LIVRE , X^ptf , CHAPITRE XXX
de disputer à une maison étrangère ses droits incontestables à Venjpire ; et qu'enfin , du temps de Hugues Capet, la maison régnante, dépouillée de tous ses domaines, ne put pas même soutenir la couronne. * / „
La foiblesse d'esprit de Charles4e-CHauve mit en France une égalé foiblesse dans l'état. Mais com me- Louis- le-Germanique, son .frère, et quelques-uns de ceux qui lui succédèrent eurent de plus grandes qualités, la force de leur état se soutint plus long-temps.
Que dis-je ? peut-être que l'humeur flegmatique, et, si j'ose le dire, l'imtoutabilité de l'esprit de la nation allemande, résista pi us long-temps que celui delà nation frariçoïse à cette disposition des, choses qui faisoit quelles fiefs, comme par, une tendance naturelle , se perpétuoient dans les familles.
J'ajoute -que le royaume d'Allemagne né fut pas dévasté^ et, pour ainsi dire, anéanti, comme le fut celui de Fraïice ^ par ce, genre particulier de guerre que lui firent les Normands et lès Sarrasins. Il y avoit moins de richesses en Allemagne , moins de villes à saccager , moins de côtes à parcourir, plus de marais à franchir, plus de forêts à pénétrer. Les princes, qui ne virent pas à chaque instant l'état prêt à tomber, eurent moins besoin de leurs Vassaux, c'est-à-dire en dépendirent moins-
Et il y a apparence que si les empereurs d'Allemagne n'avoient ,été obligés de s'aller faire couronner à Rome, et de faire des expéditions continuelles en Italie , les fiefs auroient conservé plus long-temps chez eiix leur nature primitive.