‹ De L’Insertion Vélamenteuse Du CordonChapitre 12 sur 20 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Il semble que les auteurs qui se sont occupés de l’insertion vélamenteuse aient pris à tâche d’en assombrir le pronostic, et M. Poullet, l’un des accoucheurs qui a écrit le plus récemment sur ce sujet, déclare, dès le début de son travail, que cette disposition a pour le fœtus des conséquences très fréquemment mortelles.

Évidemment, pour eux, elle ne saurait exister sans s'accompagner d’une série d'accidents graves, tels que hémorrhagie du cordon, rupture prématurée des membranes, etc., landis que c’est le contraire que nous croyons exister, et que le plus souvent elle apparaît sans ce triste cortège. Il est probable que ces observateurs se sont trouvés en présence de cas éminemment difficiles, ou qu'ils ont. méconnu ou jugé de peu d’intérêt les faits où tout s'était passé normalement, comme dans les observations qui vont suivre.

Examinons maintenant en détail les inconvénients que peut avoir cetle anomalie du cordon soit pour le fœtus, soit pour la mère.

1° Fœtus. — Certains auteurs ont avancé qu’elle pouvait avoir une influence nuisible sur le développement du fœtus et par suite, entraîner l’avortement. C’est Hüter qui a le plus chaudement soutenu cette opinion : « Comment se fait-il que, dans certains cas, le fœtus souffre, se

Re

développe mal et soit expulsé avant terme, tandis que dans d’autres il ne paraît nullement se ressentir de l’anomalie, naît vivant ou périt foudroyé par hémorrhagie au moment de la rupture des membranes ”°? »

Pour expliquer ces différences, Hüter incrimine le mode de nutrition qui lui paraît défectueux, et cela d’autant plus que l'insertion du cordon sur les. membranes se fait en un point plus éloigné du bord placentaire. La circulation lui semble génée en raison directe de la longueur du trajet parcouru par les vaisseaux.

Bien plus, dit-il, à mesure que le fœtus se développe, les troncs vasculaires sont comprimés, et ce nouvel obstacle apporté au cours du sang relentit comme le premier sur la nutrition. La circulation peut même s’arrêter tout à fait et devenir la cause d’un avortement.

Telle est, en résumé, l'opinion de Hüter. Mais, outre qu'on ne comprend guère comment peut se produire la compression entre l’utérus el les membranes, ce que n’explique pas cet auteur, les faits sont là pour attester que la longueur du trajet parcouru par les vaisseaux à travers les membranes pour arriver au placenta, amène peu de changement dans le poids-et le volume du fœtus. Ainsi, dans une de nos observations, le poids du fœtus est de 3330 gr. el le trajet des vaisseaux à la surface de l’œuf de 8 centim. Dans une autre, ce trajet est de 13 centimètres, et le poids du fœtus n’en est pas moins normal.

Aussi, sommes-nous porté à croire, avec Crédé, que l'insertion vélamenteuse par elle-même n’a que peu d’influence sur la nutriion du fœtus, et que les variétés observées par Hüter devaient se rattacher à des causes étran-

Page 1