‹ de lesprit des loisChapitre 154 sur 168 · ÉCLAIRCISSEMENTS · texte numérisé non relu

ÉCLAIRCISSEMENTS

ira

Quelques personnes ont fait cette objection:

dans le livre de l'Esprit des lois, c'est i ? honnëtir ou la crainte qui 3ont le principe de certains gouvernements^ non pas la vertu; et la vertu n'est k principe que de quelque» autres: donc les vertus chrétiennes ne sont pas requises dans la plupart des gouvernements, v

Voici la réponse : l'auteur a mis cette note gu chapitre V du livre troisième : « Je parle ici °de la « vertu politique qui est la vertu morale , dans le « sens qu'elle se dirige au bien général ; fort peu « des vertus morales particulières.; et point du « tout de cette vertu qui a du rapport aux vérités « révélées. » Il y a au chapitré suivant , une autre note qdi renvoie à celle-ci; et, <atix 'chapitres II et III du livre cinquième, Fauteu* à défini sa

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-vertu , r amour de la patrie. Il définit l'amour' de la patrie, F amour de- F égalité et de la frugalité. Tout le livre cinquième pose sur ces principes.. Quand un écrivain a défini un mot dans son ouvrage ; quand il a donné , pour ine servir de cette expression ,j on ' dictionnaire ; pe faqt-il pjis entendre ses paroles suivant la signification qu'il leur adonnée?

Le mot de vertu, comme la plupart des mots de toutes les langues, est pris dans diverses acceptions: tantôt il signifie les vertus chrétiennes, tantôt les vertus païennes; souvent une certaine verdir chrétienne v ou hiea^ une certaine vertu paitipuei; quelquefois la force; quelquefois , dans quelque© langteg, une certainç capacité pour un art ou de certain* art*. Ce$t cfeqoi précède 4>u ce qiii suit cemo^ qui eq fixe la signification. Ici l'auteur q. fait plus: il a donné ptameowfyte a& définition. On n'a donc fait l'objection que parce qu'on a hj l'ouvrage avec trop dè'rapidité. < "

^'auteur a dit au Uy^e JI , c^tpMjre BI: * La « meilleure aristocratie çst qglje ojx la partie du « peuple q^i n> point de part à, la puissance est si « petite et si pauvre que la partie dominante n'a

sur x'esprit des lois. 395

ce aucun intérêt à l'opprimer. Ainsi, quand Anti- « pater établit a Athènes que ceux qui n'auroient « pas deux mille drachmes seroient exclus du « droit de suffrage ', il foiina 1a meilleure arisf o- « crâtie quiiut possible; parce qije ce. cens étoit s'i « petit qu'il n'excluoit que peu de gens, et personne « qui eût quelque considération dans 1^ cité. Les « familles aristocratiques doive qt donc être peuple « autant qu'il est possible. Plus une aristocratie « approchera de là démocratie, plus elle, sera par- « faite j et elle le deviendra moins à mesure «Ju'elle « approchera de la monarchie, y . .

Dans une lettre insérée dans le journal de Trévoux du mois d!avnl 1749? on , a objecté à l'auteur sa citation même. On a, <Ht-oa, devant les.yeipt l'endroit cité,\et on y trouve qu'il n'y avoit que neuf mille personnes qui eussent le cens prescrit par Antipater ; qu'il y en avoit vingt-, deux mille qui tiç l'àvoient pas: d'oijl'ou conclut que l'auteur applique mal ses citàtiws, puisque, dans cette république d'Antipater, le petit nombre étoit dans le cens, et que le grand nombre n'y étoit pas.

1 Diodore, liv. xyiii, p. 60 1 , édit. de Rhôdoman.

2C)6 ECLAIRCISSEMENTS SUR l^EàPRIT DES LOIS.

fliPONSE.

Il eût été à désirer que celui quia fait cette critique eut fait plus d'attention, et à ce qu'a dit l'auteur, et à ce qu'a dit Diodore. ' \

f. Il n'y avoit point vingts-deux mille personnes qui n'eussent pas le cens dans La république d'Antipater: les vingt-deux mille personnes dont parle Diodore furent reléguées et établies dans la Thrace; et il ne resta pour former cette république que les neuf mille citoyens qui avoient le cens /et ceux du bas peuple qui ne voulurent pas partir pour la Thrace. Le lecteur peut consulter Diodôre.

a*. Quand il seroit resté à Athènes tàngt-deux mille personnes qui n'auroiént pas eu le cens, l'objection n'en seroit pas plus juste. Les mots de grand et de petit sont relatifs : neuf, mille souverains dans un état font un nombre immense; et vingt-deux mille sujets dans le même état font un nombre infiniment petit.

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