‹ De L’Atomolyse Et De Ses Applications En PhysiologieChapitre 8 sur 31 · ENT ES · texte numérisé non relu

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mortels (froids, anesthésiques) : il ya mort de la cellule et l'odeur qui se dégage n'est que la conséquence de celte destruction cellulaire. »

En cela, Guérin n’est pas d'accord avec Pouguet puisqu'il dit dans son travail que, « si l'on ménage l'action du chloroforme, on peut conserver la feuille vivante attenant à l'arbre, et obtenir cependant la production d’acide cyanhydrique. »

Il n’est donc pas indispensable que l’action soit poussée jusqu'à la mort du protoplasme.

Faute d'indications bibliographiques, je n’ai pu retrouver les travaux de Maquenne et de Demoussy cités par Guérin. Il est vraisemblable qu'ils n'ajoutent rien à ce qu'avait annoncé R. Dubois qu'ils n’ont probablement pas plus cité que les auteurs précédents, car ces derniers les auraient vraisemblablement rappelés.

Dans une lettre, qui n'avait rien de confidentiel, adressée par M. Guignard, alors directeur de l'Ecole supérieure de Pharmacie de Paris, le 30 décembre 1910 à M. Raphaël Dubois et que ce dernier a bien voulu me communiquer, on peut lire le passage suivant : « Vous avez pleinement raison de n'être pas satisfait du silence que l’on fait trop souvent sur vos iravaux. C’est pourquoi j'ai dit aujourd'hui à notre agrégé Guérin qu'il avait tort de ne pas rendre à César ce qui est à César. » et plus loi il cite un passage de sa note du 12 juillet « l'essence de moutarde se produit dans les mêmes conditions expérimentales que l'acide cyanhydrique. Ce résultat est dû à l’action générale que le chloroforme exerce sur le protoplasme de la cellule vivante : elle est indépendante de la chlorophylle et n'a rien de commun avec la transpiration normale. C’est un fait sur lequel Raphaël Dubois a depuis longlemps attiré l'attention dans ses recherches sur les anesthésiques. » Celle année 1910 devait encore sous d’autres rapports être fertile en revendications de priorité de la part

de Raphaël Dubois.

M. Permilleux publie dans les Comptes rendus de la Société de Biologie, le 18 janvier 1910, une note intitulée : Recherche du ferment amylolytique dans le foie [4o]. Il annonce que par les vapeurs du chloroforme il a obtenu un liquide saccharifiant l’amidon avant ébullition, et non après. Il n’a pas trouvé de sucre dans le liquide « plasmolysé » et suppose qu'il ya un ferment glycolytique qui le détruit à mesure. Le même jour, le professeur Dastre présente un travail intitulé : De la dialyse comme procédé de recherche des ferments endocellulaires{[2r|.

« Le ferment hépatique, dit-il, est un ferment « endocellulaire. J'ai pensé que la dialyse chloroformique « pourrait être un des moyens de les séparer !.

« Depuis 1898, j'ai fait exécuter par mes élèves quelques « tentatives dont il semble que celle de M. Permilleux ait « partiellement réussi. »

« On sait en quoi consiste le phénomène de la dialyse « chloroformique. Un tissu animal ou végétal exposé aux « vapeurs de chloroforme, d’éther, et, laisse exuder une quan- « tité de liquide plus ou moins abondante. C’est ce qu’en fait « M. R. Dubois a appliqué à l'explication de l’anesthésie : 1l « l'a nommé déshydratation chloroformique.

« Mais ce n’est pas une simple déshydratation, le liquide « exsudé n’est pas de l’eau pure, c'est le suc cellulaire. L’exo- « plasme, en effet, n’est hémi-perméable qu’au début de « l'opération et pendant très peu de temps; 1l laisse passer « ensuite des substances diverses : il se comporte comme un « filtre ou un dialyseur. »

Dans une note à la Société de Biologie |20| intitulée : La dialyse cellulaire par les vapeurs de liquides organiques neutres, M. R. Dubois réclame la priorité de la découverte.

Il est de toute évidence que M. R. Dubois n’a jamais dit ou

1 Qui donc, avant R. Dubois, avait parlé de dialyse chloroformique, ou plutôt du phénomène que M. Dastre désigne sous ce nom ?

Rio écrit que le liquide exsudé est de l'eau pure, qu'il s’agit d'une simple déshydratation.

Le mot de suc cellulaire, suc aqueux, etc.. a été souvent employé par R. Dubois, et il a souvent aussi employé le mot déshydratation; cela ne signifie nullement qu'il eroyait que l'exsudat était de l’eau pure, mais que pour lui le fait prépondérant, dominateur, était dans le mécanisme de l’anesthésie par les alcools, l’éther, le chloroforme, etc., la déshydratation du protoplasme. Ce qui permettait de faire des rapprochements entre l’action intime des divers anesthésiques généraux et du froid, employé aussi pour l’anesthésie locale, de la vie latente et même du sommeil hivernal.

D'après M. Dastre, M. R. Dubois n'aurait pas employé la dialyse chloroformique à l’extraction des ferments endocellulaires; mais 1l aurait exprimé, en théorie, les opinions nette-. ment contraires à celte application. On chercherait vainement la justification de cette assertion dans les travaux de R. Dubois. On y trouverait, en revanche, qu'il est souvent question de la sortie de certains ferments zymasiques, tels que l’émulsine, la myrosine ou synaptase des cellules où elles étaient cantonnées avant l’action des vapeurs anesthésiques.

M. Dastre aurait pu rappeler les expériences faites par M. R. Dubois, l’action des vapeurs anesthésiques sur le foie, dont les résultats avaient été consignés par ce dernier dans une communication de la Société de Biologie intitulée : Note pour servir à l'histoire de la qlycogénèse.

Dans ce travail R. Dubois montre que les vapeurs d’éther, en provoquant la dialyse cellulaire, ne modifiaient en rien l’action du ferment hépatique, son activité n’étant ni entravée, ni exagérée. Le ferment est donc contenu dans les mêmes éléments que le glycogène, de plus il est préformé car l’activité protoplasmique élant rapidement suspendue par l’éther, il ne pourrait s’en former de nouveau au fur et à mesure de sa destruction ou de son élimination. On peut en dire autant du glycogène : il ne se forme pas aux dépens du parenchyme

Re hépatique, mais il est tout simplement entreposé dans ce dernier sans quoi il se trouverait plus de sucre dans le Lissu hépatique non soumis à l’action des vapeurs d'éther que dans ce dernier. .

Les recherches de M. Permilleux et de Dastre ne constituent en somme qu'une suite des expériences que M. Dubois avait abandonnées au moment de son départ du laboratoire de Dastre.

Il n’est pas exact non plus que R. Dubois n'ait pas employé la dialyse cellulaire par les vapeurs de liquides organiques neutres, car 1l s’en était servi pour tenter l'extraction de la zymase photogène à laquelle il a donné le nom de luciférase aujourd'hui classique.

Ces recherches ont même un intérêt spécial au sujet du mécanisme intime de l’atmolyse envisagé d’une façon générale. Voici en effet ce que dit R. Dubois dans le Traité de Physique biologique de d'Arsonval [27] : « On prouve assez facilement que la lumière physiologique est le résultat d’une oxydation zymasique par l’expérience suivante qui permet d'extraire de la Pholade dactyle le principe oxydable, au moyen de la dissociation plastidaire par les vapeurs de liquides organiques neutres (chloroforme, éther, elc.), imaginé en 1884 par R. Dubois. On suspend plusieurs siphons ouverts et préalablement égoutés de Pholade dactyle au-dessus d'un entonnoir placé sur un flacon contenant de l'alcool absolu.

«Le tout est enfermé dans un vase hermétiquement clos dans lequel l'air a été remplacé par des vapeurs de chloroforme qui sont fournies par un verre contenant le liquide et placé à côté du flacon d'alcool absolu. Au bout de quelques temps, 1l s'écoule du siphon un liquide qui donne dans l'alcool absolu un coagulum, lequel, après avoir été débarrassé de l'alcool, se redissout en partie dans l’eau. La dissolution, qui présente le caractère de celles des protéoses, a une odeur aromatique caractéristique : elle ne donne aucune lumière dans l’obscurité, même par agitation au contact de l'air, Mais, si on y

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ajoute une parcelle de permanganate de potasse, la lumière apparaît aussitôt. Quand, au lieu de chloroforme, on emploie l'éther, le coagulum renferme à la fois le principe oxydable luciférine et le principe oxydant luciférase et il brille sans le secours d'aucune substance étrangère au contact de l'air et de l’eau. » J

Mais ce n’est là que le résumé d’une note présentée bien antérieurement, en 1901, à la Société de Biologie par R. Dubois et intitulée Nouvelles recherches sur la biophotogénèse [22]. L'auteur dit, en remarque : « Je préfère le mot dissociation plastidaire au mot dialyse chloroformique parce que les vapeurs de liquides organiques neutres, tels que le chloroforme, l’éther et autres, ne chassent pas des tissus et des plastides que des substances dialysables. »

Bien que cette note porte la date du 29 juin 1901, les recherches qu’elle mentionne étaient, ainsi que d’autres analogues, bien antérieures à celles de M: Permilleux et de Dastre, d’après ce que dit R. Dubois dans une autre note intitulée : Mécanisme intime de la formation de la luciférine. Analogie et homologqie des organes de Polti et de la glande hypobranchiale des mollusques purpurigènes, également présentée à la Société de Biologie [23]. Dans cette note, M. Dubois emploie les expressions d'osmolyse et osmolyseurs qu'il devait remplacer plus tard par ceux d’afmolyse et d’'atmolyseurs, ce qui a été peut-être un tort, car le mot afmolyse a, en chimie, un autre sens, ce qui peut prêter à confusion, et le mot osmolyse n’a pas cet inconvénient; mais c'est le mot atmolyse qui a prévalu pour d’autres raisons.

Ce qu'il importe surtout de retenir de ces recherches faites en partie en vue d'extraire la zymase luciférase, c’est qu'il n’est pas indifférent d'employer les vapeurs d’éther au lieu de celles de chloroforme, la nature du produit atmolysé pouvant avoir une composition différente suivant l’espèce des vapeurs employées, bien que dans tous les cas on constate le phénomène de la déshydratation, ne différant que par la

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quantité de liquide exsudé dans un temps donné. C'est un point sur lequel j'aurai l’occasion d’insister à nouveau à propos de mes recherches personnelles. Je note cependant encore que R. Dubois s’est servi de l’atmolyse chloroformique pour montrer que la luciférine ne préexiste pas toute formée dans le siphon lumineux de la Pholade dactyle, mais qu’elle dérive d’un autre protéidé, la préluciférine [23]. L'atmolyse a donc permis par surcroît d'établir, en même temps que l’homologie anatomique, l’analogie physiologique des organes qui chez le Murex produisent la pourpre au moyen d'un prochromogène avec les organes de Poli qui, chez la Pholade, donnent le prophotogène ou préluciférine. J'aurai l’occasion de revenir sur ce point très intéressant au point de vue de la biologie comparée.

En 1912, dans une note intitulée : Zsolement{ de la substance anticoagulante du foie par la dialyse chloroformique, le professeur Doyon [44] s'exprime ainsi :

« La dialyse chloroformique fournit un moyen d'obtenir des substances solubles plus ou moins mélangées au contenu cellulaire. (Dastre a réussi par ce procédé à extraire du foie le ferment hépatique capable de transformer le glycogène en sucre.) J'ai constaté que le liquide exsudé du foie plongé dans une atmosphère de chloroforme empêche le sang de se coaguler... 1n vitro. »

Dans une autre note (loc. cit., p. 133), 1l a montré que l’action attribuée au chloroforme n’était pas attribuable à l’autolyse.

Plus tard (p. 306), le professeur Doyon éludie l’action des vapeurs de liquides anesthésiques sur le foie et leur rapprochement avec les effets du gel.

Il constate avec Billard que le liquide exsudé du foie, plongé dans une atmosphère de vapeurs de chloroforme, empêche le sang de se coaguler 1n vitro.

Il constate que l’antithrombine apparaît par suite d’un déplacement d’eau qui entraîne avec elle la substance active,

Lie

« suivant le mécanisme découvert par R. Dubois » [44|, et non par un phénomène banal d’autodigestion, d’autolyse.

« Dés le début de la dialyse, le liquide exsudé est anlicoagulant. Les macéralions du foie soumises à la dialyse restent toujours coaqulantes. Le foie témoin ne devient anticoagulant qu'après plusieurs heures d’autolyse. Dialyse chloroformique de Dastre et atmolyse de Dubois d'une part, ou autolyse d'autre part, aboutissent au même résultat en définitive, c'est la même chose, mais vraisemblablement par des mécanismes différents ».

« J'ai montré, ajoute M. Doyon, que la congélation favorise nettement la mise en liberté de l’antithrombine. Je rappelle à ce sujet que R. Dubois soutient l'identité de l’action du gel et celle des aneslhésiques généraux. »

Plus tard encore, M. Doyon publie une autre note intitulée : Extraction comparée de l'antithrombine des intestins par la dialyse chloroformique, l’action de la chaleur à l'autoclave, la macéralion :

« Le liquide exsudé des intestins, soit à l’autoclave, soit dans une atmosphère de chloroforme, possède d'emblée le pouvoir d'empécher, in vitro, le sang de se coaguler. La substance active esl une nucléo-protéide". »

Enfin, dans un travail important tout récent sur le sucre du sang [54}, le professeur Lépine indique qu'il s’est servi du procédé d'analyse atmolytique « imaginé par R. Dupois » pour extraire le ferment amylolytique du foie qu’il a découvert et par là prouvé l'existence du sucre virtuel du sang, et ce n'est pas un des moindres résultats de l'application de l’atmolyse de Dubois à la physiologie et à la chimie biologique.

Des procédés divers, relevant de l'atmolyse de R. Dubois, sont entrés dans la pratique pharmacologique.

Dans une brochure sans date intitulée les Intraïits et dans

{ M. Doyon s’est servi des vapeurs et cependant il emploie le mot dialyse. Il faut croire que, contrairement à ce qui semble ressortir de la note précitée, dialyse et atmolyse aient pour l’auteur la même signification,

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divers articles de la presse pharmaceutique et médicale, on a proposé de conserver aux plantes toutes leurs propriétés physiologiques qu'elles présentent à l’état frais (c’est-à-dire encore vivant) à l'aide d’un procédé qui permet d'obtenir des intratts lesquels ne présenteraient pas les altérations résultant des manipulations employées dans la préparation des extrails pharmaceutiques.

Aussitôt après leur cueillette, les plantes sont stérilisées ou plutôt sfabilisées par un procédé imaginé par Perror et Goris. Ce procédé consiste à faire agir, dans une sorte d’autoclave en vase clos, des vapeurs d'alcool bouillant à une température de 70 degrés environ [45|.

Il est indispensable de faire remarquer de suite que Dubois a montré que le mode d’action des vapeurs d'alcool est le même que celui qu'il a décrit pour les vapeurs anesthésiques, telles que celles d'éther ou de chloroforme, Et on peut ajouter que ce traitement doit produire quelques modifications des principes actifs chez les végétaux qui y sont soumis.

Mais on ne s'est pas Fe à cette application du procédé de Raphaël Dubois, en lui prêtant des qualités que son auteur ne lui a jamais ati bed:

On se sert encore de l’atmolyse pour la préparation de ce que l’on appelle les sucs végétaux.

À propos de ceux-ci, on prétend que, si la stabilisation par les vapeurs d’alcool a la propriété de détruire les ferments modificateurs de l’état naturel des principes immédiats des plantes, il y a des cas où, loin de détruire les ferments, il serait au contraire avantageux de favoriser leur action sur les complexes des plantes, afin d'obtenir l’action curative. Ainsi chez les crucifères, si l'on détruit la myrosine, les glucosides ne seront pas dédoublés, et il ne se formera pas d’essence, principe actif des crucifères.

Voici comment on procède pour obtenir les sucs végétaux : « aussitôt après la cueillette, les plantes sont soumises à un « mondage minutieux; puis elles sont introduites dans des

« récipients clos où l’on peut faire le vide : on ajoute ensuite « de l’éther en petite quantité.

« Sous l'influence des vapeurs anesthésiques produites par « V’éther, la fonction chlorophyllienne est suspendue, puis « détruite au bout d’un certain temps. Les organes verts « deviennent flasques et prennent une teinte noirâtre ; leur « surface humide laisse perler des gouttelettes liquides. Cette « exsudation se continue et, au bout de quelques jours, le « récipient renferme une quantité notable de suc de plante, « sans trace de chlorophylle; celle-ci reste en solution dans une « petite couche d’éther qui est à la surface du suc.

« Cette action des vapeurs anesthésiques sur les végétaux « a été particulièrement étudiée dans ces dernières années par « MM. Guignard, Mirande, Heckel. »

Des travaux de R. Dubois, le véritable initiateur, pas un mot! Et pourtant on croirait relire ce qu'il écrivait en 1883-84 dans ses notes à la Société de Biologie « sur l'action des « vapeurs des liquides organiques neutres sur la substance « organisée. »

Encore une fois, Raphaël Dubois dut protester. Il le fit dans un article intitulé : Afmolyse et atmolyseurs, puis par une note parue le 25 décembre 1912, dans la Revue moderne de Pharmacie [42], dans les Comptes rendus des Congrès de Chimie appliquée et de Pharmacologie de New-York et Washington, en 1911 [41], et enfin dans la séance du 25 mars 1913 au Congrès pour l’avancement des sciences à Tunis [47]. Cette note, que je crois utile de reproduire in-extenso résume les deux premières; mais, chose curieuse, dans les notesmémoires du Congrès (p. 146), il est dit :

« La présentation a été suivie d’une importante discussion qui trouvera place dans les comptes rendus, à la suite de l'exposé du travail. »

Or, c’est en vain que j'ai cherché cette importante discussion à la suite de l'exposé du travail (p. 550-552).

Voici la note en question Sur les Produits pharmaceutiques

RE ue

atmolysés, par le professeur Raphaël Dusois de la Faculté des Sciences de Lyon :

« Dans une note sur l’Afmolyse et l'atmolyseur dont je suis l'inventeur, présentée au dernier Congrès de chimie appliquée et de pharmacologie de New-York et Washington, je me suis servi du mot intratt pour désigner des produits à la fabrication desquels, je pensais, avec mon savant ami et collègue, M. le professeur Florence, de la Faculté de Médecine de Lyon, que mon procédé d’atmolyse n'était pas étranger. +

« Le mot infraif désignant exclusivement des produits commerciaux, Je lui ai substitué la désignation de produits

atmolysés, ce terme général devant, à mon sens, servir

à désigner dans les pharmacopées, tous les produits pour lesquels on aura mis en œuvre le procédé général d'analyse immédiate que J'ai découvert, en étudiant l’action physiologique des alcools et des vapeurs anesthésiques.

« Pour ne laisser prise à aucun malentendu, je rappellerai que mon procédé est basé sur les principes suivants :

« 1° Action des vapeurs (a{mos-vapeurs) sur des tissus animaux ou végétaux, vivants ou frais;

« 20 Les vapeurs employées sont fournies par -des liquides organiques neutres présentant les propriétés physiologiques des anesthésiques généraux : alcools, éthers, chloroforme, et autres composés chlorés du carbone, carbure d’hydrogène, etc.;

« 3° Les vapeurs en question agissent par diffusion, osmose, dialyse spéciale, et les effets produits sont différents de ceux qui résulteraient de l'immersion pure et simple de ces tissus dans les liquides générateurs des vapeurs atmolysantes;

« 4° L'action de ces vapeurs peut être diversement modifiée par la température, la pression, etc.

« Dans mes recherches, en effet, j'ai fait souvent intervenir les variations de chaleur et de pression (qui se font d’ailleurs

Eee dans le même sens, ainsi que le montrent nettement la présence d'un thermomètre dans mon atmolyseur et celle d’un manomètre à la partie supérieure). Ces varialions sont surtout utiles quand on opère avec des liquides ayant une tension de vapeur relativement faible, comme les alcools en général. :

« On pourrait même, peut-être, en cherchant bien dans les magasins du Laboratoire de physiologie de la Sorbonne, retrouver un appareil atmolyseur en métal, que j'avais fait construire à l’époque où j'étais encore préparaleur de Paul Bert ou de Dastre.

« On voit que la question de l’atmolyse n’est pas nouvelle et J'ai été tristement impressionné de ne voir mentionner, dans la brochure relative aux intraits, que les récentes recherches de MM. Guignard, Mirande, Heckel, qui ne sont, en définitive, comme je l’ai dit dans ma communication à l'Académie des Sciences du 26 mai 1902, que la confirmation des résultats de mes expériences anciennes. J'en a dit autant de celles de MM Demoussy, Pouguet et Mülish de Prague (cité par M. Guérin) et je pense qu'aucune contestalion n'a été opposée à ma réclamation de priorité. « Mais ce n'est pas le seul point qui m'ait frappé dans la lecture des écrits relatifs aux intraits et aux sucs végétaux.

«€ D'après leurs auteurs les intrails seraient préparés entièrement à froid (p. 5), et un peu plus loin ils ajoutent : Les plantes sont recueillies dans les meilleures conditions de terrain el d'habitat, el envoyées aussitôt à l'usine où elles sont stabilisées dans le vide, dans des autoclaves appropriés, par la vapeur d'alcool bouillant, sous pression réduite, à une température de 70 degrés environ.

« La contradiction est évidente.

« Et plus loin : Cette action combinée de la chaleur et des vapeurs d'alcool qui ne dure que quelques secondes a pour but de détruire tous les ferments solubles ; la plante ainsi

(railée pourra étre desséchée sans que la composition chimique qu'elle avait au moment de la cueillette se trouve modifiée.

« Je dois à la vérité scientifique de déclarer que ces affirmations sont en complète opposition avec les recherches de laboratoire que j'ai poursuivies pendant de longues années, et pourtant le fait d'employer les vapeurs d'alcool — même bouillant — fait entrer le modus operandi employé dans le cadre de l’atmolyse.

« Par le seul fait de la mort du tissu vivant, végétal ou animal, il se produit des modifications profondes dans la composition du bioprotéon : physiques, chimiques et morphologiques. Ces modifications sont encore plus accentuées, lorsque, à l’action de la chaleur, on ajoute celle de la vapeur d’un liquide anesthésique, tel que l'alcool. Il est donc antiscientifique de dire que les substances obtenues par le procédé d'analyse immédiate de l’atmolyse représentent, inaltéré, le complexe primitif soluble dans l'eau qui existait dans la plante vivante.

« Sans doute mon procédé d’atmolyse est plus délicat que les autres procédés d'extraction, mais, malgré la tendresse paternelle que j'ai pour lui. je n'aurais jamais pu lui accorder des vertus aussi merveilleuses que celles que les auteurs de la brochure lui attribuent. Ces auteurs ne pourront plus se refuser à reconnaître que leurs sucs végétaux sont préparés par l’atmolyse, puisqu'ils font agir des vapeurs d’éther sur des plantes fraîches, et non par éthérolyse, car, dans ce: procédé, dû à Legrip, les plantes sont immergées dans l’éther liquide, ce qui donne des résultats différents.

« Je n'ai pas soulevé ce débat, mais je crois qu'il peut être utile à ceux de mes nombreux confrères en médecine et en pharmacie qui attachent de l'importance à la vérité et à l'exactitude scientifique, et la placent au dessus de toute considération d'ordre industriel et commercial. »

Les protestations de M. K. Dubois ont eu pour effet de

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provoquer l'envoi d'une lettre des auteurs de la brochure, note qui a été insérée dans le Bulletin de Pharmacie de Lyon en août 1913 [46], et dans laquelle on peut lire le passage suivant :

« M. R, Dubois, qui, le premier, a indiqué le phénoméne de l'atmolyse, n'avait pas prévu l'intérêt de ces relalions chimiques secondaires et s'était borné uniquement à relater le phénomène de déshydration qui se produit dans la cellule. »

Et c'est aux travaux de Guignard, Mirande et Heckel qu'ils continuent à attribuer le mérite de la découverte de R. Dubois!

Ce dernier a répondu : « Vous vous trompez au risque de « tromper les personnes qui s'intéressent à la question dont « vous semblez ignorer complètement les origines puisque « vous ne les indiquez pas dans la courte bibliographie que « vous donnez à la fin de votre note. Or, au point de vue « scientifique, le seul auquel je me place, je considère que les « bibliographies tronquées sont dangereuses et peuvent faire « attribuer, à tort ou à raison, à des mobiles regrettables les « omissions qui s’y rencontrent. »

Cet historique ne serait pas complet si l’on ne signalait un important travail du D" Galippe SUR LA PRÉSENCE D'ELÉMENTS VIVANTS DANS LE TISSU MUSCULAIRE [93], dans lequel je relève le passage suivant : « Sous le nom d'atmolyse, R. Dubois, de « 1883 à 1884 (Comptes rendus de la Société de Biologie) et « dans différents travaux subséquents, à montré l'action « qu'exercent sur la substance organisée les vapeurs de « liquides organiques, tels que chloroforme, benzine, éther, « alcools, etc., dont l’inhalatlion est susceptible de pro- « duire l’anesthésie générale. Les vapeurs atmolysantes, dit «R, Dubois, chassent des tissus l'eau qui entraîne avec elle « des cristalloïdes et parfois même des colloïdes, par exemple « des zymases, lelles que la luciférase (Dubois), le ferment « hépatique (Dastre). »

L’atmolyse est donc un phénomène osmotique se produisant

he = 17 ER

entre des liquides aqueux et des vapeurs, au travers d’un septum plus ou moins dense et, comme le dit justement R. Dubois, l’action des anesthésiques sur la substance organisée esi comparable à celle du froid.

Il convient de rappeler que R. Dubois a spécifié qu'il ne s'agissait que des liquides organiques neutres qu'il a groupés en vertu de certains caractères communs sous le nom d’anesthésiques généraux. Il a spécifié notamment que le protoxyde d'azote, employé couramment comme anesthésique, n’est pas un anesthésique général, dans son étude sur l’action du protoxyde d'azote sur les Echeveria | 10] et dans l'anesthésie physiologique et ses applications [15]. On est à juste titre surpris que, vingt-huit ans plus tard, M. Arthus, de Lausanne, adresse à la Société de Biologie une note intitulée : « Quelques remar- « ques sur le mode d'action des anesthésiques généraux », | 49] dans laquelle il conclut, d’après ses expériences et celles de ses élèves, MM. Siegel-Sokolosky, Gourfinkel, Trichel, Trachtmann et Karakacheft « que le chloroforme et le protoxyde d'azote n'agissent pas sur les mêmes éléments organisés, ou tout au moins qu'ils n'agissent pas de la même façon pour provoquer l’anesthésie ». Il est en vérité bien surprenant que, sur un nombre si imposant de savants, il ne s’en soit pas trouvé un seul pour rappeler les conclusions identiques, mais de combien antérieures, de R. Dubois, et pourtant Arthus avait été son collègue comme préparateur au laboratoire de physiologie de la Faculté des sciences de Paris, devenu après Paul Bert, celui de Dastre.

Au point de vue de l'embaumement et de la momification, le procédé R. Dubois peut être considéré comme un moyen de chasser l’eau contenue dans les tissus organiques et d’assurer ainsi leur conservation. En chirurgie, l'emploi du chloroforme et surtout de l’éther pour le pansement des plaies n’est qu'une application des recherches de Dubois. En ce qui concerne plus particulièrement l’éther, à côté des propriétés anesthésiques, antithermiques de ce corps, il faut faire entrer en ligne

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