la cause de l’enduit saburral qui se dépose sur la langue et les dents, particulièrement chez les fiévreux.
3° Fermentation de la dextrine. — Elle a pour agent un micrococcus, le leuconostoc mesenteroïdes.
4° Fermentation de l'acide butyrique. — 1] est très probable que plusieurs bacilles amènent cette fermentation, ils paraissent en grande partie anaérobies, On l’attribuait autrefois à un seul micro-organisme, le bacillus butyricus Praszmowski (clostridium butyricum, vibrion butyrique de Pasteur).
On peut considérer l'acide butyrique dans les fermentations buccales comme un prod auxiliaire de la fermentation de Pacide lactique.
Pour résumer ce qui a trait à ces microbes non pathogènes,
pe 3
nous dirons qu’ils jouent un rôle des plus importants dans la digestion et par conséquent dans la nutrition. Il y a longtemps que Pasteur a dit que la digestion était impossible sans microbes ; les observations récentes viennent confirmer son opinion. F: | Mais il est un autre fait sur lequel il convient d’insister en raison de son importance dans le premier stade de la carie, c'est l’existence dés fermentations acides microbiennes dans la bouche : dans les conditions normales, la salive alcaline neutralise les produits acides des micro-organismes, mais dans les états pathologiques (dans la fièvre typhoïde par exemple), où la sécrétion salivaire est diminuée, et même le matin à Pétat sain, avant que la salive n’ait coulé un peu abondamment, le papier de tournesol appliqué directement sur l’enduit buccal ou dentaire accuse une réaction acide plus ou moins franche (Rappin). REA st On comprend que dans les interstices dentaires serrés, dans les sillons profonds de la face triturante des molaires, ete., où la salive ne peut pénétrer que difficilement quand-ces espaces étroits sont comblés par des détritus alimentaires, la fermentation acide se produisant à l’état continu amène progressivement l’usure, la fonte de l’émail et mettant à découvert la dentine, permette aux microbes spécifiques de la carie de pénétrer dans les canalicules.
Microbes pathogènes.
Il n'existe, dit Netter, aucun foyer intrinsèque de la même importance que la bouche et par la qualité des microbes qu'il renferme et par la situation qu’il leur fournit : placée en effet au point d’entre-croisement des voies les plus fréquentées, la
EVE | as
bouche est en communication par le larynx, la trachée, les bronches avec les poumons ; par l’œsophage elle a accès au tube digestif, aux viscères abdominaux ; par la trompe d’Eustache elle se continue avec loreille moyenne et de l'oreille moyenne ses parasites peuvent arriver jusqu'au cerveau, ils y parviennent aussi quelquefois par une autre voie, en suivant les fosses nasales et la lame criblée de l’ethmoïde.
Aussi la bouche est-elle le point de départ de la plupart des infections qui envahissent les organes en communication directe ou indirecte avec elle.
Il y a longtemps que l’action pathogène de la salive est
connue ; on sait aussi quelle est la gravité des blessures fai-
tes avec un instrument ayant servi dans une bouche malpropre (Miller) ou venant de nettoyer une dent cariée ; ces blessures sont suivies de lymphangite, de phlegmon grave, parfois de pyohémie ou de septicémie. , La première démonstration expérimentale de action pathogène de la salive fut faite par Pasteur en 1881, le microbe de la septicémie salivaire ainsi isolé n’était autre que le pneumocoque. | Les travaux multipliés qui ont été entrepris depuis cette époque dans la même direction, ont démontré que presque tous les microbes de la pathologie humaine séjournent ou peuvent séjourner dans la bouche, que la carie, le tartre, les calculs salivaires, la pyorrhée alvéolaire, les angines, les amygdalites, les stomatites, les otites, la diphtérie, l’érysipèle de la face ont pour origine les micro-organismes habitant la cavité buccale, que ces mêmes micro-organismes peuvent envahir des organes plus éloignés, donner lieu à des pneumonies, des gangrènes pulmonaires, des méningites et même produire lintoxication généralisée.
.… Il importe donc au plus haut point de connaitre ces micro-
LL ape organismes afin de pouvoir lutter efficacement contre eux.
On peut les diviser en deux classés:
1° Ceux qui agissent localement sur la muqueuse bucco-pharyngienne ou sur lappareil dentaire (stomatites, carie, gingivite arthro-dentaire infectieuse, gangrène de la bouche, etc.).
2° Ceux qui agissent à distance (pneumonie, etc.).
Nous retrouverons les premiers à propos de chacune des affections qu’ils déterminent ; les autres intéressent pie particulièrement la pathologie générale.
Ces microbes si dangereux peuvent vivre fort longtemps, presque indéfiniment, dans la cavité buccale sans manifester leur présence ; ils restent inactifs, inoffensifs, latents, jusqu'à ce qu'une occasion favorable leur permette de pulluler et de déployer toute leur virulence (microbisme latent de Verneuil).
Nous ne parlerons pas de ceux d’entre eux qui sont purement accidentels, comme le bacille de la tuberculose et celui de la diphtérie ; le premier ne se rencontre guère que lorsqu'il existe une ulcération tuberculeuse d’un point quelconque de la
muqueuse buccale ; le second persiste parfois dans la cavité bucco-pharyngée longtemps après une attaque de diphtérie : il a même été rencontré chez des sujets sains, soit identique en tous points au bacille de Klebs, soit en différant par quelques caractères (pseudo-bacille diphtéritique) : mais les microorganismes dont l’étude est la plus importante au point de vue de la détermination des maladies ailleurs que dans la DoUPRS et le pharynx sont :
Le Pneumocoque ;
Le Streplocoque pyogène ;
Le Bacille encapsulé de Friedländer ;
Le Staphylocoque pyogène. |
Le pneumocoque existe à l’état normal chez 1/5 de 5 sujets
wayant jamais eu de pneumonie (Netter). S'il y a eu une pneumonie antérieure remontant même à dix ans et plus, sa fréquence s'élève à 80 0/0.
Le streptocoque se rencontre 5,5 fois 0/0 dans la bouche de sujets sains, le pneumo-bacille de Friedländer 4,5 0/0 ( (il ressemble, dit Netter, au bacillus crassus sputigenus rencontré par Kreïbohm dans l’enduit buccale) ; le staphylocoque se trouve dans presque tous les cas (Miller, Vignal, Biondi).
Netter fait observer de plus que ces chiffres sont inférieurs à la réalité, car la virulence et le nombre des microbes varient suivant les ; jours chez le même sujet : on obtient avec la même salive des résultats positifs à certains moments, négatifs à d’autres. Der
Tous ces micro-organismessont dangereux au premierchef.
Le preumocoque est l'agent exclusif de la pneumonie franche (Fraenkel, Netter, Gamaléia), mais il est en outre l’origine
de nombreuses maladies. Dans la statistique des cas observés par Netter, on trouve comme étant dues au pneumocoque : broncho-pneumonies, 32 0/0 ; pleurésies purulentes, 350/0 ; endocardites, 38 0/0 ; péricardites, 42 0/0 ; otites, 420/0 ; méningites suppurées, 64 0/0, ete.
Le streptocoque n’est pas moins dangereux et ne donne pas naissance à un moins grand nombre de maladies, c’est lui qu’on trouve le plus souvent dans les suppurations viscérales, arthrites purulentes, pyohémie, septicémie sans suppuration : c'est lui qui produit l’érysipèle.
Il figure comme cause (Netter), dans les broncho-pneumonies, 49 0/0 ; pléurésies purulentes, 50 0/0 ; méningites, 16 0/0 ; endoeardites ulcéreuses, 32 0/0 ; adénites cervicales aiguës, 100 0/0; arthrites suppurées, 100 0/0.
Le pneumo-bacille n’a rien à voir avec la pneumonie, mais Netter l’a trouvé dans des broncho-pneumonies, des otites
Loue
moyennes, des endocardites ulcéreuses, 1 fois dans une pleurésie purulente, 1 fois dans une méningite cérébro-spinale.
Donc les microbes existant dans la bouche sont capables de donner naissance à de nombreuses maladies qui ont le plus souvent pour siège desorganes en rapport avec la cavité buecopharyngée, c’est dans la bouche que ces maladies puisent leur agents pathogènes.
Dans la pneumonie et la broncho-pneumonie les microbes vont directement dans les bronchioles et les alvéoles pulmonaires ; les pleurésies sont causées généralement par propagation à la plèvre de l’inflammation du parenchyme pulmonaire sous-jacent ; les otites sont dues à l'invasion des microbes par la trompe d’Eustache : ce qui le démontre, c’est la bilatéralité des lésions et leur très grande fréquence chez les enfants dont les trompes, à cause du décubitus dorsal habituel, pré-
sentent une direction facilitant leur envahissement ; cette otite.
est probablement la cause de beaucoup de ménimgites de {l’enfance. é
Les rapports de la bouche avec les sinus aériens, les fosses nasales {lame criblée de l’ethmoïde) a la possibilité de méningites par une autre voie.
La cavité abdominale paraît plus à NS des bactéries buccales. Il est probable que le suc gastrique normal détruit les streptocoques et les pneumocoques apportés par la salive.
1° Maintenant comment ces microbes pathogènes arrivent-ils dans la bouche, pourquoi s’y arrêtent-ils et continuent-ils à s’y développer ?
La situation, les fonctions de la bouche nous rendent compte de leur introduction : les conditions du milieu; la tempéras ture, etc., leur permettent d'y vivre.
Aussi, après une pneumonie, le pneumocoque y reste-t-il indéfiniment, 4 fois sur 5 ; le streptocoque fait de même après
ve Ho
AT Ge
la guérison de l’érysipèle ; toutes les. deux sont maladies sujettes à récidives ; le microbe de l’érysipèle habiterait habituellement la cavité nasale, il serait nasicole pour Verneuil. Quand ils existent surlessujets sains, ces microbes proviennent de personnes malades ou guéries. Les sujets guérissont à craindre autant que les malades puisqu'ils conservent leurs microbes actifs dans la bouche.
. Cette persistance des parasites dans la bouche explique la contagion à long intervalle et 'hérédité pneumonique.
2° Mais pourquoi y a-t-il absence d'accidents malgré leur séjour indéfini ? Comment expliquer l'immunité habituelle ? Plusieurs causes y contribuent : 1° l'acidité du suc gastrique qui détruitles microbes et préserve le tube digestif ; 2°la direction des sinus, des trompes qui chez l’adulte n’est pas favorable à leur progression ; 3° les cils vibratiles de l’épithélium
bronchique ; 4° l'intégrité des muqueuses ; il se fait, à l'état
normal, à la surface de toutes les muqueuses une diapédèse physiologique qui a pour résultat d’opposer aux microbes envahisseurs une barrière de phagocytes qui les détruisent et empéchent l’altération des tissus (Bouchard) : vient-elle à disparaitre non seulement celle des voies aériennes, maiscelle de la bou-
- che, du pharynx, le microbe peut alors agir (expérience de
Gamaléia, injection de pneumocoque dans la trachée restant négative tant que la muqueuse est normale, mais provoquant immédiatement une pneumonie si l’on a soin de léser d’abord la muqueuse par une injection de tartre stibié). C’est ainsi que certaines maladies (scarlatine, rougeole, diphtérie) en déter-
minant des lésions du côté de la cavité pharyngienne ou des
voies aériennes peuvent être l’occasion du développement d'infections secondaires. ÿ
8° Quelles sont les circonstances adjuvantes qui permettent aux microbes de donner naissance aux maladies ?