LE PECHE DE RÊPUBUQUE
Est-il légitime, est-il possible d'être en même temps catholique et républicain ?
Oui, répond l'Eglise ; non, pépondient les réactionuedveB,
Vpid, se rapportan à cette question, trois textes significatifs : **
1« Extrait de la Semaine Religieuse de Cambrai :
II est impossible que Ton aime la République sans aimer un, peu la Maçonnerie. Ce mot est d'Anatole de la Forge ; il a été publié dans le Bulletin maçonnique du 1" juillet 1894 ; il est d'une justesse rigoureuse fl). Tous les , vrais républicains sont dévoués à la Franc-Maçonnerie qu'ils considèrent comme TAme même de la Révolution. (Semaïkne /?e* ligieuse de Cambrai, 31 mars 1906).
(1) Comparez cette opinion avec le passage suivant du^ Livre Blanc du Saint-Siège sur la séparation :
N Les adversaires de l'Eglise usent d*un sophisme trop évident. Ils identifient arbitrairement la RépuMique avec leurs doctrines et leurs lois antichrétiennes, et si l'Eglise ne les accepte pas, ils l'accusent d'opposition systématique à la République et en prennent préte;cte pour de nouvelles violences. Il est d^ailleurs évident que les institutions républicaines ne sor\t pa^^ par eUeÉ-mém^s, antichré'^ tiennes... »
f Extraits d'an article de M. Erne^î Renau:d intitulé u Delenda Carthago a :
Si avoir de l'argent pour nos œu\Tes et notamment pour le denier du culte n'est pas une garantie certaine d*existenoe, ainsi que nous le dsions hier, quelle est donc la solution ?
La êoluiian certaine, et ce sera là ma conclusion, ceêt de renverser la république J).
Tout ce que nous ferons et qui ne tendra pas vers ce but est condamné à demeurer lettre morte...
... La crise de l'Eglise de France n'est pas une crise religieuse, mais jiolitique.
Pendant la r. volution, le catholicisme fut proscrit, nos prêtres guillotinés, I*e.\ercice du culte interdit ; mais il serait faux de dire que c'était la une crise religieuse ; conmie aujourdlmi, la crise élait politique, due à un régime anti-
• 1, Il 6'cn faut qu'en général les évèques de France soient lU: 1 .'iVLs de M. Ernest Renauld. Par exemple, Mgr du Vauroux s'exprime ainsi dans une instruction pastorale que la Croix du 14 septembre 1907 a reproduite en partie :
« Nous ne pensons pas, à la suite d'une certaine école, qu aucun progrès dans la justice ne sera possible si la Coi^titution de 1875 n'est pas changée, si la forme républicaine du gouvernement subsiste encore. Outre que la coni rplion démocratique n'a rien d'incompatible en elle-même uycn le christianisme, nous n'apercevons ni le moyen de •Icloumer le suffrage universel de ses préférences consiam^ ment manifestées depuis trente-cinq ans, ni l'utilité de reprendre à notre compte une tactique longtemps funeste à. 1 Eglise, en nous inféodant aux partis monarchistes. Ce que les adversaires de la religion présentent à leurs électeurs comme une réalité incontestable, afîn de les soustraire à notre influence, nous devons le démentir par des faits, bien plus que par des parolo.s. Il faut qu'on le sache, nous ne poursuivons aucun but politique, nous n'avons aucune arrièrepensée ; une soiilo inspiration nous guide à travers les luttes de chaque jour : la foi dans là mission sublime que nous a confiée notre Maître et notre Chef Jésus-Christ ».
Notons, en passant, que les principaux collaborateurs du ^leil sont, avec M. Ernest Renauld, MM. de Ramel,, Floarcns, Biélry et l'abbé Caffrc.
catholique ; cette crise n'aurait pas eu lieu avec Louis XVI et c'est un nouvel état de choses politique, le premier Empire, qui la fit disparaître.
Le remède à la situation du catholicisme n'est donc que dans un changement de régime politique.
Il faut détruire la république, le répéter sans cesse, dans les dr constance s les plus variées...
... Il faut détruire Carthage !
Mais comment, demanderez-vous, puisque nous avons des Chefs dont le plus vif éloge qu'on en puisse faire, c'est de dire qu'ils sont de braves gens T
Commençonsi par en changer et t&chons de mettre la main sur un homme qui soit organisateur et administrateur.
Il n'est pas utile qu'il ait l'éloquence et la valeur de Cicéron, mais il est indispensable qu'il ait la volonté persévérante de César.
Cet homme-là saura trouver les millions nécessaires pour créer un parti vigoureux et fort, au Prince qui incame nos espérances... ^Soleil du 20 septembre 1907).
3*» Extrait d'un placard édité par le Petit Panache, journal royaliste illustré. Ce factum intitulé <( La Guerre Religieuse » fut distribué à profusion lors des inventaires des églises, au début de 1906 :
Pendant ces dernières années, un cei^tain nombre d'honnêtes gens avaient hésité, croyant qu'en se ralliant à la République, ilsi pourraient en changer l'esprit scélérat.
Hs s'aperçoivent aujourd'hui que la République est antichrétienne par essence et que le seul moyen vraiment efficace d arrêter l'effet de sa haine antireligieuse, est d'aider h détruire le régime lui-môme.
Non ! désormais^ on ne pourra plus être à la {ois catholique et républicain.
Les deux mots sont devenus, par la force des choses, aussi opposés l'un & l'autre que la nUt et le jour.
C'est pourquoi le premier cri que devra désormais pousser tout bon catholique, ou même tout homme simplement
soucieux'de la liberté de consciencet c*est : A bas la République 1
Et, maintenant, si le lecteur veut se documenter plus richement, qu'il s'abonn« à la Gazette de France^ au Soleil, à ÏAutorité ou à la Libre Parole,