‹ De Léon XIII au [Sillon].: Une conjuration réactionnaireChapitre 5 sur 9 · LEON XIII ET LES REACTIONNAIRES · texte numérisé non relu

LEON XIII ET LES REACTIONNAIRES

La campagne réactionnaire que je dénonce dans la présente brochure et qui tend à ruiner en partie Tœu- YTc du Pape Léon XIII, n'est que Faboutissant de tout «n courant d'idées qui n'a pas attendu la mort de ce grand homme pour se manifester.

Dès 1886, M. Henri des Houx qui, depuis, s'est rendu célèbre et un peu ridicule par son essai de a cultuelles » schismatiques, publiait dcms ses Souvenirs d'un jottrnaliste et au lendemcun de la suppression de son fameux Journal de Rome^ une page où l'on retrouve en germe la prindpale acusation portée contre le gouvernement de Léon XIII par nos royalistes d'aujourd'hui. U Action française du 1" mai 1904, l'a reproduite tout entière en la faisant précéder de cette observation élogieuse : » On remarquera, dit le rédacteur de la revue royaliste, que cette page d'histoire et ces assertiona quasi prophétiques ont précédé de sept ans le ralliement, et

de dix-sept ans les ruines morales qu*elle6 font précisément prévoir ».

Le moroeau est intitulé <( La polit igue pérugine », par allusion à l'évôché de Pérouse, qu'occupait Léon XIII avant son élévation au Souverain Pontificat.

(c L'élection de Léon XIII, écrit M. des Houx, fut un coup de fortune pour les Pérugins. Ils en profitent. Mais, comme le maître, ils n*ont du monde extérieur qu'une connaissance abstraite et théorique )>.

Et voici la conclusion qui résume toute la page en question :

Les Pérugins ont voulu jeter un pont entre l'Eglise et la Révolution. On passe par ce pont, mais d'un seul côté. L'Eglise se dépeuple, tandis que la Révolution est encombrée de déserteurs de l'Eglise.

Les Pérugins n'ont d'oreilles qiie pour ce vain tumulte d'applaudissements dont le Moniteur de Rome, la Défense, le Français, unis à toute la presse révolutionnaire, saluent leurs moindres actes. Ils ne sentent que l'encens libéral qu'on brûle devant eux. Ils ne se doutent pas qu/e, malgré l'encyclique Humanum genus, ils font les affaires de la franc-maçonnerie comme pei^sonne dans l'Eglise ne les avait faites avant eux. {Action française du l'f mai 1904, p. 183).

Quand Léon XIII aura jugé l'heure venue d'intervenir dans les affaires religieuses de France et d'essayer d'une politique conciliatrice à l'égard de la démocratie républicaine (1), ce reproche de (( faire les

(1) Voir principalement : Encycl. 16 février 1892 ; Lettre ûiix Cardinaux français, 3 mai 1892 ; Lettres à lévôque de (irenoble, 23 mai et 28 juin 1892 ; Lettre au comte Albert de Mun, 7 janvier 1893 ; Lettre à larchevêque de Toulouse, 26 mars 1897. Dans la lettre aux cardinaux français, L6on XIII insiste sur les bienfaits de l'union et non pas précisément et uniquement de l'union entre les catholiques, mais plus généralement de l'union entre « tous les hommes de sens et de droiture ». Et il ajoute :

aff aires de la Franc-Maçonnerie », que lui adressait, en 1886, M. Henri des Houx, deviendra le « leil-motîv » de tous ceux qui, parmi les catholiques, avaient compté sur la complicité de l'Eglise pour les aider dans Ta&saut qu'ils livrent aux institutions établies. La Gazette de France, VAutorité, tous les journaux réactionnaires de Paris et leurs congénères de province, ne se lasseront pas de développer devant leurs lecteurs, ce thème injurieux pour le Saint-Siège. Et l'un de nos journalistes, le plus remarquable, le premier peut-être des journalistes français, M. Edouard Drumont, leur prêtera le concours de son grand talent. C'est lui quMl faut citer id, car nul autre, ne me parait avoir condensé avec autant de netteté, et sous un)e forme plus suggestive, les griefs de ceux que Léon XIH, en un jour d'impatience, appela les « réfractaires ».

Dans la Libre Parole du 24 avril 1894, M. Drumont, alors en polémique avec VUnivers, écrit :

(Jue sont devenus les naïfs, les convaincus qui avaient cru aux encycliques du Pape, aux mandements des évêques, aux discours grandiloquents dans lesqiicls on répétait toujours qu'il vaut mieux obéir & Dieu qu'aux hommes ? Assommas, suffoqiiés par ce coup imprévu, meurtris au plus pro-

« Quels seront les moyens d'assurer cette union ?

fc Nous l'avons également expliqué et nous tenons à le redire, pour que personne ne se méprenne swr notre enseignement : un de ces moyens est d'acoBpter sans arrière -pensée, avec celte loyauté parlaite qui convient au chrétieny le pouvoir civil dans la (orme où, de (ait, il existe.

«c .... Lorsque dans une société, il existe un pouvoir constitué et mis à l'œuvre, Vintérêt commun se trouve lié à ce pouvoir, et Von doit, pour cette raison, Vacccpter tel quHl est. C'est pour ces motif.s et. dans ce sens, que Nous avons dit aux catholiques français : Acceptez la République, c'està-dire 1p pouvoir constitué et exi^^tant parmi vous ; respectez-la : soyez-lui soumis comme rcprcscntattt le pouvoir venu de Dieu ».

fond d'eux-mêmes, ils ont été bafoués par les Francs-Ma^ çons et les beaux esprits de village qui leur disent en riant : « Le Pape lui-môme vous lâche ! »

Retirés de la vie militante, ils méditent dans les coins cet extraordinaire dénouement ; ils ont disparu ; ils se sont volatilisés. Ceci vous explique la prostration générale, lesitence morne qui règne partout.

De ce résultat lamentable, les fils respectueux de l'Eglisene rendent pas le Pape responsable. 11 a cru bien faire, il a eu de bonnes intentions, il a été trompé et il était impossible qu'il n'en fût pas ainsi.

Comment voulez-vous qu'un vieillard de quatre-vingtquatre ans, qui est né Italien, qui a la forme d'esprit ilafienne, puisse comprendre quelque chose à une situation aussi complexe, aussi confOse, aussi troublante que celle de la France d'aujourd'hui ? Lorsque les Français eux-mêmes n'y voient pas clair, comment voulez-vous que le Pape, «niermé au Vatican, puisse s'y reconnaître ? ^

Ce qu'il est permis de dire, c'est qu'au lieu de descendre des hauteurs et de sembler aider les vainqueurs cyniques & achever des v^ncus, le Souverain Pontife aurait dû rester sur les sommets, affirmant les Vérités éternelles devant les éphémères victoires de la Juiverie maçonnique, proclamant que, même ici-bas, le Mal est boujours puni. Les Chrétiens de France auraient eu quand même un réconfort et un espoir, tandis que maintenant, s'ils n'ont pas perdu tout espoir, ils se sentent bien abandonnés et bien seuls...

Pendant tout le pontificat de Léon XIII, telle sera la not43 donnée par la presse réactionnaire, en général^ et par M. Drumont, en particulier.

11 est très compréhensible, explique celui-ci, qu'un vieillard italien de quatre-vingt-quatre ans, qui habite au fond du Vatican, ait la conception la plus fausse de l'état politique de la France au point de vue électoral, alors que des professionnels eux-mêmes rpruuvent à chaque instant des surprisesà ce sujet.

Léon Mil u été trompé par tous les intrigants, les importants, les agit(>s, les prélats ambitieux, les agents ma-

^oriniques déguisés qui l'ont circonvenu ot leurré en lui faisant croire qu'il était le plus habile politique des temps modernes... (E. Drumont. Libre Parole du 25 août 1893),

Sept ans plus tard, M. Drumont qui s'est obstiné dans cette manière de voir, ira jusqu'à dire :

Lea hommes orit regardé en vain le ciel du côté du Vatican, ils n'y ont vu briller aucune étoile ; ils n'ont pqint trouve dans leur détresse morale le pain de Vâme qui réconforte et qui iortifie.

Ceux qui jugent superficiellement ont pu dire que le Pape était, lui aussi, le courtisan diy Destin. Ceux qui connaissent la vérité ont gémi à la pensée que Léon XIII, abusé, fût devenu le prisonnier de personnages au langage oblique et aux desseins pervers qui voulaient jeter dans les combinaisons suspectes d'une politique d'un * jour cette Eglise qui a les paroles de la Vie étemelle...

Léon XIII meurt. Aussitôt, tout Teffort des réactionnaires vise à lui opposer son successeur ,

Le 15 mai 190i, M. Paul de Cassagnac, directeur de V Autorité, arguant de son droit de réponse, oblige VUnivers, qui l'avait critiqué, à insérer deux longs arti- <îles parus dans son journal et qui, l'un et Tautre, s'efforçaient à mellre en contradiction l'attitude de Pie X et celle de son prédécesseur.

Les catholiques, pouvons-nous y lire, bon gré mal gré, sont rejetés hors de la République vers la monarchie.

Et Rome leur dit : « Je ne m'y oppose pas. Allez ! »

Tel est le fait nouveau grave que nous avons cru devoir signaler sous ce titre : « Une ère nouvelle. »

Cesl la tin. In condamnation de la politique du ralliement, polilique de dupes qui ne pouvait, à Rome, provenir que dune méconnaissance lamentable de Vétat réel de notre pays, et chez nous que de Vambition de monarchistes pressés de passer à Vennemi...

Nous avons toujours estimé que la forme du gouvernement est une question relativement indifférente et que tout -est dans le fond.

Telle République pourrait être supportable et telle mo~ narchie insupportable.

L*éliquette sur la fiole ne modifie pas la liqueur.

Or, celte liberté religieuse nous fut contestée, refusée dans le début.

Gambetta commença, et tous, tous sans exception jusqu'à Combes, ont continué la persécution et augmenté l'inbolérance.

J'aurais compris le ralliement, si la République eût donné des gages.

Mais plus on se ralliait, plus elle témoignait de son hostilité pour se dégager de la compromission du calholicisnié.

A telle enseigne que le ralliement était devenu un nonsens, i*ne stupidité.

Il a délinitivement disparu avec Léon XUl ou plutôt arec Rampolla qui était le vrai maitre au Vatican.

Grâce au nouveau Pape, une ère nouvelle s'épanouit, rre de liberté pour les consciences catholiques.

Et c'est à la République de voir si oui ou non, elle vvut avoir le catholicisme de son côté ou contre elle.

Ainsi posée, la question est déjà résolue. (P. de Cossagnac^ Univen-s du 15 mai 1904).

Dans les milieux conservateurs, l'idée qu'exprime M. de Gassagnac» fait son chemin et, l'année suivante, une f-euille royaliste de province, la Revue de VOuest déclare sans ambages :

Si la politique quinvoquent les ralliés fut celle de Léon XIII, elle n'est plus celle de Pie X. Léon XIII est mort ; c'est Pie X qui l'a remplacé. Il semble que cet événement ne compte pas pour l'école nouvel îe. Ft pourtant, par cet événement, il y autre chose qu'un pape de plus, 11 y a bn.-* uiitMitalion iiouvollo qui nous arrive du Vatican (Ij.

C'est alors qu'un ancien Jésuite, M. l'abbé Barbier, se décide à entrer en camixigne. M. l'abbé Barbier qui, si nous sommes bien renseignés, remplit à VAutoiité,

(1) Cité par i'ErcU brmorrati'iue du [\ d«>coinbre 1905.

roffioe de théologien, avait révélé son existence, au public par une brochure intitulée : Les erreurs du Sillon, et dans laquelle il instituait, contre Marc Sangnier et ses amis, le plus filandreux et le moins probant des procès de tendances. Maintenant, il va s'occuper de Léon XllI et, dans une série de brochures : L^n cas de conscience, Rome et r Action Libérale Populaire, Les progrès du Libéralisme catholique en France sous Léon XllI, s'attacher à discréditer, aux yeux des catholiques de Franc<% les directions du prédécesseur de Pie X.

Pour donner une idée de Sc4 nianièiv, citons cette

«pprériation :

Assiuêment, le souci des grands intérêts de l'Eglise et de notre pays a inspiré l'intervention de Uon XIH dans notre pontiquo électorale, mais, il ne viendra, je pense, à Vesprit de personne de dire que cette politique relevait de son cuguste mission. 'l\ome et VAction libérale populaire, p. 52).

... On sait le magnifique élan des caUioliques français dans celte campagne (les élections de 1885) ; deux cents siôges gagnés au premier tour, grâce à l'union de tous les honnêtes gens résolus à défendre la liberté religieuse.

Que serait-il advenu s'il avait été sincèremefnt secondé par le Souverain Ponlilc et par Vépiscopat ? Si, du moins, cet élan pour la résistance n'avait été mdlement contrarié par eux ? Il est bien probable que beaucoup de divisions et de ruines nous auraient été épargnées. {Rome et l'Action libérçLle populaire^ p. 54).

Il va de soi que les réactionnaires sont raus de compter dans leurs rangs, un auxiliaire tel que celui-lk

L'Autorité aitnonce ses livres avec enthousiasme. Nul autre n'a si bien parlé du rôle de Léon XIII et de son intervention dans les affaire3 de France. Il y a là, tout ensemble, une histoire et une leçon :

Tf'UU' criV: h.5l,.re, * j'Ae Crtîe !eç:n ncus 5emb>: ron— U^nirf: .i/if^ ce siiTiple Ccrohairc de la U.èse II «iu liviv de l'aMi»' liùTÏÀer : Sans seruter U$ fins mysUriruses de la Proiulcnce, pour lesqtuile% Léon XIII a été élu suoyesseur de saint Pierre^ on peut croire que D'jf*u a voulu donner au monde une preuve de rinfaUHhihté du Pape, et, an même temps, marquer les limite^ et le raract'^re de cette infail' libmté.

On ne saurait mieux dire : Léon XIII, Souverain Pontife, docteur universel, en.v^ignant les membres de l'Eglise ei les peuples dirétiens, fait « rayonner sur le monde la pureté, l'ampleur et la majesté de sa doctrine >.

Léon XIII, personne privée et homme pol. tique, a commis les plus gravies erreurs, et, bien plus, les encycliques de Léon XIII renferment la condamnation de sa propre poUtique. (Autorité du 6 avril 1907 .

Cest la même idée que M. Dimier développe dans VAction française, M. Dimier n est pas un personnage qnelccrnque ; adveraaire intransigeant du 5i7/on et des catholiques démocrates, il s'érige volontiers en gardien de rorthodoicie, et la Craiœ qui se tait quand il attaque la mémoire de Léon XIII, le cite avec oomplaisance quand il risque ce tour de force d'englober Marc Sangnior dans la condamnation des erreurs mockrnistes. n convient donc de retenir le jugement qu'il porte sur le pape défunt :

lj*on X///, d'opinion libérale à Pérouse, écrit-il. resta d^ opinion libérale en son particulier sur le siège de saint Pierre. Ses encycliques n'eurent garde de montrer cette opinion : la /onction en ceci demeurant plus forte que Vhomme ; mais ce qui, sortant de Vhomme, retourne à Ihontme, lut tout orienté à la revanche du libéralisme condamné sous^ Pie IX. Ce qui s'on serait fallu pcuWtre, à cause, soit des mesures que la fonction impose, soit de celles que lesprit de Thomme ra^mc comportait, fut obtenu des indulgences que ÏJon XIII accordait aux tenants de sa politique. Celaient les mêmes dont les écrits compromettaient d'autre part la doctrine.

Toutes ces causes devaient mettre en vingt-cinq ans les choses au point où nous les voyons aujourd'hui. Le danger doctrinal, signalé par les coivdamnntions des Murrt et des Fogazzaro, par le récent discours aux cardinaux, par les mesures commencées de VEpiscopat contre le Sillon, ne 'pouvait manquer de se déclarer à la suite d'un pareil pontiiicat. Ceux qui ont vu grandir ce danger ^ ne douteront pas de cette raison des effets. Ceux à qui celte connaissance manquera, ne poun*ont mievx faire que de s'en instruire 4ans les deux volumes de M. l'abbé Barbier. En quelques mots, c'est la thèse môme de ce livre que je viens d'exposer. La preuve en est administrée par des documents sans riéplique, par une dialectique viclorieiise.

Les jeunes gens, en le lisant, seront sans doute étomiés de ce que leurs aînés ont vu. Ils se demanderont comment une politique Imposée au nom du Saint-Siège a pu s'exercer dans ce sens-là, comment l'esprit des catholiques a pu tenir contre ce spectacle d'une résistance aux lois de persécution incessamment tenue en échec par une diplomatie aveugle, des organes catholiques désavoués, des ennemis de l'Eglise caressés, des condamnations doctrinales rendues vaines par les ménagements que l'on gardait pour les personnes.

Je conseille à ces jeunes gens de considérer dans ce livre un autre spectacle : la doctrine gardée dans les encycliques de Léon XIII, non seulement gardée, mais poussée avec une triomphante vigueur contre l'erreur sous toutes ses formes, la vertu de la chaire de saint PieiTe intacte et agissante au milieu des intrigues des hommes ; l'enseignet ment un, malgré l'effort des dissidences ; la sainteté de l'Eglise victorieuse de tout : au point que le nouveau Pape, à la veille des mesures qui dénonceront le péril et y mettront un terme, peut défier l'histoire de relever la moindre contradiction entre Léon XIII et Pie X, dans ce qui vient du pape ot appartient au pape^

Le péril de V Eglise est venu du premier ; mais de celui-là - m&me sortent les enseignements dont le second n'a Qu*à faire usage pour y pourvoir et lanéantir. (Article de M. Dimier dans VAclian française, cité par le Bulletin de la Semaine du 26 juin 1907).

Veut-on, maintenant, savoir quel état d'esprit de pareilles agressions peuvent engendrer dans Vùme des sinripies, ceux-ci fûssent-ils revêtus de la soutane et, comme tels, obligés, semble-t-il, à une certaine retenue dans leurs appréciations ?... Qu*on lise donc ces passages d'un article publié par une sorte de bulletin religieux, qui porte ce titre : « Le pèlerinage d'Aigny- sur- Marne II, il en l'honneur de Saint-Martin et de tous les saints de FYance », et qui «>t dirigé par M. Tabbé Appert, curé de la dite localité :

Le Bulletin d'Aigny n'a jamais dissimulé ses sentiments : il est royali-4€. 11 n'est pas le seul de cette religion. Toxxs les Français qui veulent être sincères sont royalistes.

... Et lorsqu'à la messe paroissiale, le chantre entonne, par ordre, le Domine Rempublicarn^ le curé entend monter de tous les bancs un silence qui crie : « Mon Dieu, que les curés sont donc bétes ! »

... La religion est im des grands intérêts publics : ii n'est pas l'unique. Il y a d'autres questions vitales, et qui nous pressent. La religion se tirera d'affaire : la France, ce n est pas .*>ûr. Le catholicisme n'a pas à craindre de périr en France ; celle qui peut craindre de périr, c'est la France.

... C'e^l dans ï Action française que le Btdletin dAigny s'est enrôlf. 11 n'en veut plus, il n'en veut plus de ces grands hommes politiques, de ces grands stratèges de la Défense libérale... .Numéro du mois de mai 1907i.

Ayant reçu, pour cet article, les félicitations d'un lieutenaut-rx)lonel, l'abbé Appert lui répond :

... Puisque la Démocratie catholique et Sillonniste parle si haut, et si doctoralement, il faut bien que le cri opposé soit jeté, n'importe par qui.

Oui, mon ccilonel, le clergé de Léon XII I a donné aux catholiques une mentalité de déliquescents. Vous a\'ez le mot : Débi i!é !

Oh 1 oui, il faut remonter le moral des Français par la Vérité inl'gnile i? en religion et en politique.

La grande espérance, c'est l'esprit de V Action française : largeur d'&me et discipline parfaite. {Même Téférence que plus haut).

Je pourrais multiplier ces citations, mais le lecteur estimera sans doute que c'en est assez et qu'aucune équivoque n'est désormais possible sur un tel sujet.

Voilà donc comnuent les réactionneiires apprécient les résultats du pontificat de Léon XIII !... C'est par sa faute que les catholiques français ont une mentalité de « déliquescents », et si l'Eglise veut être sauvée, il faut que Pie X réagisse de toutes ses forces contre le (( libéralisme » de son prédécesseur, et laisse cairte blanche à VAction françaiseu aux monarchistes, à tous ceux qui poursuivent le renversement dos institutions républicaines !...

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