‹ De M. Fabio Quintiliano [microform], L. Annaei Senecae judiceChapitre 52 sur 236 · M. GEORGE PERROT · texte numérisé non relu

M. GEORGE PERROT

MKMBRE DE L INSTITUT

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Hommage de profonde gratitude,

AVAiNT-PROPOS

Les ouvrages du comte de Gaylus lui ont attiré dans le public deux sortes de réputation : pour les uns, antiquaire suranné; pour les autres, auteur fécond de livres frivoles, précurseur de la littérature poissarde. Ces deux réputations, qu on ne peut pas appeler la bonne et la mauvaise, mais la mauvaise et la pire, ne sont pas entièrement imméritées. Gaylus les a justifiées, en partie par ses écrits, en partie par son dédain pour l'opinion, qu'il n'a jamais pris soin de détromper. En quoi il a eu tort, ou plutôt il a fait tort à sa mémoire. Depuis qu'on ne le lit plus, ses écrits ne plaident plus pour lui contre cette double et fausse accusation. En réalité, il vaut mieux que sa renommée. Cet homme qui passe vulgairement pour un pédant ou un licencieux, eut du savoir, du sérieux, des idées, et les études où il s'est complu ont depuis porté sa marque. Mais qui donc aujourd'hui, sinon de rares curieux, sait reconnaître les services qu'il a rendus à l'art et à la science de son temps?

Si de l'œuvre on passe à l'homme, même contradiction dans les jugements. C'est, d'un côté, l'éloge pompeux

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des gazettes officielles, les vérités iroraison funèbre; ou encore, les protestations plus éclairées, mais partiales, de Tamitié; — de l'autre, les aigres critiques de tout un clan littéraire, animé par Marmontel et Diderot, ou la haine recuite d'artistes k Tépiderme trop sensible, et d'ailleurs sujets à caution. Entre les deux, conmie un accord de silence où Ton distingue quelque épigramme à demi-voix du discret Barthélémy.

L'opinion ne savait vraiment où se prendre entre cet omnium artium Maecenas et ce « tléau des artistes », lorsque, coup sur coup, plusieurs publications ont fait dernièrement entrevoir un Caylus plus vivant et surtout plus vraisemblable. La Correspondance de Caylus avec Paciaudi, si remarquablement éditée, v a surtout contribué; les I^orlraits intimes des Goncourt n'y ont pas nui; les Mémoires de Cochin ont éclairé les alentours '. Une enquête sérieuse sur l'homme devenait possible, et Ton a pu espérer un instant que M. Ch. Nisard nous la donnerait. Nul n'y était mieux préparé.

En même temps, comme à point nommé, le nom de Cavlus nous revenait de Tautre côté du Rhin accompagné des plus vifs éloges. Deux professeurs distingués, l'un voué au grand Winckelmann et k son œuvre, l'autre occupé de retracer l'histoire complète des études

1. Cotrrspondance inédite du C. de (^m/Ius avec le P. Paciaudi, ihéalin. nST-lIC:^ (etc.), par Ch. Nisaril: Impr. nationale. 1871, 2 vol. gr. in-8. — Portraits intimes du xvi-r siècle, par E. et J. de Goncourt (article Caylis); Paris, 1879. — Mémoires inédits de Ch.-Nic. Co<hin. par Ch. Henry : Paris, 1880.

AVANT-PROPOS

archéologiques dans un manuel des plus précieux, rencontraient Caylus sur leur route et le traitaient, l'un avec une visible estime, l'autre avec une considération (|ui causa chez nous une sorte d'étonnement *. Le lecteur français put se rappeler alors que M. Alf. Maury avait le premier assigné une place de choix à Caylus dans l'ère des antiquaires '; que naguère le nom de Caylus servait d'enseigne à la publication nouvelle, trop tôt disparue, d'un savant distingué ' ; qu'une inscription spéciale le consacrait dans deux de ces édifices où l'étude aime à se recueillir '; qu'enfin maint artiste et maint critique le tenaient en honneur \ On s'apercevait alors que cet homme avait touché à la plupart des questions de l'art ancien et moderne. On cherchait un livre qui résumât l'histoire de son activité et le résultat de ses efforts; on ne le trouvait pas, mais on concevait qu'il fût dès lors possible et même agréable de l'écrire.

C'est ce livre que nous présentons aujourd'hui au public, sous la forme modeste d'un Essai historique et criticpie. Td quel, il risque de ne satisfaire ni ceux qui aiment le document pour le document, ni les purs artistes, ni les purs érudits. Si cependant on nous accorde qu^il s'agissait avant tout de faire connaître Caylus et

1. Winckelmann, sein Leben, seine Werke u. seine Zeitr/enosseJi. par K. Justi. Il, II, p. 86-94; Leipzig', 1872. — Uandbuch der Archaeolouie der Kunst. par K.-B. Stark; Leip/ij;, 1878.

2. U Ancienne Académie des inscriptions, par Alfred Maury (Didier),

p. 212 et siiiv.

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