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Pourtant, d’une façon générale, chez les peuples qui marchent pieds nus, il n’y a pas de déviation de l’orteil en dehors considérable.
Aïnsi, on a pu constater que chez eux, tels que les Fouégiens, les Galibis, les Araucaniens, la presque rectitude de l’orteil s'accompagnait souvent d’un écartement considérable de l'orteil et du métatarsien vis-à-vis du 2° orteil et du 2° métatarsien. Cet écartement qui fait ressembler le pied de l'homme à celui du singe serait caractéristique du pied adulte n'ayant jamais porté de chaussures : c’est sur ce fait que s'appuie Testut pour établir que l'homme préhistorique de Chancelade (1) n’a jamais porté de chaussures.
Mais la chaussure, qui était seule incriminée par Broca dans la production de l’hallux valgus, fut pour certains auteurs une simple coïncidence : des théories diverses el nombreuses furent soutenues, dans lesquelles on mit en avant les muscles, les ligaments, une diathèse, une disposition anatomique spéciale, ete. ; Redard (2) à fait une classification de ces théories : il les a rangées en quatre
catégories :
1° Théorie musculaire ; 29 °— mécanique ; 3 — ligamenteuse ; 4 — ostéo-articulaire.
Lafourcade adopte cette classification ; en effet, elle a l'avantage d’être extrêmement claire: elle est schéma-
(1) Tesrur, Le squelette quaternaire de Chanelade, 1889. Extrait de la Société d'anthropologie de Lyon, p. 121, planche 14e, (2) Reparo, Chirurgie orthopédique. Paris, 1892.