‹ De M. Fabio Quintiliano [microform], L. Annaei Senecae judiceChapitre 224 sur 236 · Nisard, I,*3iG, loc. cit · texte numérisé non relu

Nisard, I,*3iG, loc. cit

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ESSAI SLR LE COMTE DE CAYLUS

Rhin, que la critique de Caylus « semble presque plus conforme aux courants généraux de la science moderne que l'inspiration et la vue de génie d'un Winckelmann ' ».

1. Slark, op. cit., fin de rarticle Caylus. C'est à ces questions de technicjne et de fabrique si hrillaniment inau^'iirées par Caylus que nos savants reviennent de plus en plus, et cela dans tous les domaines de l'art anlicpie; mais spériaiement pour les (juestions »|ui, comme celle de la céramique, soulèvent avant tout des problèmes de métier. Voir, sur ce «lernier [>oint, ce qui est dit en passant des continuateurs de Gerhard par (f. Perrot, Journal des Savants, mai 1888, \). 255-256, 1" article sur VUist. de la céramique fjrecgue.

GONCLUSIOiN

Nos conclusions se dégagent d'elles-mêmes de notre double enquête. Elles découlent naturellement des faits, des passages que nous avons cités. De même, toutes les idées que nous avons gi^oupées autour de cette étude peuvent servir à démontrer rigoureusement ce qui suit :

Quand on remonte le double courant d'idées qui, à la fin du siècle dernier, a renouvelé Tétude de Tantiquité par l'archéologie, et l'étude de l'art par l'antiquité, c'est Caylus que l'on rencontre à la naissance commune de ce double courant. C'est à lui qu'il faut s'arrêter, ni plus haut, ni plus bas, pour y trouver tantôt en germe, tantôt avec un développement surprenant et presque divinatoire, h peu près toutes les découvertes qui depuis ont fait révolution avec Winckelmann et avec David. Avant lui ce mouveinent n existe absolument pas; ou, si l'on a un vague instinct de l'œuvre à faire, les recherches sont isolées, savants et artistes se tournent le dos, et, d'une part comme de l'autre, aucun soupçon de méthode. Après Caylus, le mouvement, déjà très fort, se scinde en deux couinants 'parallèles^ qui, avec des fortunes diverses, se sont depuis lors toujours plus ou moins côtoyés. Avec lui, en lui, se trouve la source unique de ce double fleuve. Les ondes n'en sont pas dilTérentes : elles ont même qualité, même limpidité, — même froideur aussi. Mais on peut prévoir

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ESSAI SLR LE COMTE DE CAYLUS

que, devant servir à (hnix iisag-es, elles se sépareront d'ellesniôines en se ^'•rossissant sur leur route d'une foule d'autres ruisseaux. En al tendant, elles sont chez Cavlus un seul et même élément, susceptible d'applications diverses, mais homogène en toutes ses parties. La réunion momentanée et complète, Tusagc indistinct de l'art et de l'antiquité, la fusion de ces deux ordres d'études dans un même es[H'it et leur équivalence dans l'emploi qu'il en fait, voilà, historiquement, le premier titre de Caylus : voilà aussi sa première originalité.

Yoici la seconde : au rebours des autres antiquaires, il n'a pas commencé par étudier l'antiquité. L'art moderne, ])uis l'art en général, a été son grand instituleur. Celui-ci l'a conduit comme par la main à l'art antique. Caylus était mur quand il a rencontré ce dernier sur sa route. Il y a vu le prolongement naturel de ses études artistiques; puis, une fois cet art ex[)loré, il a établi entre l'antique et le moderne une comparaison désavantageuse à ce dernier, et entrepris de corriger le plus faible [)ar le plus fort. De là deux conséquences, également à noter : la première, c'est qu'en abordant l'antiquité, il ra Jugée en artiste du premier coup, et qu'il ne pouvait manquer à le faire, — chose à cette date inconnue. La seconde, c'est que, très riche de technique et très pauvre d'esthétique, // ramène toutes les questions if art (ou presque toutes) à des questions de procédés. De là le fort et le faible de son œuvre.

On sait le double but qu'il poursuit.

11 veut le relèvement de l'art en France, et il le veut par l'enseignement académique. Il le prêche indirectement, en vulgarisant la connaissance des maîtres; directement, par des conférences, des concours, des prix spéciaux, des livres écrits [)our les artistes. Peu à peu il rêve d'une transformation du grand art, le seul dont il s'occupe. Le modèle sera fourni par la nature, mais retouché par l'école (prix

CONCLUSION

d'expression); les scènes seront tirées des auteurs; les grands traits de l'histoire humaine, transportés sur la toile, y auront leur couleur propre, leur costume, leur physionomie archéologique. Là-dessus planera une certaine grandeur, une certaine simplicité froides et apprêtées, vague aspiration vers un idéal encore mal défini. La fermeté de la doctrine tiendra lieu de croyance, et la conviction d'enthousiasme. — Qu'une génération passe là-dessus, qu'un professeur de grand mérite, mais d'un mérite surtout négatif, forme un jeune peintre opiniâtre, am])itieux et systématique; - que cet élève, solide plus que brillant, passe en Italie pour y étudier sous les successeurs de Mengs et de Winckelmann, et ce peintre ne saurait manquer d'en rapporter le tableau des Iloraces. David aura trouvé la formule que cherchait Caylus. Étant peinte, elle paraîtra plus claire — plus étroite aussi peut-être; — mais c'est bien la même. Si donc, d'une part, on a eu raison de dire que, pour les idées, David a suivi un grand mouvement, mais ne l'a pas créé ' ; de l'autre, il est faux de prétendre que, pour le métier, son art soit entièrement nouveau, et qu'il ait « coupé le cable derrière lui ' ». Entre David et les artistes de l'âge précédent, il y a quelqu'un, à savoir Caylus. Cette « queue du Bernin », que David voulait « écraser », Caylus, bien avant lui, l'avait foulée aux pieds ^ Mais, simple critique, il n'avait poussé qu'un cri d'alarme : le peintre pousse un cri de guerre. Ainsi se rétablit la chaîne de notre histoire académique. L'art français ne comporte aucun c( phénomène », ni à cette époque ni à aucune autre, pour des yeux attentifs.

Sur la conception même de cet art transformé, il v au-

1. V. Delaborde, arl. sir David, lie vue de i Deux }fondes', 15 mai 1835

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