CHAPITRE IV
Suites opératoires et résultats éloignés de l’Ostéoclasie.
Les suites opératoires sont extrêmement bénignes et on n’a jamais observé de complications. Il est très rare de voir la température de l’opéré s’accroître. Il n’y a aucune douleur consécutive ; le membre ne présente ni tuméfaction, ni gonflement. L'état général reste excellent ; l’appétit et le sommeil sont conservés. La consolidation des os se fait en trois ou quatre semaines sans incident.
Certains opérés de Pousson contractèrent des fièvres éruptives quelques jours après l’opération. Le traumatisme opératoire n’eut aucun retentissement sur la marche de ces affections, qui, réciproquement, laissèrent s’accomplir normalement la consolidation osseuse.
Un mois environ après l'intervention, on enlève l'appareil plâtré. Il convient alors de prendre certaines précautions pour éviter de voir se reproduire les
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déformations. Il est prudent d'empêcher les petits malades de se servir trop vite de leur jambe en marchant plus tôt qu’il ne convient. Le moyen le plus pratique pour y arriver est de leur appliquer un appareil de soutien circulaire qui remonte assez haut pour entraver la marche. Pourtant, au bout de six à huit semaines, cet appareil n’est plus nécessaire et ils peuvent, sauf de rares exceptions, marcher comme ils veulent. C’est alors qu’on commence à juger des bienfaits de l’opération. La disparition des déformations de la jambe opérée, la rectitude de cette jambe montrent que les résultats sont déjà excellents.
On obtient constamment, au point de vue fonctionnel, des améliorations remarquables : ici c’est une enfant affligée d’un rachitisme généralisé tel, que la station debout ne lui est même pas permise, et qui, après l’intervention, marche librement et sans difficulté (observation XVI) ; là, c’est une petite malade à la démarche «en canard », aux jambes en X et dont les genoux s’entrechoquent, à qui l’ostéoclasie permet une restitution intégrale de tous ses mouvements et que nous retrouvons quelques années plus tard sous l’aspect d’une jeune fille admirablement conformée (observation IX).
I semble au premier abôrd que les résultats esthétiques immédiats soient moins brillants que les résultats fonctionnels. Cela tient simplement à ce que, chez les jeunes sujets rachitiques, les parties molles enveloppantes ne sont que peu développées par suite du mauvais état général et de l’immobilisation post-
opératoire. Les saillies osseuses sont alors bien plus apparentes et, de ce fait, la perfection de la forme semble moins gardée. Cet élément disgracieux disparaît progressivement par la croissance et le développement ultérieurs : l'observation IX en est un exemple frappant.
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