‹ De L’Atomolyse Et De Ses Applications En PhysiologieChapitre 7 sur 31 · AE NES · texte numérisé non relu

AE NES

légère couche de moisissures:ét n'avaient pas tardé à germer. (Ces expériences élaient faites en avril- mai) [6.]

Cette expérience montrait d'abord que le sulfocyanure d'allyle, résultant de l'action de la myrosine sur le myronate de potassium, ne sé forme pas pendant la germination, à moins qu’il ne soit détruit au fur et à mesure de sa formation, ce qui est peu probable. En (ous cas, la germination a été définitivement empêchée dans les graines où le sulfocyanure s'était montré en quantité nolable, et.elle n’a pas eu lieu davantage après une exposilion à l'air libre suffisante pour éliminer l'éther absorb£ par la graine. C'est bien au sulfocyanure d’allyle qu'il convient d'attribuer la perte du pouvoir germinatif, puisque Réveil a démontré que lessence de moutarde, même à l’élat de dissolution au millième, "est un violent poison pour les végétaux, sans excepter ceux qui appartiennent à la famille des crucifères. R. Dubois dit textuellement ; « Ainsi « donc on peut voir, soûs l'influence de vapeurs anesthési- « quês, se produire, dans Certains (issus, des composés qui & ne s'y forment pas spontanément dans les conditions nor- » males. »

« Bien plus, ces composés peuvent être des poisons violents « pour les tissus au sein desquels 1ls ont pris naissance, de « sorte que, dans le cas où la vapeur anesthésique n'aurait pas - « elle-même d'action toxique, sa présence seule pourrait déter- « miner, par voie indirecte, la mort de la graine. » Et R. Dubois ajoute : « Nos expériences nous ont démontré que « ce n'était pas là une propriété ‘spéciale de la semence de « Sinapis nigra, Car nous avons oblenu de la même manière « la formation d'essence d'amandes amères et d’acide cyanhy- « drique dans des feuilles de Laurier-cerise et dans lés amandes « amères, Ces composés sont, comme on lé sait, des poisons « de la cellule végétale aussi énergiques que l'essence de mou- « tarde, et les réflexions que nous avons faites à propos de « celle-ci peuvent s'appliquer ici. » Postérieurement aux recherches de R: Dubois, Coupin confirma que les graines ne

.perdaient pas le pouvoir germinatif quand elles avaient été soumises sèches à l'atmolyse,

Il n'est peut-être pas inutile de faire remarquer que ces réactions ne se produisent pas quand on traite directement par l’éther la poudre ou la semence de moutarde sèches. Ce fait a été confirmé beaucoup plus tard par Coupin. Je l'ai observé moi-même à la suite de mon expérience n° 4 (voir plus loin) sur les graines et fruits oléagineux. Il faut donc admeltre qu'une certaine quantité d'eau appartenant aux tissus sort des cellules en même temps que les composés qui, par leur contact, donneront naissance aux essences d'amandes amères, de moutarde, à l'acide cyanhydrique et aux autres produits qui se forment par l’action de l'émulsine et de la myrosine sur l’amygdaline et sur le myronate de potassium.

Parmi ces produits se trouve le glucose et 1l n’est pas impossible, ce que j'aurai à rechercher dans mon travail, que la saveur sucrée, signalée par R. Dubois dans les fruits éthérisés, provienne du dédoublement de certains glucosides au moment de la maturation des fruits, des tubercules sucrés, etc,

En tous cas, il est curieux de constater que l’action exosmotique de la vapeur d’éther permet de faire sortir, des éléments respectifs qui les contenaient à l’état normal, des colloïdes zymasiques, d'une part, et des glucosides, d'autre part, pour les mettre en présence et provoquer, à la faveur de l'eau exsudée, des réactions qui n'ont pas lieu lorsque les tissus ne sont pas préalablement hydratés, dans les graines sèches, par exemple. C'est un point sur lequel j'aurai à revenir à propos de l’atmolyse des semences oléagineuses.

En 1884, R. Dubois avait présenté à la Société de Biologie un nouveau mémoire intitulé : De la déshydratation des lissus par le chloroforme, l'éther et l'alcool [9]. Après avoir rappelé les expériences qu'il fit en 1870 à l'Hôtel-Dieu de Paris et qui l'avaient conduit à attribuer principalement à la déshydratation des tissus l’action des alcools et, plus lard, celle des anesthésiques généraux, il répéta devant la Société de Biologie

Eu oi

la mémorable expérience qui consistait à faire transpirer, sous forme de gouttelettes, le suc des feuilles d’une plante crassulacée (Echeveria glabra) placée sous une cloche renfermant des vapeurs de chloroforme. Les vapeurs d’éther et d’alcool produisaient le même résultat, mais moins rapide. Les pesées ont montré que l’eau éliminée ainsi élait remplacée par une certaine quantité de chloroforme, d’éther, d'alcool, variable avec chaque agent, mais toujours de beaucoup inférieure à la quantité d’eau perdue. |

Mais R. Dubois a soin d’ajouter : « En réalité, le liquide ‘« ainsi excrété n'est pas de l'eau absolument pure, elle con- « tient de très faibles proportions de différents matériaux « solides que nous n'avons pas encore étudiés. » En soumettant des œufs frais à l’action des vapeurs anesthésiques, R. Dubois a vu des gouttelettes sourdre à travers la coquille elle-même, mais 1l a fait en outre une constatation importante signalée dans ce même mémoire et dont j'ai déjà parlé dans la première partie de cet historique, à savoir que les vapeurs de chloroforme traversent le blanc de l'œuf pour aller se fixer principalement sur le jaune par un phénomène d’électon important à retenir sur lequel j'ai déjà insisté.

Et, si j'ai développé aussi longuement les expériences et les découvertes de M. Dubois, qui devaient le conduire à la découverte de l’atmolyse, c’est que des auteurs, qui se sont occupés comme lui des mêmes questions, ne lui ont pas rendu toute la justice à laquelle il avait droit.

C'est ainsi que M. Marcel Mirande, dans une note parue dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences (12 juillet 1909) [34], ne fait pas mention des travaux de R. Dubois, lorsqu'il parle de l’action du chloroforme sur les feuilles de Prunus Laurocerasus, et sur un grand nombre d’autres plantes dont l’énuméralion est ici inulile, et qu'il constate la producton d’acide cyanhydrique avec les feuilles fraîches, alors qu'avec des feuilles sèches cette production ne se manifeste pas. I y a lieu de supposer qu'à ce moment M. Marcel

ro Mirande ignorait les recherches de M. Dubois. Mais il est plus regrettable encore que M. le professeur Heckel, qui connais sait certainement ces travaux, ait cru devoir, dans sa note publiée dans le numéro du 15 novembre 1909, des Comptes rendus de l’Académie des sciences |32|, passer sous silence les observations de R: Dubois, et attribuer à M. Guignard et à M. Mirande le « mérite d'avoir démontré que, sous l'influence du gel et des anesthésiques, il peut se former de l'acide cyanhydrique et d'autres dédoublements de qlucosides. » M. Heckel se contente de dire : « Ce sont là, à plusieurs égards, des résullats du plus haut intérét », et il ne pouvait pas ignorer la note publiée par R. Dubois en r902 dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences [25|, dans laquelle l’auteur insisle de nouveau sur l’analogie du mécanisme du gel et des vapeurs anesthésiques. Il suffit de se reporter aux notes bibliographiques sur la question pour demeurer convaincu que l'attribution de cette découverte par Heckel à d’autres savants qu'à Dubois constitue une grave erreur.

M. Paul Deroche, de son côté, dans une note à la Société de Biologie [43], dit qu'il n'est pas douteux que le gel provoque un départ d'eau. Matruchot et Molliard [43] ont également étudié les effets du gel sur la structure des cellules végétales, mais tous ces travaux sont postérieurs à ceux de R. Dubois et ne font que confirmer ses découvertes.

Avec Liatris spicala, avec la Flouve odorante (Anfhoxantum odoratum), avec le Mélilot, Heckel a vu, comme MM. Guignard [33] et Mirande, que le phénomène de dégagement rapide où retardé de l'odeur de coumarine ou de Mélilot est accompagné de plasmolyse : « l'examen des tissus, soit gelés, soit anesthésiés m'a montré, dit-il, que le sac protoplasmique des cellules est détaché de la membrane cellulaire et plus ou moins contracté. » Il a constaté la généralité du phénomène dans quelques crucifères, notamment dans Lepidium latifolium, Cochlearia armoricia (formation d’essence de moutarde), Diplotaxis tenuifolia avec odeur de

roquette très particulière; « le phénomène essentiel (plasmolyse) est commun à tous les cas envisagés, c'est le résultat dominant de ces recherches ».:11 n’est en aucune façon question de la découverte de M. R: Dubis.

Le 11 juillet 1910, Heckel fait paraître, dans les comptes rendus de l'Académie des scierices, une note intitulée : De l'action du froid et des anesthésiques sur lès feuilles de l'Angræcum fragrans Thou Cr el sur les gousses vertes de Vanille [37|.

Il constate la même succession de SDnoinene que dans sa note du 19 novembre 1909, sur des pieds d'Angræcum fragrans avec le chlorure de méthyle, l'éther et le chloroforme.

Une gousse encore verte de vanille n’a pas donné d’odeur avec le chiloroforme et l’éther; 1l y a eu u sudalion, mais non changement de couleur.

Une gousse présentant un Ar jaune à son. sommet, plus mûre par conséquent, a, en deux heures, donné üne odeur

manifeste de vanilline, il y a eu sudation et son sommet a noirci sur une longueur de 3 centimètrés. Au boutide vingtquatre heures, la couleur chocolat est totale, l'odeur de vanilline accrue et l'aspect est le même que celui d’une gousse traitée par les procédés commerciaux, Il n’a rien obtenu avec le froid à la glacière et attribue cela à la destruction des ferments par le froid.

Il est évident que ce n'est pas là l'explication véritable, mais simplement parce que le froid à la glacière n’a pas été assez fort pour produire l'exosmose due au gel. Il y a eu pourtant sudalion aqueuse, mais Le froid n’a altéré ni la couleur, ni l'odeur des gousses en voie de maturation. Les ferments ne seraiént donc en état d’agir qu'au moment de la maturation commençante. Il pense que le changement de couleur n'est pas dû à la déshydratation, mais à l’action des ferments : avec l'éther on économiserait beaucoup de temps dans la préparation de la vanille et on éviterait les moisissurés.

R. Dubois avait depuis longtemps entretenu Ieckel de ses

travaux, én particulier surla Vanille, et, le 12 juillet 1009, avait paru dans les comptes rendus de l'Académie des sciences une note de Guignard, intitulée : nfluence de l'anesthésie et du gel sur le dédoublement de certains glucosides chez les plantes [33].

Dans ce travail L. Guignard rappelait ses expériences sur les cactées, sur les plantes à myronate de potassium et à amygdaline. Il mentionnait que ses expériences con/trmatent celles de R. Dubois. L'odeur de moutarde sous l’action du chlôroforme se développaitsur des plantules entières de Sinapis nigra âgées d’une huitaine de jours et aussi bien avec les plantes vertes qu'avec les plantes étiolées. Guignard avait aussi constaté, après. R. Dubois, que le gel produit le même effet que l anesthésique.

Il a obtenu le même résultat avec les feuilles de Raifort, avec celles de Laurier cerise, de Photinia, de Sorgho, de Passifloré ; il y avait là un dégngbment d’ acide. cyanhydrique sans aucune rupture de cellules.

Avec Gaultheria procumbens, le gel et l'anesthésique font apparaitre l'odeur de winter-green.

« Il y a là, en somme, disait Guignard pour conclure, une méthode ARE de rerberclies de certains composés de la formation résulte de l’action réciproque d’un ferment et d’un glucoside, arrivant au contact l'un de l'autre par l'intermédiaire de l’eau ! ».

1 J'ai fait moi-même les expériences suivantes : des feuilles fraîches de Pêcher {Prunus persica L.) ont été, 10 minutes après leur récolte, traitées comme suit : 1°Sur la moitié supérieure d’une feuille j'ai projeté du chlorure d’éthyle. En une minute environ, la partie atteinte par le jet se recouvre d’une espèce de givre dû au gel de l’eau exsudée. Après fonte de cette glace, une odeur d'amande amère se produit, et un morceau de papier picrosodique appuyé surla partie humide est rapidement impressionné. La feuille, exposée au soleil, est devenue brune dans sa partie soumise à l'action du chlorure d'éthyle, et cette même partie a été morte et sèche en quelques minutes, alors que la partie inférieure a conservé ses caractères organoleptiques, sauf une légère flétrissure. 2° Trois de ces mêmes feuilles ont été exposées, dans des tubes bouchés, à l’action des vapeurs de chloroforme, d'éther anesthésique,

Malgré l'honnête rappel des expériences de Dubois par Guignard, on n’en persiste pas moins à simuler l'ignorance des expériences de Dubois.

M. Guérin, professeur agrégé à l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris, fait paraître dans le compte rendu de l'Académie des sciences une note inüitulée : L'action des anesthésiques, du froid et des rayons ultra-violets sur certaines plantes|36].

« Le Gel, dit Guérin, les anesthésiques, les rayons ulitraviolels produisent les mêmes effets que le broyage sur les plantes où les essences ne sont pas préformées, ainsi qu'il résulte des recherches de Guignard, de Mirande, d’Heckel, de Maquenne, Dumoussy et de Pouguet.

« En réalité, le contenu cellulaire subit, dans ces conditions, une vérilable déshydratation, puisqu'une partie du liquide passe à l'extérieur de la cellule. Dans le cas de la Moutarde noire et du Raïfort, le myronate de potassium est entraîné avec l'eau quile tient en dissolution et arrive au contact de la myrosine localisée dans les cellules spéciales d’où dédoublement du myronate et formation d'essence de moutarde.

« Si l’on examine au microscope les tissus anesthésiés, on

de benzine cristallisable, à côté d'un morceau de papier picro-sodé. Deux heures après, la nervure médiane a commencé à jaunir, et le papier a été impressionné légèrement. La coloration rouge est allée en s’accentuant, jusqu'au lendemain, mais avec une intensité variée. C’est dans les vapeurs d'éther que la coloration .a été la plus accentuée; vient ensuite la benzine, puis le chloroforme.

Malgré l'odeur vive des liquides volalils, une odeur très perceptible d'essence d'amande amère se manifeste à l'ouverture des tubes. L'exsudation, commencée une heure environ après l'exposition dans les vapeurs, n’a donné lieu à aucun écoulement de liquide aqueux dans le fond du tube. Les feuilles avaient simplement un aspect luisant et humide, et une légère buée s'était formée sur la partie interne supérieur du tube. La couleur verte des feuilles paraissait accentuée tout d'abord, puis a fait place à une coloration chocolat ayant débuté sur les bords. Les feuilles, retirées après trente-six heures des atmolyseurs improvisés, se sont séchées très rapidement par une exposition au soleil et elles sont devenues très friables, alors que des feuilles témoin élaient à peine flétries.

AR Vanves constate que les cellules ont subila plasmolyse ; leur sac protoplasmique est détaché de la membrane cellulaire et plus ou moins contracté.

« On peut provoquer l'apparition d'acide cyanhydrique par le chloroforme sur des feuilles attenant à l'arbre, et, si l’on ménage l'action du chloroforme, on peut conserver la feuille vivante ! », u

« Cette méthode aussi sûre que simple, qui supprime la macération préalable et la distillation, opérations plus ou moins longues et compliquées, peut rendre de grands services pour déceler la présence de l'acide cyanhydrique dans les végétaux. Avec une seule feuille de Laurier-cerise dans un tube de chloroforme, en moins de trois minutes le papier picro- 1odé est coloré assez fortement; en 10 minutes il est complètement rouge. Avec une feuille de Photinia serrulala Linde (Rosacées), 1lest impressionné en 3 minutes d'une façon très appréciable, etc. » 3

« Le gel lui aussi détermine un appel d’eau en dehors des cellules végétales : l’eau passe par diffusion à travers la couche périphérique du protoplasma et la membrane cellulaire. Le gel étant corrélalif d’un appauvrissement en eau du cytoplasme, la mort par le gel est une mort par déshydratation, rien d'étonnant que dans ces conditions le gel produise le même effet que l’anesthésie. »

Cette assimilation du mécanisme intime du gel et des anesthésiques généraux appartient bien à Raphaël Dubois, car, avant ses recherches, il n'avait jamais élé question de déshydratalion par-plasmolyse, mais seulement d'éclatement produit par le gel et entraînant une perte d’eau par le dégel.

Une feuille de raifort, que l’on soumet dans un tube au refroidissement par le chlorure de méthyle ou sur laquelle on

1 Cette expérience de Guérin réduit à néant l'opinion d'Overton. qui attribuait à la mort de la cellule les effets produits par les vapeurs anesthésiques

signalés par R. Dubois.

RE

pulvérise directement ce dernier, prend le même aspect que sous l'influence du chloroforme, et dégage bientôt, quand la température a remonté, une odeur extrêmement intense d’essence de moutarde.

Il cite la production par le même procédé d’acide cyanhydrique par le Laurier-cerise, le Sorgho, les Passiflores. Le Gaultheria procumbens donne du salicylate de méthyle.

« En somme, dit Guérin, les travaux de Guignard et de Mirande, dont nous venons de rappeler les principaux résultats (mais 1l passe sous silence ceux de Dubois), nous mettent en possession d'une méthode générale de recherches de certains composés dont la formation résulte d’une véritable plasmolyse, avec appauvrissement en eau du cytoplasme et exosmose de cette eau qui amène, au contact l’un de l’autre, ferment et glucoside. »

Des observations faites sur l’action du gel, il y a longtemps, par M. Guignard, à la suite des gelées d'automne dans le Jardin du Luxembourg de Paris, où Ageratum mexicanum Sims. est fréquemment cultivé dans les plates-bandes, furent le point de départ de ses recherches sur l’action des anesthésiques et du gel sur les crucifères et les plantes à acide cyanhydrique, recherches ne devant être publiées que beaucoup plus tard : elles sont de beaucoup postérieures à celles de M. R. Dubois et absolument dans le même ordre.

En 1888, Môülish avait observé que l'odeur de coumarine prend naissance sous l'influence du gel chez Ageratum mexicanum Sims., mais les principes ainsi formés ne donnaient de la coumarine, d’après l’auteur, que par une action secondaire, probablement une oxydation.

« Disons, ajoute Guérin, que les mêmes causes qui donnent lieu à la cyanogénèse et à la production d’essences sulfurées chez les crucifères provoquent, également, comme l'ont montré L. Maquenne et E. Demoulin, le noircissement des feuilles.

€ Là aussi la modification du protoplasma (que ce soit par

30 te traumatisme, sous l'influence de la gelée, des anesthésiques ou des rayons ultra-violets) dans un certain nombre de cellules qui alors échangent librement leur contenu, rend possible la mise en contact de deux principes isolés au cours de la vie normale, une diastase, par exemple, et le composé mélanogène. Du mélange accidentel d’une oxydase avec un principe tel que la tyrosine, résulte aussi pour la feuille un noircissement qui rentre bien dans la catégorie des actions diaslasiques. C'est là le cas le plus général, mais il peut arriver cependant que le noircissement s'effectue sans le concours d'aucune diastase et qu'il ait une origine purement chimique. De toutes façons, que le noircissement des feuilles soit d’origine diastasique ou non, 1l procède d'un mécanisme absolument comparable à celui qui donne lieu au principe odorant des crucifères et des plantes à acide cyanhydrique et à coumarine. »

Question des rayons ultra-violets à part, on ne pouvait copier plus fidèlement les conclusions tirées par R. Dubois de ses expériences antérieures de vingt-sept années à celles de Guérin. Il ne semble pas même que Guérin ait fait preuve d'originalité à propos de l’action des rayons ultra-violets sur les parenchymes végétaux. En effet, si l’on se reporte au travail de Pouguet auquel il fait allusion dans sa note, on voit que ce dernier a, avant Guérin, assimilé l’action des U.-V: à celle du froid et des anesthésiques [39]. Mais Pouguet, concluant comme Mirande et Heckel, attribue à tort à ce dernier, à Guignard et à Mirande, la plasmolyse par les anesthésiques et le froid, produisant le dédoublement des glucosides avec production de substances odorantes.

« Les rayons ultra-violets, dit Pouguet, produisent les mêmes effets. L'examen microscopique a montré que le protoplasme était mortellement atteint, tandis que les ferments résistaient et accomplissaient leur travail de dédoublement du glucoside pour donner l'essence correspondante. L'action des rayons ultra-violets est donc comparable à celle des agents

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