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ESSAI SUR LE COMTE DE CAYLUS
LA THÉORIE. — CAYLUS ET WINCKELMANN
civilisations anciennes^ est une des premières que Caylus ait acquises eu étudiaut les antiquités. Elle lui devient bientiM si fjunilière, (ufil se contente çà et là d'y faire allusion, rappelant pour mémoire, au cours de ses explications les plus suldiles, « le système général qu'il a suivi pour la succession des arts * ». Or il recueille ici le fruit de ses études sur l'art moderne, car cette idée, n'en doutons point, il la doit à sa connaissance ap[)rofondie de la peinture -.
Quant au développement lui-même de l'art ancien, il sentait combien, pour le saisir, la question d'origine était importante, et, à vrai dire, c'est celle-là surtout qu'il a signalée, qu'il a creusée avec une sorte d'acharnement. Avant lui, on ne la soupçonnait même pas. Il en fait la pierre angulaire de ses travaux. Renonçant à trouver dans les livres le mot de l'énigme, il le demande aux plus primitifs, aux plus informes des monuments. Ceux-ci lui apprennent qu<' l'art a eu partout les débuts les plus humbles. Il a pour mère la nécessité, et souvent le hasard pour maître. Les premiers essais d'une nation sont proprement le « balbutiage d'un enfant ». L'antiquaire sait interpréter ces sons indistincts. « Il remarque le développement de l'organe, l'imjjression des sons qui lui sont étrangers, et qu'il adapte à ses besoins; enfin, les premiers efforts de la prononciation le mettent en état de juger de quelle nation peut être cet enfant ^ » Longtemps l'art se traîne ainsi,