‹ De Mallarmé à 391Chapitre 10 sur 28 · CARRÉ · texte numérisé non relu

CARRÉ

Si vous entendez derrière vous faire Post

el qu’en même temps passe un laxt ne vous ELOUTNEZ PAT EAER EU c’est pour le taxi

Tout y est, même la note d'humour. Reverdy a le secret de ces notations cursives mais il sait ordonnancer de vastes poèmes où les images ne manquent ni de charme ni de couleur : |

Un entlonnoir immense où se tordait La nuit Des lambeaux s'échappaient par moments Des lueurs qui allaient s'éleindre bien plus loin Tout était pale L''aube Le soleil naissant Une boule à peine ronde

Le reflet du monde

Sur l'écran ie etc.

ou :

Une éloile se déplaçait Tous près La main lentement se soulève Le front plissé a dissipé son rêve EE lout ce qui derrière élait passé | Une geule fous.

w” * L à Cu" + CFE

Le même temps qui passe On ne regarde pas C’est à recommençer Mais quand pourra-t-on revenir Au moment ou tout peut finir La vie entière es un jeu Constamment HET STRER

On nedira pas que, dans ce poème, l'harmonie fait défaut, non plus que l'émotion et la règle qui selon le mot du peintre Braque « corrige l'émotion. »

Depuis, Pierre Reverdy, comme tous les vrais artistes, a évolué. Imitant en cela son maître Max-Jacob, il vient cette année de se convertir au catholicisme. D’aucuns l’ont accusé de cabotinage. Cela ne nous regarde pas. La sincérité du néophyte n'a rien à faire dans notre étude et nous n’y faisons allusion que parce que sa conversion lui a inspiré un poème, paru dans les “ Ecrits Nouveaux ” de juin 1921.

L'influence de Paul Claudel est indéniable, partant trop encombrante. Je me demande pourquoi, pendant quelques temps, au moins, les convertis se croient obligés d'admirer le galimatias du pape

Claudel.

L'importance, à leurs yeux, de ce catholique militant est démesurée, vue à la loupe. Là est l'erreur. Il faut regarder Claudel au microcoscope. La personnalité de Reverdy est assez dégagée, assez nette pour n'avoir pas besoin de mendier à autrui. Pour

illustrer mon opinion, je cite. D'abord du bon

Claudel

Je suis vaincu par la douleur EE je demande qu'on me frappe encore

Seigneur Ouvrez-mot celle por 6 noire qui Hient tout le ‘fon0 06 L'UIELVE TA MES

puis du mauvais Claudel :

La têle dépasse tout Enfin Sans s'occuper des membres qui traînent lamentables La têle a soif La télé Dore CLONE

puis, enfin, du Reverdy et je conjure le lecteur de vouloir remarquer la différence :

« On peut chercher à tout momenl dans une autre poitrine assez de place pour contenir son propre cœur. »

On retrouve ici ce que je signalais précédemment : le réalisme combiné à une poésie sincère et pathétique.

Ces qualités ne sont pas celles de Paul Dermée, disciple aussi d'Apollinaire et de Jacob. Paul Dermée est encore un poète romantique pour jeunes filles ; il se débarrasse avec peine des images ancien-

ne rares ; 1l aime ce qui brille, se laisse prendre

à la magie des mots.

Ste RHGOIDÉ

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