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plus réduit doit être voisin de celui de la molécule. Ces granulations évoluent dans les cellules en granulations plus grosses, mais on peut les faire apparaître arüficiellement par hydratation là où elles étaient un instant auparavant invisibles : elles se multiplient par segmentation et peuvent affecter des formes diverses, leur consistance est demi-fluide. Ce sont ces microéléments dont l'agglomération forme ce qu’on appelle le protoplasme, matière vivante ou bioprotéon. Cette dernière se présente donc en définitive sous la forme d'un colloïde, d'un hydrogèle extrêmement instable et que R. Dubois appelle biohydrogèle.
Tous les travaux physiologiques qui s’opèrent au sein des cellules et assurent leur fonctionnement normal, ou même anormal, sont dus à l’activité de ces particules, qui n’ont pas toutes la même fonction. Elles sont la partie agissante de ces singuliers colloïdes actifs auxquels on a donné le nom de ferments solubles {à tort, car ils ne peuvent former que des sols et non des solutions), de diastases, de zymases, qui, comme tous les corps à l’état colloïdal, sont constilués fondamentalement par des granulations entourées à l’état actif d’une atmosphère intergranulaire aqueuse et d'eau d'adsorplion, indépendamment de l’eau d'absorption qu'elles fixent dans leur intérieur. Dans la plupart des cas, on ne constate aucune structure de ces granulations, mais 1l n’en est pas toujours ainsi, et R. Dubois a montré que certaines zymases peuvent en présenter une et se distinguer, en outre, par leur forme spécifique : c’est à ces granulations zymasiques que R. Dubois a donné le nom de macrozymases par rapport aux plus petites ou microzymases. La luciférase où zymase oxydante photogène des organismes lumineux et la purpurase qui produit la pourpre, sont des types de macrozymases!.
1 V. Recherches sur la pourpre et quelques autres pigments animaux (Arch. Zool. exp. el gén., 5° série, Il, 1909, p. 503), et : les Vacuolides de la purpurase et la théorie vacuolidaire {C. R. de l'Ac. des Sc., t. 153, p. 1507
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La purpurase affecte ordinairement la forme d’un rein ou d’un haricot, tandis que les granulations de luciférase sont plutôt ovoïdes. Mais ce qu'il y a de très remarquable et de particulièrement évident dans les grains de purpurase, c’est qu'ils ne sont pas homogènes quand ils sont gonflés par l’eau, c’est-à-dire en état d'activité. Ils sont manifestement formés d’une substance centrale remplissant une vacuole entourée par une couche externe d’une autre substance de consistance et de propriété différentes. C'est, en définitive, ce que R. Dubois avait autrefois décrit sous le nom de vacuolides comme éléments ultimes de la substance vivante.
Les Allemands ont substitué aux vacuolides leurs mitochondries, et 1l s’est malheureusement rencontré beaucoup de savants français pour favoriser la germanisation des vacuolides de R. Dubois.
Il n'est pas surprenant que les zymases aient une constitution analogue à celle des granulations élémentaires de la substance vivante, puisqu'en définitive c'est par elles que le bioprotéon opère toutes les réactions physico-chimiques qui constituent chaque fonction générale ou spéciale, telles que la respiration, la digestion, etc., etc. Les unes oxydent, hydratent, dédoublent, dissocient les molécules chimiques servant à la nutrition, tandis que d’autres réduisent, déshydratent, combinent entre elles les molécules séparées de constitution chimique différente. Parfois c’est la même zymase qui fait œuvre d'analyse ou de synthèse selon les conditions dans lesquelles elle se trouve. car on a pu démontrer que certaines d’entre elles ont un effet reversible. Ce qu'il y a de bien certain c’est que les influences physiques, chimiques où mécaniques qui favorisent l’action des zymases, l’accélèrent ou, au contraire, la ralentissent, la suspendent ou la détruisent, agissent de même sur la substance vivante ou bioprotéon. Dès lors, pourquoi ne pas admettre que ce dernier est composé de granulations zymasiques pour sa partie active et que ces dernières ont la même constitution que les granulations élé-
mentaires ou vacuolides de R. Dubois : celles-ci, (de même que les mitochondries des allemands), n'ont pas toujours la forme vacuolidaire : elles ne la prennent que sous certaines influences artificielles {agents hydratants), ou normalement par leur entrée en fonctionnement. Il ÿ a fort longtemps que, dans ses leçons de physiologie générale et comparée|1|, R. Dubois a dit que les vacuolides ne sont que de petits corpuscules identiques aux leucites décrits chez les végétaux, mais beaucoup plus petits et qu'ils se rencontrent aussi bien chez les animaux que chez les végétaux. Bien plus, R. Dubois les avait comparés à d’infiniment petits dyaliseurs en raison de leur élection pour certaines substances et non pour d'autres, des modifications qu'ils faisaient subir par dissociation, ou autrement, aux substances entrant ou sortant de la vacuole centrale ou simplement y séjournant.
La légitimité de la comparaison entre les vacuolides et les leucites, démontrée par R. Dubois, a été reprise par Guilliermond entre les leucites et les mitochondries, ce qui conduit à conclure que vacuolides et mitochondries sont choses sinon identiques, au moins analogues,
Ces vues de R. Dubois sur la constitution intime du bioprotéon ou substance vivante lui ont permis de reculer bien au-delà des limites de la cellule l'explication de l’action des anesthésiques généraux et par conséquent du mécanisme de l'atmolyse, puisqu'il a démontré qu’en dernière analyse la substance vivante est constituée par des granulations dont la structure et les propriélés permettent de les comparer à d’infiniment petits dialyseurs. C'est là un point important sur lequel j'aurai l’occasion de revenir bientôt.
Les liquides organiques neutres fournissant les vapeurs appartiennent, il est vrai, à des familles chimiques très différentes, aussi n'est-ce pas par leur activité chimique qu'elles agissent, mais bien par leurs propriétés physiques communes.
1! Raphaël Dubois Leçons, de Physiologie générale et comparée. Paris, chez Masson, lib. éd,