CHAPITRE IV
Symptômes.
Nous venons de voir que, au point de vue anatomopathologique, il existe chez l’adulte diverses formes d’ostéomyélite assez éloignées les unes des autres, mais présentant toutes les lésions caractéristiques et fondamentales de la maladie. Elles se distinguent par la prédominance des lésions sur certaines parties; chez les unes, par exemple, les couches musculaires des membres sont atteintes, alors que chez d’autres il existe des lésions localisées exclusivement sur l’os et le périoste. Il est évident que chacune des variétés de la maladie se manifeste par des signes particuliers et que la symptomatologie n’est pas la même dans tous les cas. Ces formes sont du reste identiques à celles qu’on rencontre chez l'adolescent et de même que les lésions anatomo-pathologiques présentent
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une intensité moindre que dans le jeune âge, de même nous pouvons constater que les symptômes de la maladie sont moins accentués.
Dans la forme classique, celle que présente le malade qui fait l’objet de l’observation I, nous constatons que le début de la maladie est le même que dans ladolescence.
C’est tout d’abord une élévation dela température générale; mais jamais nous n’avons cette hypothermie considérable qui apparaît comme un des premiers symptômes dans le jeune âge et le thermomètre atteint à peine 89 degrés. Avec cela, le malade présente des phénomènes généraux d'infection grave, telle que céphalalgie, perte d’appétit, délire, mais tous ces symptômes sont peu marqués. Bientôt apparaît la douleur nettement localisée en un point fixe, Sourde d’abord et n’apparaissant qu’à la pression, elle augmente de jour en jour. Chez notre malade cette douleur était apparue comme premier symptôme deux mois avant l'apparition des accidents aigus; elle avait disparu complètement et reparut accompagnée alors d’élévation de la température. En même temps, elle prit une acuité particulière, devint spontanée et ne laissa plus au malade un instant de repos. C’est alors qu'apparut au niveau de l’os une tuméfaction dure, d’abord limitée en un point fixe à l’union du tiers supérieur et des deux tiers inférieurs du tibia gauche et qui augmenta avec une très grande rapidité, occupant bientôt toute la diaphyse.
Cet empâtement profond qui avait d’abord une consistance élastique, se ramollit peu à peu, donnant la sensa- tion nette d’une fluctuation due à la présence du pus sous le périoste. En même temps, le pus ayant traversé le
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périoste ulcéré, se répandit dans Les intestices musculai-. res jusqüe sous la peau, produisant ainsi une tuméfaction énorme de tout lemembre. La peau tendue rougit et des marbrures sillonnent la surface du membre indiquant ainsi le trajet des veines dilatées. Nous avons donc dans ce cas chez un adulte le processus habituel de la forme classique de la maladie telle qu’on la rencontre le plus souvent chez l'adolescent. On voit que les symptômes par lesquels se révèle la maladie sont les mêmes que dans le jeune âge. Si à cela on ajoute une élévation de température du membre atteint, on voit qu’on peut résumer ainsi la symptômatologie de la maladie dans ce cas : hyperthermie locale: et générale, douleur et tuméfaction de la région envahie. |
Mais à côté de la forme classique que nous venons d'examiner, l’observation III nous montre une variété de la maladie présentant un aspect très particulier. D’après les symptômes observés tout d’abord, cette maladie ressemblerait plutôt à l’ostéite névralgique. En effet, ce qui domine la scène, c’est une douleur localisée en un point fixe de los. Cette douleur qui était au début tres faible et qui ne se révélait qu’à la pression augmente tous les jours et finit par devenir spontanée et constante. Elle se caractérise alors par son acuité et constitue la base de la symptomatologie. Les tissus voisins sont absolument sains et en examinant avec la plus grande attention les parties périphériques du membre, on constate que le processus morbide n’y a apporté aucune modification apparente. Il “est également impossible par l’examen direct de l’os d’y découvrir aucune lésion. Le seul symptôme qui accompagne la douleur, c’est l'élévation de la température géné -
Op rale, élévation peu sensibe sans doute, mais suffisante pour affirmer qu’une suppuration se fait en un point quelconque de l'organisme. Dans ce cas comme dans le précédent, on retrouve comme symptômes fondamentaux : hyperthermie, douleur.