‹ De Lyon à Trévoux par la Croix-Rousse et SathonayChapitre 12 sur 26 · NEUVILLE MODERNE · texte numérisé non relu

NEUVILLE MODERNE

Neuville-sur-Saône, après avoir porté le nom de Neuville-l'Archevêque, puis celui de Marat-sur-Saône, est le chef-lieu d'un canton riche et fertile, où se fait un grand commerce de céréales et de poissons de la Dombes. Il

possède de jolies promenades, de belles avenues de peupliers, un quai animé par un embarcadère, un pont suspendu qui conduit à la gare de Villevert, la gare du nouveau chemin de fer, des rues propres et portant pour la plupart des noms aristocratiques, des filatures, blanchisseries, moulinages, une manufacture de couvertures de coton, de vastes ateliers d'impression sur foulards, et une usine où se fabriquent diverses qualités de plomb pour la chasse.

Neuville est devenu le rendez-vous des canotiers lyonnais, qui y trouvent un port pour abriter leurs flottilles. Cafés, hôtels, restaurants, guinguettes, quoique le nombre en soit considérable, suffisent à peine à héberger, les dimanches et les jours de fêtes, de bruyantes compagnies, attirées, soit par les charmes de la villégiature, soit par la matelotte et la friture de goujons. Quelques couples, plus discrets, y viennent aussi chercher un doux tête-à-tête. Mais tous les goûts et tous les désirs sont satisfaits, grâce à l'expérience prévoyante de messieurs les chefs d'établissement.

Nous ne saurions quitter cette charmante localité sans signaler le coquet édicule qui orne la promenade principale, et qui sert en même temps de salle de spectacle et de lieu de réunion à la fanfare de Neuville.

La fondation de cet édifice, aussi bien que l'organisation de cette société musicale sont dues à la même personne dont nous venons de parler à propos de l'asile Lucile.

GARE DE GENAY

m. 23 de la Croix-Rousse.

peu de distance de Neuville, la voie ferrée rentre dans le département de l'Ain, qu'elle avait abordé une première fois entre le Vernay et Sathonay, et avait quitté entre Sathonay et Fontaines.

On est à la gare de Genay. Le village se trouve sur la droite, blotti au pied du coteau, dans un fouillis d'arbres fruitiers.

Des maisons d'agrément et des maisons de

cm

villageois, des prairies et des terres à blé, des mûriers et des noyers, des vignes et des vergers, des haies entremêlées de viornes, de troènes, de houblons, d'épines-vinettes , de pelossiers , de ronces et de lambruches , le tout relié par la liane flexible et de blancs liserons, bordent les deux côtés du chemin qui se détache de la gare pour se diriger au Genay.

Le chemin est légèrement montueux; un ruisseau coule sous de hautes herbes; un doux murmure seul trahit son humble existence. Il sort de deux petits étangs, où pullulent des myriades de grenouilles. Nous sommes arrivés devant les premières maisons du village.

Sous la dominations romaine, Genay vit s'élever sur son territoire quelques villas habitées par de riches citadins lyonnais. Parmi les vestiges que l'on y a nouvellement découverts, le plus précieux consiste en un cippe portant une inscription bilingue, grecque et latine.

Cette inscription a été l'objet des plus savantes dissertations; et M. Guigue,qui a offert ce monument au musée lapidaire de Lyon, a

clairement démontré que c'était l'épitaphe d'un marchand syrien, Thœmes, fils de Saad, qui, exerçant le commerce à Lugdunum, serait venu mourir à villa Egena.

L'église, placée à l'extrémité supérieure du village, sur le sommet tronqué d'une poype d'environ cinquante pieds de hauteur, a remplacé l'ancienne chapelle d'un ancien château appelé le Fortin, qui couronnait autrefois cette poype. Il en reste encore une tour délabrée, la porte principale et un bâtiment très exigu affecté au presbytère. Un vingtain entourait le village.

Domaine du chapitre de Saint-Jean, jusqu'en 89, Genay fut longtemps la capitale du Franc- Lyonnais, avant que Vimy eût pris ce titre.

Il fut brûlé, en 1270, par les citoyens de Lyon, en représailles des ravages exercés par les soldats du chapitre sur les propriétés des bourgeois lyonnais. Son histoire, à peu de chose près que celle de Vimy, n'offre toutefois pas autant d'intérêt particulier.

Voici pourtant un trait emprunté à ses vieilles annales.

Lorsque les Ecorcheurs rançonnaient Vimy,

l'église fut pillée et incendiée. L'aumônier du fortin de Genay, se trouvant alors dans cette ville, recueillit, en se jetant dans les flammes, au risque de sa vie, de précieuses reliques que les bandits y avaient lancées. Mises en sûreté dans la chapelle de Genay, ces reliques, soustraites à la profanation, protégèrent, dit la chronique, le château et le village. — Mais en dépit de cette chronique, château et village furent pris, repris, saccagés, ruinés par les troupes des comtes de Savoie et celles des archevêques de Lyon.

GARE DE PARCIEUX

Page 1