‹ De M. Fabio Quintiliano [microform], L. Annaei Senecae judiceChapitre 180 sur 236 · II. — Le Recueil d'antiquités. — La méthode · texte numérisé non relu

II. — Le Recueil d'antiquités. — La méthode

Importance du Recueil. — Défauts inévitables; (lualités rares. — Les collaborateurs de Caylus. Sens du mot. Ce qui leur revient. Ce qui reste

à Caylus. Rôle de l'érudition dans le Recueil. Qu'il est secondaire.

Nouveauté de l'œuvre : l'étude scientifique des petits monuments par la méthode expérimentale. L'antiquaire et le physicien. — Premières questions : la matière, la forme, etc. Questions plus relevées : le stvle. la manière, etc. — Résultats- nouveaux obtenus par la méthode.

Les Mémoires d'archéologie, quel qu'en soit Tinlérêt, ne sont pas cependant Tœuvre capitale de Caylus. Il ne faut v voir que des épisodes, brillants à la vérité, mais secondaires, de sa vie de savant. L'histoire de son esprit, celle de sa méthode, de sa doctrine, car il ne s'agit pas de moins que cela, est ailleurs inscrite, au jour le jour, dans les sept in-quarto qui se succèdent sans relâche dès 17o0. Avant cette date, les mémoires spéciaux sont un prélude; après cette date, un développement, une confirmation étendue de quelques points plus brièvement touchés dans le Recueil. Les deux œuvres se complètent, et sont conçues Tune en vue de l'autre, la première offrant des modèles de discussion abondante et claire, la seconde apportant les faits, constatant les résultats, émettant les hypothèses. Poursuivies avec un égal amour, objet d'un travail quotidien, on peut dire que la première a pourtant fini par se

ESSAI SUR LE COMTE DE CAYLUS

fondre et sahsorber dans la seconde. Outre ce qui lui appartient en propre, le Recueil s'est peu à peu grossi du plus clair des dissertations académiques. Tantôt c'est une reprise, tantôt un remaniement du même sujet; parfois un extrait, le plus souvent un résumé. Le Recueil est l'œuvre de prédilection de C.aylus : aussi veut-il qu'il contienne au moins la substance de ses autres travaux. Il songe à ses lecteurs de Hollande, d'Allemagne, de Suisse, d'Italie, pour les([uels la collection des mémoires de l'Académie est un luxe incomm. Non par vanité, — on connaît assez son caractère. Mais la passion du vieil antiijuaire pour l'ouvrage qui sans cesse finit et sans cesse recommence, qui le fait vivre et qui l'épuisé, qui l'irrite et le ravit; le soin qu'il a d'accueillir toute observation et d'écouter toute critique; ses recommandations in extremis pour le volume ([u'il laisse inacbevé alors qu'il est dégoûté de tout, indillérent à tout, — tout nous prouve que sa ♦ pensée est bien là tout entière, que c'est là qu'il faut cliercber sa profession de foi, son vrai testament arcbéologique. On sait quand et comment il fut composé \ En arcbéologie plus qu'ailleurs, et à cette époque bien plus qu'à la nôtre, les ouvrages sont fils de l'occasion. L'étude de monuments nouveaux peut fournir un ouvrage, rarement elle inspire un livre. Il faut s'en remettre au basard, ce « dieu des antiquaires » qui en est aussi le démon, du soin d'élaborer lentement, par aperçus et j)ar éclaircies, à travers mille fausses pistes, la reconstruction cbaque jour moins incomplète, mais jamais satisfaisante, du plus beau cbapitre de Tbistoire naturelle de l'iiumanité. Le Recueil frantiquités, loin d'avoir écbappé à cet inconvénient, s'en ressent jdus que tout autre. Bien que l'auteur ait pris soin de distribuer sa matière en cinq classes très distinctes, et

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