‹ de lesprit des loisChapitre 143 sur 168 · PREMIERE OBJECTION · texte numérisé non relu

PREMIERE OBJECTION

ce L'auteur tombe dès le premier pas. Les lois , « dans la signification la plus étendue, dit-il, sont a; les rapports nécessaires qui dérivent de la na-> « ture des choses. Les lois des rapports! cela se > conçoit-il?... Cependant l'auteur n'a pas changé « la définition ordinaire des lois sans dessein. « Quel est donc son but ? le voici. Selon le nou- « veau système , il y a entre tous les êtres qui « forment ce que Pope appelle le grand tout un « enchaînement si nécessaire que le moindre dé- « rangement porterait la confusion jusqu'au trône « du premier être. Cest ce qui fait dire à Pope que « les choses n'ont pu être autrement qu'elles ne « sont ; et que tout est bien comme il est. Cela « posé , on entend la signification dé ce langage «nouveau, que les lois sont les rapports nécesé saires qui dérivent de la nature des chosej. A i quoi l'on ajoute que dans ce sens tous les êtres «ont leurs lois; la divinité a ses lois; le monde « matériel a ses lois; les intelligences supérieures « à l'homme ont leurs lois ; les bêtes ont leurs « lois ; l'homme a ses lois. »

RÉPONSE

Les ténèbres mêmes ne sont pas plus obscures

M l'esphit des lois. a 17

que ceci. Le critique, a ouï dire que Spinosa admettoit un principe -aveugle et nécessaire qui gouvernoit l'univers : il ne lui en faut pas davantage; dès qu'il' trouvera le mot nécessaire, ce sera du spinosisme. L'auteur a dit que les lois étaient un rapport nécessaire : voilà donc du spinosisme» parce que voilà du nécessaire. Et ce qu'il y a de surprenant, c'est que l'auteur, chez lé critique, se trouve: spinpsiste à cause de cet article , quoique cet article combatte expressément les systèmes dangereux. L'auteur a eu. en vue- d'attaquer le système de Hobbes; système terrible, qui,. faisant dépendre toutes les vertus et tous les vices de l'établissement des lois que les hommes se sont faites, et voulant prouver que les hommes naissent tous en état de guerre , et que la première loi naturelle est la guerre de tous contre tous, renverse, comme Spinosa, et toute religion et toute morale. Sur cela Fauteur a établi, premièrement, qu'il y avoit des lois de justice et d'équité avant l'établissement des lois positives : il a prouvé que tous lfes êtres avoient des lois, que, même

avant leur création , ils avoient dès lois possibles ; que Dieu lui-même avoit des lois, c'est-à-dire , les lois qu'il â'étoit faites. Il a démontré qu'il étoit faux que les hommes naquissent} en état de guerre ;

1 Liv. i f ch. 11.

Ôl8 DEFENSE '

il a fait voir que l'état. de guerre n'a voit commencé qu'après rétablissement des sociétés ; il a donné là- dessus des. principes clairs. Mais il en résulte toujours que l'auteur a attaqué les erreurs de Hobbes et les conséquences dç celles de Spinosa ; et qu'il lui est arrivé qu'on l'a si peu entendu , que l'on a pris pour des -opinions de Spinosa les objections qu'il fait contre le spinosisme. Avant d entrer en dispute, il faudrait commencer par se mettre au fait de l'état de la question , et savoir du moins si celui qu'on attaque est ami on enohuL

seconde objection.

Le critique continue : « Sur quoi Fauteur cite « Plutarque , qui dit que la loi est la reine de tous «les mortels et immortels. Mais est-ce d'un «païen? etc.»

RÉPONSE

11 est vrai que l'auteur a cité Plutarque qui dit que la loi est la reine de tous les mortels et immortels,

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