ESS EE
Elles constituent, pourrait-on dire, une famille physicochimique, comme R. Dubois l’a si bien montré dans diverses publications.
Toutefois il ne faut pas perdre de vue que dans l'atmolyse ce ne sont pas ces corps que l’on fait agir directement, mais seulement leurs vapeurs, ce qui est bien différent, comme nous allons le voir.
Faute d'avoir fait celte distinction, il s'est établi une grande confusion dans cette question. Le procédé de R. Dubois a été désigné sous les noms les plus divers : dialyse cellulaire, autolyse, plasmolyse, dialyse.chloroformique, osmolyse, éthérolyse, etc.
La confusion de l’atmolyse avec l’éthérolyse est particulièrement regrettable. L'éthérolyse a été imaginée en 1876 par Legrip pour extraire par immersion dans l’éther liquide les principes actifs des végétaux frais; c’est quelque chose d’analogue au procédé de préparation des alcoolatures, mais les résultats sont cependant sensiblement différents. On peut se convaincre de la différence entre l'atmolyse et l’éthérolyse par l'expérience suivante : On coupe en deux, perpendiculairement à son axe, une orange mandarine et l'on plonge dans l’éther liquide une des moitiés, en faisant autant que possible
1 Rev. gén. des Sc. pures el appl., p. 16-189 : Ce sont des alcools, des éthers simples ou composés, des aldéhydes ou des produits chlorés, dés carbures d'hydrogène ou hydrocarbures Malgréleur différence de composition atomique et leur structure moléculaire particulière, ils n’en possèdent pas moins un ensemble de propriétés physiques et organoleptiques qui leur donnent comme un air de famille, Ils sont incolores et odorants, possèdent une saveur piquante et produisent, quand on les applique sur la peau, une sensation de chaleur plus ou moins brülante. Ce sont des liquides mobiles, volatils, doués, en général, d’une tension de vapeur d'autant plus grande et d’une solubilité dans l’eau d'autant plus faible qu’ils sont plus anesthésiques. Leur chaleur spécifique est faible, beaucoup plus faible d'ordinaire que celle de l’eau; ils sont, en outre, dysosmotiques, c’est-à-dire qu'ils traversent dolenenl les membranes organiques. Leur poids moléculaire élevé est en raison inverse de leur chaleur spécifique, et en raison directe de leur pouvoir anesthésique et
toxique,
en sorte que la section soit verticale, Au bout de quelques heures, on constate que la partie liquide présente deux couches ; une supérieure éthérée et une inférieure aqueuse. Par évaporation à l'air libre, la couche éthérée abandonne beaucoup de gouttelettes d'essence nageant dans un résidu adipoïde jaunâtre. L'autre moitié de la mandarine a été placée dans l'atmolyseur, dont je donne plus loin la description. Elle n’est pas en contact direct avec l’éther liquide, mais seulement avec ses vapeurs ; il s'écoule un liquide moins coloré, plus épais et plus sucré que celui de la couche aqueuse de l'expérience précédente : il ne renferme ni essence, ni principe amer.
La manière dont procédait Legrip est analogue à celle au moyen de laquelle Graham transformait des hydrogels en alcoogels et des alcoogels en éthérogels, et je montrerai bientôt que les effets du contact direct du liquide sont bien différents de celui des vapeurs pour un même corps. C'est d’ailleurs ce qui résulte également du travail de Billard, dont il a été question dans l'historique.
C'est pour ces raisons que R. Dubois tirait, dans sa note à l’Académie sur l'afmolyse et l’atmolyseur,les conclusions suivantes que je cite textuellement : « L'afmolyse que j'ai découverte est le résultat de l’action osmotique exercée sur la substance organisée des tissus par les vapeurs de liquides anesthésiques. Elle ne doit pas élre confondue avec l'éthérolyse, la plasmolyse, l’autolyse, etc. Elle constitue un procédé précieux d'analyse physiologique, physico-chimique et aussi d'extraction des principes immédiats utilisables en thérapeu- {ique. »
Description de l’'Atmolyseur.
Technique de l'Atmolyse.
L'appareil le pluss imple pour opérer l’atmolyse consisterait en un flacon à large ouverture, muni d’un bouchon portant à sa partie inférieure un fil muni d’une épingle recourbée en crochet pour suspendre. le tissu ou parenchyme à atmolyser
Cap PES
au-dessus d’une couche de liquide atmolyseur, Le (out étant bien clos, on voit tomber du tissu atmolysé des goutteleltes qui se réunissent au fond du liquide atmolyseur, si, comme l'éther ou la benzine, il est plus léger que l’eau.
Ce dispositif présente l'inconvénient de mettre en contact le liquide atmolysé avec le liquide atmolyseur qui, agissant comme dissolvant, ou autrement, peut altérer la composition et les propriétés du produit obtenu par exsudation.
L’atmolyseur, dont s’est servi R. Dubois, se compose (voir figure p. 59) d’un grand bocal de verre épais cylindrique V,hermétiquement fermé par un couvercle de glace épaisse munie d’un bourrelet de caoutchouc, et solidement fixé par des chevalets de cuivre à vis C U, au moyen d’un disque arrondi en bois dur C.
Dans l'intérieur est un enlonnoir en verre très évasé E, placé sur un flacon F destiné à recevoir le liquide atmolysé; de chaque côté sont des récipients évasés également R R, destinés à contenir les liquides générateurs des vapeurs atmolysantes, simples ou conjuguées (par exemple éther dans l’un et chloroforme dans l’autre). Un manomètre m indique la tension des vapeurs à l'intérieur du système et un thermomètre {, la température. Les tissus à atmolyser sont placés dans l’entonnoir, ou bien déposés sur un diaphragme percé de trous, de façon à éviter l’obstruction de la douille. On peut aussi se servir, des entonnoirs troués employés pour la filtration rapide par le vide,
À ce disposilif, j'ai ajouté une ouverture latérale auprès du fond du bocal, destinée soit à faire le vide dans l'intérieur de l'appareil, soit à augmenter au contraire la pression intérieure, soit enfin à faire pénétrer des vapeurs provenant de liquides contenus dans un petit ballon que l’on peut chauffer au bainmèàrie et mis en communication avec l’intérieur de l’atmolyseur par un tube de verre à robinet et un tube de caoutchouc à parois épaisses.
Pour certaines opérations, l’entonnoir central est remplacé
par un support à branches auxquelles on peut suspendre des tubes de dialyseur fermés, des ampoules à parois organiques, des fragments de colloïdes imitant des cellules, etc. Audessous, on place des éprouvettes graduées, supportant de petits entonnoirs pour recueillir les liqueurs atmolysées. L'emploi de l’atmolyseur peut être très simplifié en retournant le bocal et en faisant reposer son bord rodé sur une rondelle de caoutchouc placée sur la plaque de verre dépoli servant de support aux vases renfermant le liquide atmolyseur et les substances à atmolyser. Sur le fond du bocal, on place un poids lourd, par exemple un récipient rempli d'eau pour remplacer l'effet des vis à pression dañs l’appareil précédent.