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et de sculpture qui sont parvenus jusqu'à nous * ». Aussi peut-on, (( en étudiant fidèlement l'esprit et la main de l'artiste »,... « regarder les monuments comme la preuve et l'expression du goût qui régnait dans un siècle et dans un pays ^ ». Ici commencent les difficultés. Comment établir des différences d'âge entre des monuments souvent fort analogues? « En général, des yeux éclairés par le dessiyi remarquent des différences considérables où le commun des yeux ne voit qu'une ressemblance parfaite, et les règles qui conduisent les premiers sont aussi siires que celles qui nous apprennent Vâge d'un manuscrit ^ » Littérature, art, paléographie — faces diverses, mais analogues d'une seule et même histoire — objets d'études comportant les mêmes méthodes et conduisant aux mêmes buts, — quelle découverte valait alors ce rapprochement si lumineux et si simple, dont nul pourtant ne s'était
encore avisé?
Le principe trouvé, Caylus fournit aussitôt l'application et les preuves. Rien de plus hasardeux que les raisons pour lesquelles on nommait un objet égyptien, étrusque, ou grec. Aux Grecs on donnait toutes les figures nues sans exception, aux Romains les figures drapées, aux Égyptiens celles qui présentaient l'attitude dite « égyptienne », aux Étrusques ce qu'on ne pouvait classer ni dans le grec, ni dans le romain, ni dans l'égyptien. Caylus déchire ces conventions grossières. Il fonde ses distinctions de peuples et de « classes » sur une étude du style et du goût que révèle l'objet. Si, en général, il est vague sur la Grèce, confus sur l'Étrurie et sur tout l'art archaïque, il est juste sur Rome, nouveau sur l'Egypte, original et judicieux sur la Phénicie; on lui doit la première expli-