‹ de lesprit des loisChapitre 100 sur 168 · CHAPITRE ÏX · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÏX

Gomment les biens ecclésiastiques furent convertis en fie£s.

Lei biens fiscaux h'auroient dû avoir d'autre destination que dé servir aux dons que les rois pouvoient faire pour inviter les Francs à dfe nouvelles entreprises , lesquelles augmentaient d'un autre coté les biens fiscaux; et cela étoit , comme j'ai dit, l'esprit de la nation : maisjes dons prirent un autre cours.' Nous avons un discours de Chilpéric , petit-fils 4e Clovis , qui se plaignoit déjà que ses biens avoient été presque tous donnés aux églises \ <* Notre fisc est devenu pauvre, di- « soit-il ; nos richesses ont été transportées aux « églises •. Il n'y a plus que les évêques ^ui régnent; a ils sont dans 1$ grandeur, et nous n'y sommes « plus. »

Gela fit que les r maires, qui n'osoient attaquer les seigneurs, dépouillèrent les églises : et une des raisons qu'allégua Pepiri , pour entrer en Neustrie, fut qu'il y avoît été invité par les ecclé-

* Dans Grégoire de Tours, liv- vi, ch* xiivr.

* Gela fit qu'il annula les testaments faits en faveur des églises , et même les dons faits par son père : Gontràn lès rétablit, et fit même de nouveaux dons. Grégoire de Tours, liv. vu , ch. vu.

i44 DE l'esprit des lois.

siastiqùes, pour arrêter les entreprises des rois, c'est-à-dire des maires, qui privoient l'église de tous ses biens \

Les maires d'Austràsie,. c'est-à-dire la maison des Pépins, avoit- traité l'église avec plus de modération qu'on n'avoit fait en Neustrie et en Bourgogne; et cela est bien clair par nos chroniques, où les moines ne peuvent se lasser d'admirer la dévotion et la libéralité des Pépins \ Ils avoient occupé eux-mêmes les premières places dé l'église. « Un corbeau ne crève pas les yeux à « un corbeau , # » comme disoit Chilpéric aux évêques** - .

Pépin soumit la Neustrie et la JBourgogne ;mais ayant pris, pour détruire les maires et le£ rois, le prétexte de l'oppression des églises, il ne pouvoit plus les dépouiller sans contredire sçn titre, et faire voir qu'il se jouoit de la nation. Mais la conquête de deux grands royaumes et la destruction du parti opposé, lui fournirent assez de moyens de contenter Ses capitaines.

Pépin se rendit maître de la monarchie* en protégeant le clergé : CharlesJVfartel , son fils r ne

1 Voyez les Annules de Metz, sur l'an 68*7. Excitor imprimis querelis sacerdotum et serreruirt Dei , qui me sserpius adierunt ut pro subjatis injuste patrimoïkiis, etc. ' : " '

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1 Dans Grégoire de Tours.

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