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2° MANUEL OPÉRATOIRE. — L'intervention se pratique sous anesthésie générale. La cuisse ou la jambe étant placée sur la planche couverte de la gouttière et des colliers d’acier qui la maintiennent, on serre à fond les écrous, d’une façon égale et progressive. Le collier embrasse la face postérieure du membre, dont il est séparé par la lame de cuir. Il doit toujours être le plus court possible. On ramène ensuite le curseur très près du point d’appui du levier.
L'appareil étant ainsi disposé, l’opérateur soulève l'extrémité du levier avec force, mais lentement et sans à-coups. Un craquement sec annonce bientôt que la fracture s’est produite. On dégage rapidement le membre de l’appareil au moyen de la vis d’échappement. Le membre redressé est alors immobilisé dans un appareil plâtré complet, remontant jusqu’au bassin. Deux aides, par des manœuvres d’extension sur la jambe et de contre-extension sur la cuisse, maintiennent le membre en rectitude pendant la dessication du plâtre.
Dans les cas, rares d’ailleurs (faute de technique opératoire ou os très éburnés), où une épine osseuse fait saillie sous la peau, il faut éviter avec grand soin une compression à ce niveau, sinon on s'expose à la production d’une escharre, qui revêt ici un haut caractère de gravité du fait du foyer de fracture sous-jacent. La même précaution est à prendre pour les points où les tissus ont été plus ou moins traumatisés
au cours de l’ostéoclasie.
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Dans les cas de courbures multiples sur le même os, on peut faire la correction en plusieurs temps ou en un seul temps (observations VII et XVI). Il faut alors avoir soin de commencer par la racine du membre de façon, au cours de la seconde ostéoclasie, à pouvoir immobiliser la fracture sus-jacente dans la gouttière même de l’ostéoclaste. Il est ainsi possible de produire sur un même os plusieurs fractures, toutes sous-périostées et sans chevauchement des fragments.
Lorsqu'on veut pratiquer une ostéoclasie haute du fémur, on inverse la disposition habituelle de l’ostéoclaste et on se sert non plus de l’extrémité du membre comme levier, mais du corps . du sujet (observation XVI).
A noter également que lorsque la courbure de los est très accentuée, il est quelquefois nécessaire de faire la ténotomie sous-cutanée du tendon d’Achille, les muscles s’opposant énergiquement au redressement (observation XV).
Certains chirurgiens ne redressent le membre que huit ou dix jours après l’opération, c’est-à-dire lorsque le cal est déjà solide, mais encore malléable. En procédant par étapes successives, « on arrive à un modelage de l’os absolument analogue à celui que l'on pourrait faire sur un bâton de cire légèrement ramoliie. » (Vignard et Vincent). Dans l'intervalle, le membre repose dans une gouttière plâtrée, prise avant l'opération sur le membre difforme. Daniel Mollière avait préconisé cette méthode en deux temps à la suite d’un accident qui lui était arrivé. Un malade,
anesthésié incomplètement, fit un mouvement après la rupture du fémur, avant qu’on ait eu le temps d'enlever l’appareil de Robin ; au lieu d’avoir une fracture sous-périostée, il eut une fracture complète avec déplacement.
Dans leur pratique, MM. Vignard et Vincent adoptent toujours la méthode de redressement immédiat, réservant le redressement retardé au genu valgum de grande angulation.