‹ De Lyon à Trévoux par la Croix-Rousse et SathonayChapitre 10 sur 26 · GARE DE NEUVILLE · texte numérisé non relu

GARE DE NEUVILLE

16,086 m. 96, de la Croix-Rousse

e bourg paraît pour la première fois dans l'histoire , sous le nom de Vimy. Par une charte de 97 1 , Conrad, empereur d'Allemagne, l'octroya en toute suzeraineté à l'abbaye de l'Ile-Barbe. Entre les mains de ses nouveaux maîtres, Vimy devint bientôt le point le plus important de la contrée ; il fut ceint de remparts destinés à repousser les entreprises des sires de Villars, dont l'autorité s'exerçait alors sur la majeure partie du pays de Dombes.

Cependant, ces seigneurs réussirent à s'en emparer; mais ils la restituèrent en 1186, sur les énergiques réclamations des abbés de l'Ile- Barbe, qui, rendus plus prévoyants, en augmentèrent les fortifications.

La puissance des abbés devint si formidable que les sires de Villars leur cédèrent, pour les reprendre en arrière-fiefs, tous les domaines qu'ils possédaient sur les rivages de la Saône.

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Mais, hâtons-nous de le dire, dans leur prospe'rite', les moines ne se montrèrent pas ingrats ; ils admirent les Villars au nombre des religieux de l'Ile-Barbe, en qualité de chanoines d'honneur, leur promettant les trésors célestes en échange des biens périssables d'ici-bas.

A la suite d'événements dont Vimy fut le théâtre, mais qui ne sauraient trouver place ici, cette ville passa tour à tour aux sires de Beaujeu et aux comtes de Savoie ; elle fut pillée par les Ecorcheurs, soldats mercenaires, licenciés après nos longues guerres contre les Anglais, et qui aimaient mieux continuer leur vie aventureuse que de rentrer dans leurs foyers. Plus tard, par la protection de Louis XI, auquel avaient fait appel les habitants opprimés par les ducs de Savoie, foulés par les ducs de Bourbon-Beaujeu, écrasés sous le poids des taxes exhorbitantes du clergé lyonnais, elle devint la capitale de cette petite contrée connue sous le nom de Franc-Lyonnais, qui s'étendait sur la rive gauche de la Saône, depuis Riottier jusqu'aux portes de Lyon.

L'ancien château d'Ombreval, situé au nord de la ville, devint le lieu d'exil de Pierre d'E-

pinac, archevêque de Lyon. Ce prélat avait joué un grand rôle dans les troubles de la Ligue et refusé de reconnaître Henri IV pour roi. L'exil ayant peu à peu calmé sa fougue, il prêta serment de fidélité à ce monarque, et, remontant sur son siège épiscopal, revenu tout-à-fait de ses erreurs politiques, il se consacra dès lors entièrement à l'administration de son diocèse.

Il faut savoir pourtant que sa soumission ressembla singulièrement à un marché : il demanda à Henri IV cinquante mille écus, une garde de cinquante arquebusiers et de cinquante chevau -légers, et au besoin le titre de gouverneur de Lyon. Il était difficile de pousser plus loin l'opportunisme, dit un écrivain moderne.

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