‹ De l’Ostéoclasie comme méthode de redressement des courbures rachitiques des membres inférieursChapitre 5 sur 34 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

L’ostéoclasie, bien que réellement entrée dans la pratique chirurgicale courante depuis seulement la fin du siècle dernier, est de date relativement ancienne. Hippocrate l’avait préconisée pour redresser certains cals difformes. Celse et Galien conseillaient la rupture du cal par une pression verticale sur l’angle saillant à l’aide des mains ou d’un bâton.

Pendant toute la période qui va de l’antiquité jusqu’à la fin du xvr siècle, l’ostéoclasie reste dans l’ombre. C’est à peine si elle trouve quelques partisans, dont Oribaze, Avicenne, Fabrice d’Aquapendente, qui ne manquent pas, tout en citant l’opération comme capable de donner des résultats satisfaisants, de laisser deviner leur appréhension de voir l’os se briser en un autre point que celui fixé par le chirurgien.

En 1699, se place l'heureuse tentative de G.-M. de la Motte. Ce chirurgien, en présence d’une fracture du fémur vicieusement consolidée, occasionnant un raccourcissement du membre, rompt le cal par l’exten-

sion forcée et ramène le membre opéré à sa longueur normale. À pareille époque, le Hollandais Johann Muys pratique avec succès la même intervention. Ces tentatives, qui eurent cependant un certain retentissement, restèrent isolées.

Au début du xix° siècle, l’ostéoclasie entre dans une période de faveur relative. On voit successivement apparaître diverses machines pour briser les os. La première en date (1811), est celle de Bosch, qui construit un appareil en forme de presse de relieur, auquel il donne le nom bien germanique de dysmorphostéopalinclaste. Quelques années plus tard, en 1832, Blasius imagine une machine analogue : l’ostéopalinclaste. Puis, ce sont les machines de Louvrier, de Maisonneuve, de Rizzoli. Les premiers essais de Louvrier en France, sont couronnés de succès, mais ensuite de nombreux et graves accidents, font rejeter sa méthode. C’est en vain que Bonnet, de Lyon, essaie de la remettre au point, en laissant dé côté ce qu’elle avait de brutal et d’incertain et en adoptant l’anesthésie récemment découverte qui supprime la douleur de l'opération, une des objections les plus graves faites à la rupture brusque de los. Il ne peut triompher de la méfiance des chirurgiens de son époque, si défavorablement impressionnés par les désastres causés par la machine de Louvier.

Les rares ostéoclasies que l’on pratiquait étaient d’ailleurs exclusivement dirigées contre les cals difformes. Les chirurgiens ne s’occupaient pas des courbures rachitiques, que l’on se contentait de combattre sans grand enthousiasme à l’aide de bandages dex-

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