‹ De l’hallux valgusChapitre 7 sur 25 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Anatomie.

C'est chez l’homme que le gros orteil est le plus développé : il manque chez la plupart des mammifères. Il apparaît petit, rabougri, symétrique au 5° ou plus petit que ce dernier, chez plusieurs carnivores pentadactyles.

L'éléphant et les autres proboscidiens forment une des rares familles qui réalisent à peu près dans leur squelette podalique postérieur le type pentadactyle du pied humain ; cependant le premier orteil est encore rudimentaire.

Plus développé chez le singe, il reste encore bien en arrière des autres. Il constitue ce pouce postérieur, court, écarté et opposable, qui à servi de base aux anciens z00logistes pour établir l'ordre des quadrumanes. Arrivé à ce degré de développement dans la série animale, le premier orteil s’allonge avec son métatarsien, et, à mesure qu'il avance, iltend à s’unir aux autres, de façon à détruire cette bifidité qui est le caractère du pied simien. Ce développement se fait à travers les anthropoïdes jusqu’à l'homme.

« Chez l'orang, dit Owen (1), le gros orteil n’atteint pas l'extrémité du 2° métatarsien. Chez le gorille, il atteint l'extrémité de la première phalange du second orteil. Chez l’homme, il devient le siège d’un développement ex-

(4) RicHarD Owen, On the anatomy of vertebrates, 1866.

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cessif, il arrive au niveau de la dernière phalange du 2° orteil, ou même la dépasse. C’est l'hallux ».

L'articulation qui unit la tête du premier métatarsien à la première phalange est une enarthrose (Poirier) (1): la tête métatarsienne est aplatie transversalement ; du côté de la phalange existe une cavité glénoïde qui se trouve agrandie en bas et en arrière par un fibro-cartilage, le fibro-cartilage glénoïdien.

Une capsule lâche unit entre elles les surfaces articulaires, renforcée par deux ligaments latéraux et un ligament transverse, Ce qui caractérise l'articulation du premier orteil, c’est que son fibro-cartilage glénoïdien possède dans son épaisseur deux os sésamoïdes, l’un interne et l'autre externe. Ces os se creusent sur la tête du premier métatarsien deux sillons ou gouttières à direction antéropostérieure : chacune de ces gouttières revêt laforme d’une petite poulie dans laquelle glisse le sésamoïde correspondant, toutes les fois que le premier orteil se fléchit ou s'étend sur son métatarsien (Testut) (2).

De nombreux muscles agissent par léur contraction sur le gros orteil: parmi eux, les uns sont fléchisseurs, les autres extenseurs. Mais, on peut de plus retrouver chez l’homme les vestiges de la structure du pied simien ; en d’autres termes, les muscles qui chez les anthropoïdes permettent l'opposition du premier orteil, sont presque tous représentés chez l’homme.

A la face plantaire, le long et le court fléchisseurs agissent sur l’orteil dans le sens de la rectitude. L'adduc-

(1) Porrier, Anatomie humaine, t. F1, p. 724. (2) Tesrur, Anatomie humuine, t. T, p. 456.

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teur du gros orteil tend à attirer ce dernier en dedans, les faisceaux oblique et transverse de l’abducteur exercent leur action de dedans en dehors.

À l’état normal ces forces se sont à peu près équilibrées ; mais, que l’orteil se dévie un peu, et l'équilibre sera rompu en faveur de l’abduction.

. De même à la face dorsale du pied, on rencontre : {°une force abductrice correspondant au premier faisceau du pédieux ; 2° une force légèrement abductrice qui correspond au long extenseur propre ; 3° une troisième force, qui s'oppose évidemment à l’abduction : cette troisième force est représentée par un petit tendon sur lequel les anatomistes ont longtemps discuté. Sappey l'appelle ten-

don filiforme. Testut, Debierre et d’autres, tendon surnuméraire de l’extenseur propre. Beaunis et Bouchard en font une expansion fibreuse de l’extenseur propre ; d’autres n’en parlent pas du tout. Henle (1) n’admet son existence que dans la moitié des cas. G. Wood (2), en 1868, le rencontre dans les 4/5 des cas ; enfin, Grüber, professeur d'anatomie à St-Pétersbourg, le considère comme constant: d’après ses dernières recherches (3), il manquerait seulement 1 fois sur 40.

(4) Henze, Handb. d. Muskellehre d. Menschen., Brunsvick, 1858, p. 271.

(2) Woop, Variations in human Myology., Proceedings of the Royal Society of London, vol. XVI, London, 1868, p. 518.

(3) GruBer, Archiv. für Anatomie, Physiologie, etc. Leipzig, 4875, p. 574.

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