‹ De M. Fabio Quintiliano [microform], L. Annaei Senecae judiceChapitre 186 sur 236 · Nisard, letlre LXXXI. noie · texte numérisé non relu

Nisard, letlre LXXXI. noie

3. II a pourtant prouvé, par son exi>licalion de la Mosaio •:/tf^, qu II aurait pu rendre là de sérieux services

t. Deuxième l.ttr.' à Paciaudi, li juin 1757

ïQue de Pales-

marquer d'une marque unique; sinon, le mot est vide de sens. Il s'agit donc, croy(uis-nous, de savoir si le Recueil conserverait sa physionomie en enlevant tout ce que Barthélémy a pu y apporter de son fonds, ou si ses idées, sa métbode, ses nouveautés enfin perdraient quelque cliose à cette suppression. Il est facile de répondre. Faites ce départ, et l'œuvre y gagnera en originalité : elle sera meilleure, elle sera plus claire. Oui, (Caylus a péclié par excès de bonnes intentions. Dans son désir de ne paraître négliger aucune branche de l'archéologie, il a trop dispersé son attention. Par juste défiance de ses lumières, comme par amour pour les solutions de première main, il a convié les meilleures autorités du temps à se prononcer sur ce qu'il connaissait moins : scrupule respectable, mais véritable faute, en ce que ces diverses contributions, au lieu d'enricbir simplement son ouvrage, comme il l'espérait» l'ont surcliargé. Par là le dessein en est devenu moins clair; et l'auteur a paru, d'un côté, partager avec d'autres le mérite de son œuvre, — de l'autre, ne pas différer beaucoup de ces collecteurs à'antiquitates variai dont le siècle est inondé. Double erreur, dont la mémoire de Caylus a soutTert. Pour dégager l'esprit de l'œuvre, il importe de rendre à chacun ce ({u'il a apporté, et de voir ce qui reste. Barthélemv, l'abbé Bellev, Paciaudi, de Boze, Pellerin et les autres n'ont jamais donné à Caylus que des textes ou des interprétations de textes : or ceux-ci ne jouent dans le Recueil qu'un rôle très secondaire; — au premier plan, les monuments; au second, les expériences pratiques; au troisième, à titre accessoire justificatif ou consultatif, les textes. C'est le contrepied de la méthode des antiquaires. Voilà la première, la plus grande originalité du Recueil^ celle d'où toutes les autres dérivent. Tout se rattache étroitement (ou se fût rattaché, si Caylus n'eiit consulté jamais que ses lumières) à celte subordination de rechercbes. De

ESSAI SUR LE COMTE DE CAYLUS

là, ce nouvel aspect, rotte nouvelle application (Pune méthode dont les mémoires d'archéologie ont déjà montré les heureux elFets.

Dans ces derniers, Caylus étudie souvent ce qu'il appelle des opérations. Mais il prend alors un texte précis, et il en fait la hase de si.u expérience. Celle-ci faite, il retourne au texte pour contrôler l'assertion par le fait, et donner à l'un ci»ninîe à l'autre un surcroît de conlirmalion. Souvent le passage est obscur : une ex|>érience l'éclaircil. S'il est clair dans les ternies, son objet semble irréalisable, absurde : c'est là que (riomphe rexpérimentateur. Caylus dit du théâtre de Curion : « Le texte nVa conduit au dessin de la machine, et le dessin à l'explication du passag-e ' ». Un contrôle des textes par l'expérience, ou de l'expérience par les textes, voilà bien ce que tente Caylus dans ses mémoires spéciaux.

Le Recueil, au contraire, dans la })ensée première de l'auteur, est avant tout une opération continuelle. Ce sont les objets dans leur physionomie, leur nature, leur matière, leur valeur intrinsèque, que l'on étudie : c'est d'eux que Ton part; ils sont le principal objet d'étude. Et comme le nombre en est très considérable, l'auteur n'a pas trop de tous ses etlorts pour les concentrer sur ce point. Mais, comme il arrive, les monuments qu'il a sous les yeux le font songer à d'autres déjà publiés, et par contre-coup aux anciens qui en ont parlé, aux modernes qui en ont disputé. En passant , ils soulèvent d'ailleurs des questions ^l'usagr ou d'histoire : voilà l'opérateur détourné de sa table d'expériences, et rejeté sur les livres. Il devient donc érudil, mais [)ar occasion; et quand il délaisse un instant les monuments, c'est à regret. Une seule fois il semble mettre l'art au-dessous de la science : mais c'est dans une

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