‹ De L’Ostéosynthèse De La Diaphyse Fémorale Genou FléchiChapitre 8 sur 28 · RES CET · texte numérisé non relu

RES CET

La tendance actuelle n’est pas d’être systématiquement pour | l’une ou pour l’autre de ces méthodes. Il semble ressortir du débat qui, au cours de ces dernières années, mit aux prises interventionnistes et non-interventionnistes, qu'il n'y a pas pour la cuisse d'opérations systématiques.

En ellet, Dujarier [9], à la Société de chirurgie, au cours d'une communication sur l’ostéosynthèse, le 12 novembre 1924, disait (1) que «nul ne peut prétendre que dans les méthodes anciennes on ne puisse obtenir de bons résultats dans les fractures des os longs »; et Fredet [11] assure « que la plupart des fractures guérissent à souhait par les moyens ordinaires » (2).

Il est de fait que la méthode non sanglante arrive, dans la majorité des cas, à la réduction en corrigeant le déplacement angulaire et la rotation par une immobilisation et une rotation convenables. Cette réduction, certes, ne sera que très rarement parfaite, anatomiquément parlant, puisque, malgré les-appareils à extension, tels qüe le Tillaux ou le Hennequin, même perlectionné par la broche de Steinmanhn, on notera presque toujours un raccourcissement du mémbre exceptionnellement inférieur à 3 centimètres.

Cependant, cet inconvénient ne saurait juger la méthode orthopédique du moment qu'il est compatible avec une récupération fonctionnelle du membre : résultat, ne loublions pas, visé par le chirurgien.

Maïs si, en de nombreuses circonstances, la méthode non sanglante se montre satisfaisante, il est des cas qui lui échappent; « seule l’ostéosynthèse se montre alors opportune : l’accord est fait sur ce point » (Soupault) [27]. Nous avons en vué : 4° les fractures de la diaphyse fémorale, où les fragments

présentent des chevauchements importants, difficiles ou impossibles à réduire par les moyens ordinaires;

2° les fractures incoercibles, par suite de l’interposition

ointerfragmentaire d'une masse musculaire où aponévro:

(4) Bull. et Mem. Soc. Chir., 1924, p. 1043. c (2) Ibid., 1925, p. 6. L , A ES RE re D

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tique, et qui sont, par la suite, vouées inévitablement à la pseudarthrose;

3° les fractures dont la réduction serait satisfaisante, mais

dont la contention se révèle impossible.

Dans ces cas, où, suivant le mot de Cunéo [6], «le blessé court le risque de rester estropié », l’ostéosynthèse doit être proposée.

En résumé, nous ne sommes plus à l’époque où Lambotte affirmait très catégoriquement (1) : « L'intervention chirurgicale est, à mon avis, absolument indiquée dans toutes les fractures du corps du fémur accompagnées de déplacements, c'est-à-dire dans la majorité des cas. » Le chirurgien ne pratiquera l’ostéosynthèse que lorsque la réduction par les méthodes non sanglantes, faite sous le contrôle radioscopique, est irréalisable; la chirurgie sanglante est une méthode d’exception qui doit être réservée à des cas ge em résistants aux moyens ordinaires.

Il découle de ces conclusions que les résultats de l’ostéosynthèse ne sauraient être, par suite, comparés à ceux de la méthode non sanglante, puisque chacune de ces méthodes s'adresse à des cas non superposables, ce que Cottalorda [5] semble un peu méconnaître en exprimant que « l’ostéosynthèse né donne guère de résultats supérieurs, fonctionnellement parlant, aux autres méthodes ».

L'ostéosynthèse, a-t-on dit, « présente à la cuisse le maximum de difficultés et de dangers... avec des désastres se traduisant quelquefois par l’amputation et la mort » (Cottalorda). Mais n'est-ce pas une règle commune à toute intervention chirurgicale que de comporter des risques ? L’ostéosynthèse ne pouvait manquer d’avoir les siens.

Nous nous trouvons, en effet, dans une région musculaire épaisse où la fréquence des hématomes rend difficile une rigoureuse asepsie et favorise les phénomènes de suppuration. « Ils existent, c’est indéniable » (Dujarier). On observe des

(4) In Thèse Charbonnel, n1172

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