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reux dans la fosse iliaque. Le malade a le plus grand dégoût pour les aliments et sans cesse fait des efforts pour vomir jusqu’à ce qu'il y parvienne.
Les vomissements sont un phénomène constant qui ne manque même pas dans les formes locales. Comme dans l’occlusion intestinale, ils sont d’abord alimentaires, puis bilieux et en dernier lieu fécaloïdes, mais il faut bien dire que ce dernier caractère est assez souvent absent, Cependant il est curieux de voir comment l’appendicite herniaire, sans qu'il intervienne une occlusion mécanique de lintestin, peut produire ces vomissements fécaloïdes. Dans les cas où les vomissements ont été observés, en effet, lappendice était souvent seul hernié et dans les autres cas l'intestin ne présentait aucun degré d’étranglement ; il faut donc expliquer ce phénomène par un pur réflexe sympathique producteur d’énergiques mouvements antipéristaltiques, réflexe analogue à celui qui doit se produire dansle pincement latéral de l'intestin. D’ailleurs, sans lésions intestinales, on rencontre parfoie de pareils vomissements chezles hystériques et même chez des sujets en crise de colique hépatique. Cette hypothèse est encore juslifiée par ce fait surprenant que l’occlusion vraie, l’occlusian expérimentale peut se produire sans vomissements ; c'est en effet ce qu’a prouvé la remarquable expérience de Ristein qui provoqua sur le chien l’occlusion de Pintestin par suture et vit mourir cet animal lentement d'inanition sans aucun phénomène d’iléus.
La suppression des qarde-robes et des gaz est un phénomène bien moins constant que les vomissements. Pré-
tendre, comme on l’a fait que dans l’appendicite herniaire,
LARGE le passage des matières et des gaz ou au moins des gaz est la règle absolue, c’est se permettre une évidente exagération. Que les gaz passent presque toujours, nous l’accordons, mais dans plus de la moitié des cas, il y avait arrêt complet des matières, dans quelques cas ‘aussi il y avait arrêt absolu des matières et des gaz. Cependant, par contre, on a vu des malades ne présentant aucun retentissement intestinal.
Dans l’appendicite herniaire, le tableau complet de l’occlusion intestinale n’est donc pas la règle, ce symptôme négatif est le seul qui imprime à cette affection un aspect quelque peu différent de celui ce l’étranglement herniaire.
L'état général du malade va généralement de pair avec la suppuration et les vomissements. Son faciès est celui que l’on décrit habituellement sous le nom de faciès péritonéal : traits tirés, visage pâle souvent couvert d’une sueur froide et visqueuse, yeux excavés, nez pincé, lèvres décolorées.
Le pouls est petit, dépressible, filiforme, rapide.
La respiration le plus souvent est anxieuse, par réflexe et septicémie,
L’excrétion urinaire est pénible, peu abondante, parfois même, à un momeut avancé de l’affection, elle ne se fait plus.
Enfin la température qui dès le début s'était élevée à 39°-40° avec légères rémissions matinales, RE dans la suite, des rémissions plus grandes, des oscillations qui permettent d'affirmer qu’elle traduit une suppuration.
Evolution, -- Dans un pareil état, le malade subit un
sort différent suivant qu’il est opéré ou abandonné à sa maladie. |
. Opéré, s'il l’est à temps, il a de nombreuses chances de s’en ürer. M. Auguste Pollosson estime que lopération dans l’appendicite heruiaire donne à peu près autant de chances de guérison que dans l’entérocèle étranglée.
Non opéré il ne doit guère compter sur une issue favorable qui cependant quelquefois se produit et alors par ouverture de l’abcès herniaire à l’extérieur, c’est 1à une sorte de grâce d’état poar l’appendicite herniaire que le pus n’ait que peu de tissus à nécroser avant d'atteindre le dehors. La quérison s'obtient ainsi, mais au prix de fistules qui jamais n’en finissent et nécessitent tôL ou tardune intervention.
Mais dans la majorité des cas, il ne faut pas compter sur pareille fortune ; trop de complications quettent le malade pour qu’il échappe. La septicémie le plonge bien souvent dans un collapsus dont il ne sort plus. L’infection purulente va faire de son organisme un vaste foyer de suppuration où les viscères prendront largement leur part et, selon les occasions, on verra éclater une pneumonie, une pleurésie purulente, un abcès du foie, une endocardite infectieuse, etc., toutes complications qui menacent même le sujet opéré tard et celui dont l’abcès - sacculaire à pu s’ouvrir à l’extérieur. Et nous avons conservé pour la fin, la plus fréquente des complications de l’appendicite heruiaire et quine pardonne jamais : la Pérr-
tonite généralisée.
Il. — PRONOSTIC
Nous pouvons donc conclure, sans aucune exagération, que l’appendicite herniaire a beaucoup plus de raisons d’être mortelle que l’appendicite abdominale, par le fait même de son siège, ce qui maintenant, après tout ce que nous avons dit à ce sujet, ne saurait plus paraître para doxal. En effet, à part les rares cas où le siège extra-sacculaire de l’appendice à limité la suppuration en dehors du sac, et ceux où la poche purulente intra-sacculaire s’est écoulée au-dehors par formation d’une fistule providentielle, toutes les appendicites herniaires et non opérées ont entraîné la mort des sujets qui en étaient atteints et nous pouvons aussi ajouter que quelques-uns opérés un peu tard ont eu le même sort et que même les cas à fistules auraient bien pu quelquefois être funestes si lincision ultérieure de l’abcès n’avait prévenu toute éventualité. à
L’appendicite herniaire est donc d’une gravité qui approche de très près celle de l’entérocèle étranglée, l’indication opératoire sera donc tout aussi indiscutable, cela console de limpossibilité de différenciation clinique entre
les deux affections.