‹ de lesprit des loisChapitre 99 sur 168 · LIVRE XX^I, CHAPITRE VÏ1I. l · texte numérisé non relu

LIVRE XX^I, CHAPITRE VÏ1I. l

Romains, cherchèrent à le devenir; et qu'afin qu'ils ne fussent .pas privés de leurs domaines, on imagina l'usage de donner «on aleu au roi, de le recevoir de lui çn fief, et de lui désigner ses héritiers. Cet usage continua toujours, et il eut surtout lieu dans les désordres de la seconde race, où tout le monde avoit besoin d'jin protecteur , et vouloit faire corps avec d'autrçs seigneurs ', et entrer, pour ainsi dire, flans la monarchie féodale, parce qu'on n'avoit plus^la monarchie politique.

Ceci continua dans la troisième race, comme on le voit par plusieurs Chartres, % soit qu'on donnât son aleu^t qu'on le reprît par. le même acte , soit qu'on le déclarât aleu , et qu'on le reconnût en fief. On appeloit ces fiefs fiefs dp* reprise.

Cela ne signifie pas que ceux qui avoient des fiefs les gouvernassent en bons pères de famille ; et, quoique les hommes libres cherchassent beaucoup àavoit des fiefs* ils traitaient ce genre de biens comme on administre aujourd'hui les usufruits. C'est ce qui fit faire à Gharlempgne, prince le plus vigilant et le plus attentif que nous ayons 0u,

1 Non infirmis reliqûit hœredibus, dit Lambert d'Àrdres, dans du Cange, an mot alodis.

1 Voyez celles que du Gange cite au mot alodis,et celles querap» porte Galland, traité du franc-aleu , p. i4 et suiv.

\!\i de l'esprit des Lois.

bien des réglemente pour empêcher qu'on'ne dégradât le? fiefs en faveur de ses propriétés \ Cela prouve seulement que, de son temps, la plupart des bénéfices étoiént encore à vie, et que par conséquent on prènoit plus de soin des aïeux que des bénéfices : mais cela n'empêche pas que l'on n'aimât encore mieux être vassal du roi qu'homme libre. On pouvoit avoir des raisons pouç disposer d'une certaine portion particulière d'un fief, mais on ne vouloit pas perdre sa dignité même.

Je sais bien encore que Çharlemagne se plaint dans un capitulaire que /dans quelques lieux, il y avoit des gens qui donnbient leurs fiefs en propriété , et les rachétoient ensuite en propriété*. Mais je ne dis point qu'on n'aimât mieux une propriété qu'un usufruit : je dis seulement que lorsqu'on pouvoit faine tfiïn âleu un fief qui passât aux héritiers, ce qui est le cas de la formule dont j'ai parlé , on avôit de grands avantages à le faire.

* Capital, il de l'an 8oa, art. fo; et le capital, vu de Tan 8o3, art. 3 j et le capital t, incerti 419*9* ,' art. 49$ tt le capitulaire de Tau 8o6> art. 7.

* Le cinquième de Fan 806, art. 8„

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